Frédéric Ozanam
Frédéric Ozanam
Augustin d'Hippone, ou Saint-Augustin, le plus illustre docteur de l'Église, fut l'un des philosophes dont la pensée a exercé la plus puissante influence sur les esprits en Occident. Ce qui rend la vie d'Augustin exemplaire, c'est qu'il soutient le bon combat non seulement contre lui-même, mais contre tous les ennemis de l'Église et de l'Empire. S'il fut un docteur et un saint, il fut aussi le type de l'homme d'action à une des époques les plus découragées. Qu'il ait triomphé de ses passions, cela, en somme, ne regarde que Dieu et lui. Qu'il ait prêché, écrit, remué les foules, agité les esprits, cela peut paraître indifférent à ceux qui rejettent sa doctrine. Mais qu'à travers les siècles son âme brûlante de charité échauffe encore les nôtres, qu'à notre insu, il continue à nous former, et que, d'une façon plus ou moins lointaine, il soit encore le maître de nos coeurs, et, à de certains égards, de nos esprits, voilà qui nous touche les uns et les autres, indistinctement... L'âme occidentale est marquée à l'empreinte de la sienne.
Charlemagne, le plus ambitieux, le plus politique, et le plus grand guerrier de son siècle, fit la guerre aux Saxons trente années avant de les assujettir pleinement... La guerre contre les Saxons avait commencé pour un tribut de trois cents chevaux et quelques vaches que Pépin avait exigé d'eux ; et cette guerre dura trente années. Quel droit les Francs avaient-ils sur eux ? le même droit que les Saxons avaient eu sur l'Angleterre. Ils étaient mal armés, car je vois dans les Capitulaires de Charlemagne une défense rigoureuse de vendre des cuirasses aux Saxons. Cette différence des armes, jointe à la discipline, avait rendu les Romains vainqueurs de tant de peuples : elle fit triompher enfin Charlemagne... Charlemagne voulut les lier à son joug par le christianisme. Tandis qu'il court à l'autre bout de ses États, à d'autres conquêtes, il leur laisse des missionnaires pour les persuader, et des soldats pour les forcer. Presque tous ceux qui habitaient vers le Véser se trouvèrent en un an chrétiens, mais esclaves. Avec Charlemagne, la puissance laïque se montre dans les affaires religieuses avec une vigueur et en même temps avec une mesure qu'elle n'avait jamais eues.
Parmi les institutions qui devaient agir avec le plus de puissance sur le moyen-âge, il en est deux auxquelles je m'arrête, que je détache des autres à cause de leur prépondérance incontestée, je veux dire la papauté et le monachisme. Il faut remonter à leur origine, considérer ce qu'était leur force au moment où elles furent appelées à l'exercer, voir si elles la déployèrent pour le salut ou pour la corruption du genre humain... Le christianisme commence, dit-on, à faire son avènement dans les consciences, dans la solitude intérieure de la personne humaine, et le chrétien des premiers siècles, du temps des apôtres, se suffit à lui-même ; il est son propre roi et son propre prêtre. Plus tard, il éprouve le besoin d'un rapprochement, et en même temps celui d'une autorité et d'une règle commune, et, vers la fin du premier siècle, le clergé se sépare et se distingue du peuple. C'est au second siècle seulement qu'on voit se détacher, dominer la puissance épiscopale ; au troisième siècle, les évêques des différentes villes se subordonnent naturellement aux métropoles des provinces, et ainsi se créait, à l'exemple de la constitution des provinces romaines, le pouvoir des évêques et archevêques métropolitains. Enfin, au quatrième siècle, lorsque l'Europe, l'Asie, l'Afrique, cherchent à avoir leur existence à part, les trois capitales de ces parties du monde deviennent trois grands patriarcats : Antioche pour l'Asie, Alexandrie pour l'Afrique, Rome pour l'Europe. - Dans les deux siècles qui suivront, lorsque les barbares auront séparé l'Occident de l'Orient, il se trouvera, sans usurpation, sans tyrannie, sans outrage à l'humanité, que l'évêque de Rome, patriarche de l'Occident, est devenu chef suprême de l'Église latine.
« Je me propose d'écrire l'histoire littéraire du moyen-âge, depuis le cinquième siècle jusqu'à la fin du treizième et jusqu'à Dante, à qui je m'arrête comme au plus digne de représenter cette grande époque. Mais dans l'histoire des lettres j'étudie surtout la civilisation dont elles sont la fleur, et dans la civilisation j'aperçois principalement l'ouvrage du christianisme. Toute la pensée de mon livre est donc de montrer comment le christianisme sut tirer, des ruines romaines et des tribus campées sur ces ruines, une société nouvelle, capable de posséder le vrai, de faire le bien et de trouver le beau. »...
