Frédéric Chauvaud
Frédéric Chauvaud
Les tueurs en série exercent aujourd'hui une fascination morbide : livres, documentaires, séries, films leur sont consacrés. Le plus souvent, ils sont présentés comme de sinistres personnages qui ont surgi aux États-Unis dans les années 1970, puis en France dans les années 1990. La répétition des meurtres, le mode opératoire, l'identité des « proies » sont les principaux éléments permettant de les caractériser, de comprendre ce qui se joue et de tout mettre en oeuvre pour empêcher que d'autres victimes subissent un sort funeste. Au XIXe siècle, tandis que les savoirs sur le crime prennent davantage de densité, que l'enquête de police, l'instruction judiciaire, la médecine et la psychiatrie légale se déploient, les contemporains ne s'intéressent guère ni à la réitération du crime ni à la « passion criminelle ». La plupart des victimes sont des femmes anonymes : prostituées, servantes, demoiselles de magasin, veuves. Il a donc existé des tueurs de femmes - de nos jours, leurs crimes seraient qualifiés de « féminicides systémiques » - qui sont des tueurs en série et passent presque inaperçus. De la sorte, demeure une énigme : qu'est-ce qui pousse au crime ? Pourquoi des hommes s'en prennent-ils exclusivement à des femmes, quelle force mystérieuse les anime ? Pourquoi ne peuvent-ils s'empêcher de recommencer ? Ces tueurs en série, même ceux qui ont fait l'objet d'une expertise mentale, ne sont pas considérés comme fous, ils sont jugés, condamnés, la plupart à la peine de mort, et exécutés. La justice se contente de mobiles apparents. Ce qui importe, c'est que l'institution judiciaire puisse fonctionner. Or la plupart des mobiles évoqués ne permettent pas de comprendre le passage à l'acte et cette addiction au crime est restée introuvable.
André Léo, de son vrai nom Léodile Béra, est tour à tour romancière, journaliste, essayiste, auteur dramatique mais aussi républicaine et militante féministe. Longtemps ignorée ou méconnue, elle a pourtant un rôle aussi important que celui de Louise Michel. Cet ouvrage offre l'inventaire le plus complet sur son oeuvre (plus de trente romans, contes et essais, des dizaines d'articles et des textes politiques) et restitue, dans leur complexité, ses vies multiples.
Aujourd'hui la bande dessinée est partout au point que l'on ne prête guère attention à la singularité de sa présence. À la une des magazines, dans les manuels scolaires, sur les murs des villes, l'image bédéiste a colonisé l'imaginaire des sociétés contemporaines. Qu'ils soient férus de littérature graphique, simples amateurs, indifférents, voire hostiles, les contemporains, face à cette débauche d'images, ne peuvent ignorer des personnages devenus familiers. Lecteurs et lectrices, de tous les âges et de toutes conditions, peuvent avec ravissement se plonger dans les univers de la BD, découvrir des mondes improbables, suivre des reportages, prendre la mesure des connaissances scientifiques. Ainsi se déploie une douce accoutumance à toutes les formes de narrations graphiques. Revues, festivals, rencontres contribuent à maintenir ou à accroître la dépendance aux bulles et aux cases. Mais, miroir déformant, la bande dessinée offre aussi un panorama des addictions à l'alcool, au tabac ou au sexe.