François Lebrun
François Lebrun
L’Anjou se dévoile à travers des itinéraires savants et ludiques, mêlant châteaux, villages et paysages emblématiques.
Nouvelle histoire de la France moderne1. Janine Garrisson, Royauté, Renaissance et Réforme (1483-1559)2. Janine Garrisson, Guerre civile et Compromis (1559-1598)3. Yves-Marie Bercé, La Naissance dramatique de l'absolutisme (1598-1661)4. François Lebrun, La Puissance et la guerre (1661-1715)5. André Zysberg, La Monarchie des Lumières (1715-1786)
Dans la France très chrétienne du XVIIe siècle où l'œuvre de réforme religieuse initiée par le concile de Trente (1545-1563) met en place, pour plus de trois siècles, un catholicisme fortement marqué par l'encadrement clérical des fidèles, l'enseignement d'une doctrine désormais "épurée" n'empêche pas la survivance de croyances beaucoup plus anciennes. Fustigées par le clergé sous le nom de "superstitions", celles-ci coexistent avec la religion officielle dans de nombreux comportements, notamment dans les attitudes face à la maladie et à la mort. Cette coexistence est surtout le fait des classes dites "populaires". Jusqu'à quel point peut-on pour autant parler d'une culture populaire quasi autonome dont se séparerait, de plus en plus nettement aux XVIIe et XVIIIe siècles, une culture des élites ?
Se soigner autrefois La manière dont une civilisation répond au grand défi de la maladie et de la mort est directement liée à tous les éléments qui la constituent : croyances religieuses et explications qu'elles fournissent au mystère de la maladie, structures économiques et niveau de vie, connaissances scientifiques et techniques en matière médicale, etc. L'enquête de François Lebrun sur la France de l'Ancien Régime est ici exemplaire. François Lebrun (1923-2013) Professeur d'histoire moderne à l'université de Haute-Bretagne-Rennes II et membre du comité de rédaction de L'Histoire, il a publié au Seuil Être chrétien en France sous l'Ancien Régime (1996), La Puissance et la Guerre (" Points Histoire " n° 210, 1997) et Croyances et cultures dans la France d'Ancien Régime (" Points Histoire " n° 283, 2001).
Qu'est-ce que le 17e siècle ? Depuis longtemps déjà, les historiens cherchent, au-delà des récits traditionnels de l'histoire politique, les réalités plus complexes d'une histoire totale. Totale parce que, ne se limitant plus à la seule Europe, voire à la seule France, elle veut faire leur place légitime aux autres continents. Totale parce que, sans négliger l'événement, elle entend mettre l'accent sur toute la vie du passé, s'efforçant d'en éclairer tous les aspects. Ce « nouveau » 17e siècle, ne peut se ramener à une image simple, pas même celle du Roi-Soleil. C'est à la fois le siècle de Cromwell et de Louis XIV, des procès de sorcellerie et de Descartes, de Calderon et de Racine, de Rubens et de Rembrandt, et aussi d'Aureng-Zeb et de K'ang-hi, des « réductions » jésuites et des débuts de la traite des Noirs. Siècle foisonnant, complexe, comme la vie même.