Francoise Bardon
Francoise Bardon
Insatisfaite des modalités traditionnelles de l'"histoire de l'art", elle s'est efforcée, dans son enseignement et dans ses travaux personnels, de dégager la dialectique du fonctionnement et de la fonction historiques des images. Le présent livre combine analyse de méthodes éprouvées (1re partie), et propositions pour une picturologie, dans le cadre général d'une esthétique critique (2e partie), à propos d'une peinture célèbre, mais dont on ne sait toujours rien.
Insatisfaite des modalités traditionnelles de "l'histoire de l'art", elle s'est efforcée, dans son enseignement et dans ses travaux personnels, de dégager la dialectique du fonctionnement et de la fonction historiques des images. Le présent livre combine analyse de méthodes éprouvées (1re partie), et propositions pour une picturologie, dans le cadre général d'une esthétique critique (2e partie), à propos d'une peinture célèbre, mais dont on ne sait toujours rien.
Ni histoire, ni définition ontologique, ce livre remet en cause quelques idées trop admises sur la peinture de Caravage : réalisme, clair-obscur, caravagisme, anticonformisme... Ce livre, surtout, interroge : Comment aborder l'oeuvre de Caravage aujourd'hui ? Comment montrer que Caravage, qui ne connaissait les idées philosophiques de Bruno, les recherches de Galilée, le prosélytisme et les expériences mystiques de Neri, que par un ouï-dire qui inscrivait déjà un déplacement de leur « vérité », a pu rejoindre dans sa peinture les préoccupations et les exigences de l'« avant-garde » de son temps ? Comment brancher le discours intentionnel des fictions religieuses sur le discours latent par quoi se manifeste le désir d'une autre réalité que cette peinture même contribue à produire ? Comment saisir, dans une pratique picturale, la conscience méconnaissante qu'a le peintre de la crise de son temps ? préciser son rapport peint à l'idéologie dominante ? Comment suivre le procès contradictoire d'une peinture révolutionnaire en son temps, laquelle, particulièrement aujourd'hui, continue de nous émouvoir, sans doute parce qu'elle nous concerne encore - et plus que jamais ?