Le malaise profond de la société, cette inquiétude solennelle dont elle est dévorée, s'explique de soi-même et se résout en un besoin glorieux parce qu'il est infini : besoin de Croyance et de Progrès. Qui répondra à ce besoin ? Quelle doctrine, embrassant dans ses spéculations toute l'étendue des destinées humaines, viendra dévoiler aux générations présentes la série des développements qu'elles ont à parcourir, et donner à leur volonté une impulsion victorieuse ?... L'humanité est faite pour le progrès. Le progrès ne peut exister qu'avec deux conditions un principe qui le détermine, et une loi qui le dirige et qui lui serve de mesure. La philosophie rationaliste, en plaçant dans l'homme lui-même ce principe et cette loi, le conduit logiquement au panthéisme, à l'égoïsme, au fatalisme ne lui laisse rien connaître, rien aimer, rien produire hors de soi, et le condamne à l'immobilité. Le Christianisme, au contraire, place hors de l'homme et dans le sein de Dieu le principe et la loi du progrès... Dans le monde visible, le Christianisme permet a l'homme de marcher au gré de sa liberté, et cependant il l'accompagne encore, vivifiant son intelligence par la foi, fécondant son amour par la charité, multipliant sa puissance par l'espérance, et assurant ainsi son progrès dans la science, dans la vie sociale et dans les arts ; cette action bienfaisante s'étend même sur le travail matériel et sur l'industrie, dont elle encourage la prospérité. Le Christianisme a donc compris l'humanité tout entière, avec ses destinées et ses besoins et les esprits de nos jours, alors qu'ils cherchent une doctrine de progrès, doivent tourner vers lui leurs regards.
Le Ve siècle revisité par Frédéric Ozanam : découvrez comment le christianisme a façonné une société nouvelle, entre arts, économie et valeurs. Un essai accessible et éclairant pour comprendre les racines de l’Europe.
Avant d'étudier l'école franciscaine, il convient de lui marquer sa place dans l'histoire de la poésie italienne. Il faut reconnaître le caractère principal de cette poésie, le voir poindre à travers l'obscurité des premiers temps ; puis, fixé par l'exemple de saint François et de ses disciples, se communiquer à des écoles moins religieuses et se perpétuer dans des siècles moins naïfs. Mais le caractère du génie italien qui me touche surtout, c'est qu'en devenant savant ce génie se conserva populaire ; c'est qu'à tous les âges de cette littérature on trouve une poésie du peuple : la poésie cultivée y a ses racines, et, après avoir fleuri, elle y retombe comme dans un fonds inépuisable qu'elle enrichit de sa poussière.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Les oeuvres complètes de Frédéric Ozanam ont été éditées pour la première fois en 1855 par ses amis. L'occasion de regrouper un travail immense, composé de leçons, de lettres, et d'écrits divers. Le premier tome de La civilisation au 5ème siècle rassemble ici les leçons données par Frédéric Ozanam à la Sorbonne à l'occasion d'un cours d'Histoire de la littérature. Comme Frédéric Ozanam le dit lui-même : « Je me propose d'écrire l'histoire littéraire du Moyen-Âge, depuis le cinquième siècle jusqu'à la fin du treizième et jusqu'à Dante, à qui je m'arrête comme au plus digue de représenter cette grande époque. Mais dans l'histoire des lettres j'étudie surtout la civilisation dont elles sont la fleur, et dans la civilisation j'aperçois principalement l'ouvrage du christianisme. Toute la pensée de mon livre est donc de montrer comment le christianisme sut tirer, des ruines romaines et des tribus campées sur ces ruines, une société nouvelle, capable de posséder le vrai, de faire le bien et de trouver le beau. » Les leçons de Frédéric Ozanam publiées dans ce premier tome sont les suivantes : 1ère et 2ème leçon : du progrès dans les siècles de décadence 3ème leçon : le 5ème siècle 4ème leçon : le paganisme 5ème leçon : comment le paganisme périt (et s'il périt complètement) 6ème leçon : le droit 7ème leçon : les lettres païennes - la poésie 8ème leçon : la tradition littéraire 9ème leçon : comment les lettres entrèrent dans le christianisme 10ème leçon : la théologie 11ème leçon : la philosophie chrétienne : saint Augustin
Le bienheureux Frédéric Ozanam nous est connu en raison de son action charitable, de ses oeuvres pour les pauvres. Mais le fondateur de la société de Saint-Vincent-de-Paul est aussi un amoureux du Christ, un mystique.Sentant sa fin approcher, il a réuni, pour nourrir sa prière, des passages de l'Écriture, de l'Ancien comme du Nouveau Testament, qui lui ont permis d'exprimer à la fois sa confiance en la volonté de Dieu et son amour pour ses desseins.Ce florilège spirituel est destiné à tous ceux qui rencontrent la maladie ou l'adversité et qui veulent en faire une occasion de se rapprocher de Jésus.L'auteur : Antoine-Frédéric Ozanam (1813 1853) est le fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Il a été béatifié par le pape Jean-Paul II qui a déclaré alors : « On peut voir en Frédéric Ozanam un précurseur de la doctrine sociale de l'Église, que le pape Léon XIII développera quelques années plus tard dans l'encyclique Rerum Novarum. »