François Cadiou
François Cadiou
Les guerres constantes menées par Rome dans la péninsule ibérique aux deux derniers siècles avant notre ère ont la réputation d'avoir particulièrement contribué à fragiliser le régime républicain en déstabilisant le système de recrutement traditionnel des armées et en révélant les limites de leurs conceptions de la guerre et du combat. Ce livre montre qu'il n'en fut rien. D'une envergure en général plus restreinte qu'on l'admet ordinairement, les conflits opposant Rome aux peuples de la péninsule n'ont jamais exigé de sa part un investissement démesuré. La Seconde Guerre Punique ou les guerres civiles du Ier s. av. J.-C. représentent de ce point de vue des cas particuliers. Malgré la longueur inhabituelle de la conquête, les armées romaines demeurèrent organisées en fonction des impératifs des campagnes successives à mener et ne se transformèrent pas durablement en troupes de garnison. Régulièrement renouvelées et ravitaillées depuis l'Italie, elles ne dépendaient que partiellement de l'infrastructure administrative progressivement mise en place dans les provinces hispaniques, dont elles n'exploitaient pas systématiquement les ressources disponibles. L'exemple des armées romaines en Hispanie témoigne ainsi de la vigueur d'un système centralisé et, même pour la fin de la République, ne permet pas de conclure à une ébauche d'armées provinciales dans cette partie occidentale de l'Empire.
La République romaine est-elle morte parce que ses légions auraient fini par être recrutées, pour l'essentiel, parmi les plus pauvres de ses citoyens ? L'historiographie moderne l'a affirmé et répété inlassablement depuis le XVIIIe siècle jusqu'à aujourd'hui. Pour la première fois, ce livre propose une réfutation de cette théorie traditionnelle. Il montre que l'armée romaine dite « post-marienne » est un mirage historiographique. Elle n'a jamais existé que dans l'esprit des spécialistes modernes qui ont cru, par cette expression, pouvoir rendre compte d'une évolution significative en matière de recrutement légionnaire au cours du dernier siècle de la République. Or, malgré le très large consensus qui s'est formé autour de l'hypothèse d'une prolétarisation des légions à cette époque, un tel phénomène n'est absolument pas attesté dans la documentation, bien au contraire. En ce sens, l'armée de citoyens pauvres à laquelle l'historiographie moderne a coutume d'attribuer une responsabilité décisive dans la crise et la chute de la res publica s'apparente, en fait, à une armée imaginaire.
Qu'est que l'histoire aujourd'hui ? Un tour d'horizon complet de la discipline et de ses méthodes dans une édition revue et mise à jour Cet ouvrage présente une synthèse actualisée des différents aspects de l'épistémologie de l'histoire (historiographie, méthodes, débats, etc.). La mise à distance critique de cette " science humaine " est désormais partie intégrante de la formation supérieure. Cette prise de recul est par ailleurs nécessaire face aux pressions tendant à instrumentaliser l'histoire en fonction des enjeux de mémoire, et à rechercher dans le passé des précédents de nature à justifier des décisions politiques. Conçu par des spécialistes des quatre grandes périodes historiques (Antiquité, Moyen Âge, périodes moderne et contemporaine), ce guide entend marier prise en compte des passions citoyennes et connaissance des pratiques scientifiques. Il vise plus particulièrement à répondre aux besoins des étudiants (classes préparatoires, universités, Sciences Po), des candidats aux concours de recrutement (masters enseignement) et des enseignants.