Fred Poché
Fred Poché
Aujourd'hui, chacun doit sans cesse se montrer performant et répondre aux exigences de la compétitivité. Le stress permanent et l'inquiétude pour l'avenir traversent notre vie quotidienne. On se sent, alors, parfois très vulnérable, comme écrasé, incapable de suivre ou de s'adapter. On éprouve le sentiment de subir un monde qui a perdu la question du sens et détruit progressivement la saveur de la vie. Pourtant, au-delà des apparences, il existe une « fragilité de la force », celle de l'autosuffisance qui pense que l'on peut se construire tout seul, sans les autres ; et à l'inverse, il existe une force au coeur de la fragilité qui se manifeste dans la solidarité. L'extrême vulnérabilité que nous vivons n'est pas un destin, mais un passage qui doit nous obliger à repenser notre société.
A Paris le narrateur, fils d'émigré russe, raconte l'occupation allemande avec un collabo pour voisin. Son père et ses compagnons relatent les aventures qui les ont conduits de la Mer Noire à la France à travers deux guerres mondiales et une guerre civile. Chez ses parents, au milieu de la table trônait une bouilloire bien chaude. Elle remplaçait le samovar. Dans la vapeur qui en sortait, chacun retrouvait un visage lointain, une bataille, une steppe, un bois de bouleaux. Alors s'élevaient ces chansons de la terre russe qui viennent du fond des tripes, comme un sacrifice ou un chant d'espoir.