François-xavier David
François-xavier David
« Tu es venu, sans me prévenir, c'est drôle comme il m'est plus facile de t'écrire, alors que, lorsque tu es là, près de moi, je suis incapable de te parler. [...] Je n'ai jamais descendu des escaliers aussi vite, je n'ai même pas fait attention à la façon dont j'étais vêtu, alors que ma belle-soeur était au dehors ; juste un caleçon court de coton blanc et un polo de la même couleur, même si octobre a déjà presque fini son parcours, il ne fait pas si froid ! Et tes bras m'ont tenu chaud, tout de suite, j'étais bien. »
«?-?Chérie ! demanda-t-il à Isabelle, sa femme depuis quatre ans, tu connais une dénommée Andrea ? Ou... ou peut-être un certain... Charles, oui Charles, c'est bien ça ! dit-il en lisant une fois de plus le carton. Nous avons reçu, au courrier, un carton d'invitation pour la célébration de leur mariage ! -?Leur mariage, dis-tu ? répondit Isabelle étonnée, en essuyant son front en sueur d'un revers de la main gauche, son économe en céramique dans la main droite. Fais-moi voir ça, dit-elle en regardant à son tour le petit mot sur le bristol. Non, je ne connais pas, ni d'Andrea ni même de Charles d'ailleurs, toi non plus ? répondit-elle en regardant son époux. Mais Étienne, tu saignes !?» Rares sont les secrets qui restent enterrés. Étienne reconstruisait paisiblement sa vie avec Isabelle lorsque, après avoir reçu une invitation pour le mariage d'un couple qu'il prétend ne pas connaître, il fait un malaise. Les analyses médicales révèlent de nombreuses tumeurs cancéreuses, obstruant sa mémoire, alors que plusieurs zones d'ombre surgissent de son passé. Face à cette double tragédie qui la frappe, Isabelle doit mener l'enquête. Un drame familial doux et moderne.
1805, île de la Réunion. Benoni Rivière, médecin breton et héritier malgré lui d’un domaine esclavagiste, défie les prédictions en remplaçant la violence par l’humanisme.
« Le premier crime, celui de Marseille, était malheureusement passé comme presque tous les crimes. Un fait divers comme un autre. On ne parlait pas de crime homophobe. Pas encore, en tous les cas. Moi-même, je ne l'avais pas trop remarqué, si ce n'était cette étrange réaction qui m'avait conduit à l'hôpital. La seconde fois, c'était l'étonnement d'un second crime commis dans les mêmes conditions, mais il passait également comme un crime odieux, ou plutôt comme une réplique faite par une personne qui avait certainement lu le premier petit article dans une colonne de la presse locale lyonnaise. Un abominable recommencement. Ce n'était qu'au moment du crime de Sochaux que les choses changeaient, non seulement pour nous, mais je pense aussi pour tout le monde. Il y avait beaucoup trop de similitudes. Ce qui mettait un point en évidence, c'était ces kilomètres entre les villes touchées, toujours dans les trois cents kilomètres. » Après un attentat en zone de guerre, un militaire français gay s'installe à Dontreix dans la Creuse. Un meurtre sordide survenu à Marseille le fait réagir : une indéfinissable intuition le persuade que le tueur figure sur la photo d'un journal. Alors qu'il essayait de reconstruire sa vie, le voilà bientôt lancé aux trousses d'un insatiable tueur en série... Un héros atypique et un don énigmatique pour une enquête originale qui vient combattre l'homophobie, des préjugés quotidiens à la haine la plus féroce. Un mélange des genres surprenant et efficace.
« Voilà, je savais bien qu'il "en était" et je n'ai pas supporté qu'il préfère un autre que moi. Mais comment finalement n'aurait-il pas pu préférer un autre, vu qu'il ne me connaissait même pas ? C'est ça que j'aurais dû lui demander en premier : m'avait-il déjà remarqué ? Je n'ai même pas réfléchi à ça à ce moment-là. J'ai saisi une pierre dans le talus avec mes deux mains et l'ai frappé au crâne à plusieurs reprises, et je l'ai frappé, l'ai frappé et encore frappé puis... » Condamné à une lourde peine d'emprisonnement pour le meurtre d'un jeune homme qui s'est refusé à lui, Pascal, après quatorze années d'enfermement, voit son quotidien s'éclairer lorsque s'amorce entre lui et Clément, qui vit au-dehors, une correspondance. Un échange où ce dernier souffle initialement le chaud et le froid avant de laisser entrevoir des intentions inattendues au prisonnier qui commence à dessiner pour lui un avenir. Mais est-il encore maître de son destin ? Récit qui embrasse les codes du roman épistolaire et du thriller psychologique, « Pour l'amour de Blaise » est de ces oeuvres où la manipulation s'exerce avec brio, faisant miroiter seconde chance et pardon là où se trament des plans plus terribles. Un livre-piège et un roman par lettres où les liaisons se font inévitablement dangereuses, par un auteur qui dévoile un pan plus cynique de son imaginaire.
« Je me prénomme Jan Cocheril et je suis né à Saint Briac, en Ille-et-Vilaine, en Bretagne, en 1771. À cette époque-là, sous l'autorité de l'église et de ses puissants représentants, la date de naissance n'avait que peu d'importance. [...] Maintenant, bien des années sont passées, mais je vais vous raconter les événements qui se sont déroulés en 1788 et en 1789, dans mon village, petit port de pêche et de constructions de navires à l'époque, et qui ont guidé mon choix d'être ce que je suis maintenant, à savoir, capitaine dans la gendarmerie. » Orphelin d'un père marin dès l'âge de 10 ans, Jan Cocheril grandit en soutenant sa fratrie et en aidant sa mère. Cette dernière, à jamais meurtrie par la disparition de son mari, ne souhaite pas que ses enfants envisagent leur futur professionnel en mer. Dans ce petit village breton, laboureur est le métier le plus répandu, mais il n'enthousiasme pas Jan qui, pourtant, ne veut pas accroître l'angoisse maternelle. Cependant, l'assassinat de la femme de l'aubergiste offrira au jeune homme une autre perspective d'avenir puisqu'il sera sollicité pour enquêter discrètement sur ce crime. Cette investigation secrète et réussie marquera le début de sa carrière... Une intrigue ingénieusement menée et relatée dans un style captivant.