Francois De Sales
Francois De Sales
« Mon cher lecteur, je te prie de lire cette préface, pour ta satisfaction et la mienne. La bouquetière Glycera savait si proprement diversifier la disposition et le mélange des fleurs qu'elle mettait en ses bouquets, qu'avec les mêmes fleurs elle faisait une grande variété de bouquets ; de sorte que le peintre Pausias demeura court, voulant contrefaire à l'envi cette diversité d'ouvrage ; car il ne sut changer sa peinture en tant de façons comme Glycera faisait ses bouquets : ainsi le Saint-Esprit dispose et arrange avec tant de variété les enseignements de dévotion qu'il donne par les langues et les plumes de ses serviteurs, que la doctrine étant toujours une même, les discours néanmoins qui s'en font sont bien différents, selon les diverses façons desquelles ils sont composés. Je ne puis certes, ni veux, ni dois écrire en cette introduction que ce qui a déjà été publié par nos prédécesseurs sur ce sujet. Ce sont les mêmes fleurs que je te présente, mon cher lecteur ; mais le bouquet que j'en ai fait sera différent des leurs, à raison de la diversité de l'agencement dont il est façonné. » Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Vous aspirez à la dévotion, très-chère Philothée, parce qu'étant chrétienne vous savez que c'est une vertu extrêmement agréable à la divine Majesté. Mais d'autant que les petites fautes que l'on commet au commencement de quelque affaire s'agrandissent infiniment au progrès, et sont presque irréparables à la fin, il faut avant toutes choses que vous sachiez ce que c'est que la vertu de dévotion ; car, parce qu'il n'y en a qu'une vraie, et qu'il y en a une grande quantité de fausses et vaines, si vous ne connaissiez quelle est la vraie, vous pourriez vous tromper et vous amuser à suivre quelque dévotion impertinente et superstitieuse.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Les destinataires de ces pages choisies restent ceux auxquels s'adressait saint François de Sales : « ceux qui vivent dans les villes, en ménage, à la cour, et qui, par leur condition, sont obligés de faire une vie commune quant à l'extérieur ». À ceux-là, le plus aimable de nos saints veut faire aimer la vie chrétienne, à une époque où elle semble s'être définitivement écartée de la vie tout court. Aujourd'hui, comme au XVIIe siècle, être fidèle à son baptême suppose de le choisir ; mais choisir, c'est préférer, et l'art de François de Sales est de toujours nous présenter l'Évangile sous l'angle où il nous fera envie.Bien des pages finalement écartées auraient mérité de figurer dans ce recueil. Nous espérons qu'il donnera au lecteur l'envie d'en découvrir des milliers d'autres.Max Huot de Longchamp Le père Max Huot de Longchamp, spécialiste de la spiritualité, est le directeur du centre spirituel Saint-Jean-de-la-Croix (Indre), auteur du célèbre Carême pour les cancres et de très nombreux ouvrages sur la spiritualité et la mystique.
Quand ce petit livre parut, ce fut "un tonnerre d'acclamations". Il fut imprimé plus de quarante fois du vivant même du saint ; il traversa les siècles sans voir son succès diminuer ; aujourd'hui ses éditions dépassent le nombre de mille et l'on ne cesse d'en produire de nouvelles. A quoi tient donc un tel succès ? Les ouvrages de piété surabondent, mais les uns fort doctes sont pour les savants et les autres fort mystiques pour les âmes élevées. D'autres, de bonne matière et fort pratiques, sont souvent de moindre style et plus austères. La Vie dévote garde un charme unique et qui tient à bien des causes. Le ton en est cordial et simple "et pour ainsi dire bonhomme". Saint François de Sales n'est pas un professeur qui doctoralement raisonne, un prédicateur qui clame, ce n'est pas un auteur, mais "un homme", et plus qu'un homme, un ami : un ami qui nous parle, un ami qui nous connaît bien, qui sait où il nous mène ; et si nous voulons bien l'écouter et le suivre, nous ne savons plus nous passer de lui, tant il nous mène bien et agréablement.