Frédérique Marseille
Frédérique Marseille
To-do du début de saison : demander à ma mère sa clef pour refaire des doubles de la porte principale, vérifier avec Mme Elizabeth qu'elle a retrouvé son box 10mm dans le garage, regarder au moins une fin d'après-midi dans les yeux, sans tomber, aller en ville racheter du bacon pour la semaine de relâche, louer un stroboscope pour la soirée spaghetti (vérifier avec les parents que personne est épileptique), défaire le nid que Merle s'est fait dans mes mains, demander au propriétaire des retraites Gaïa-mazing si je peux ranger mon coeur dans le sous-sol, inviter mon père à visiter l'aréna.Une propriétaire d'aréna essaie de passer au travers de l'hiver tout en recollant ses morceaux, entre les pratiques du spectacle de patin et le son des pics-bois, pendant qu'on retient notre souffle comme devant les triples axels et les doubles boucles piqués des patineurs à la télé. Sauf quand je suis un aréna, un livre qui se lit sur les bancs froids des estrades, un manteau sur le dos et une frite-sauce dans les mains.
Si un jour ce livre vous tombe entre les mains, nous vous invitons à l'ouvrir. N'importe quelle page fera l'affaire, quoique nous vous conseillons de commencer par la première. Celle-ci vous confirmera rapidement que ce recueil s'adresse à quiconque, incluant celles et ceux qui n'ont pas l'habitude de la poésie, voire qui la redoutent. Si vous allez plus loin, vous apprendrez ensuite que oui, nous aussi, nous voulons crisser ce monde en feu, le quitter pour de bon et pour toujours. Repartir de zéro, réécrire quelque chose, quelque part.