Gérard Dessons
Gérard Dessons
L'analyse des textes poétiques apparaît souvent comme une entreprise difficile. La diversité des formes déconcerte et leur spécificité rend inopérante l'application systématique de recettes préalables. Pourtant, un poème est objet de langage au même titre qu'un récit ou une pièce de théâtre, et, en tant que tel, son commentaire appelle une démarche réfléchie et raisonnée. Analyser un poème consiste à mobiliser un savoir pour étudier comment une oeuvre signifie. Cet ouvrage étudie chacun des éléments constitutifs du discours poétique, dont le rythme, auquel il consacre un chapitre. Il propose en fin de parcours le commentaire de trois textes, Abel et Caïn de Charles Baudelaire et Feuillets d'Hypnos de René Char, Les Complaintes de Jules Laforgue. Outre des méthodes d'analyse précises, on trouvera dans cet ouvrage des réponses claires à des problèmes de théorie poétique souvent ignorés. Cette troisième édition a été entièrement revue, remaniée et largement augmentée. Gérard DESSONS, professeur de langue et littérature françaises à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, est spécialiste des relations entre le langage, l'art et la littérature.
Cet ouvrage s'origine dans une phrase par laquelle Rembrandt dissuadait les visiteurs de son atelier de s'approcher de ses tableaux: «L'odeur de la peinture pourrait te faire du mal». On peut formuler l'hypothèse que Rembrandt parlait ainsi d'une conception «toxique» de sa peinture, alors inacceptable pour une partie de ses contemporains. Le Boeuf écorché est exemplaire d'une manière nouvelle, faite d'une pâte épaisse, triturée par de larges mouvements de brosse. Le tableau fait alors surgir le questionnement du rapport faussé entre la peinture et la beauté, de l'inadéquation entre l'art et le goût, et il s'agit de s'interroger sur la force unique d'une oeuvre capable de provoquer, chez qui la contemple, un vacillement de la raison.
Qu'est-ce qu'une oeuvre folle? Qu'est-ce qui fait qu'une oeuvre se voie qualifiée de démentielle, même - et surtout - lorsque son auteur est apparemment indemne de toute pathologie psychique? Le jugement se retournant sur le juge lui-même, la question de l'oeuvre folle devient finalement la question de l'oeuvre affolante. Comment expliquer qu'une oeuvre soit à ce point inacceptable que la critique, inquiète, la déclare «impossible»? En fait, la singularité des oeuvres souvent déconcerte. La manière n'est jamais très loin de la manie, et l'histoire de l'art, de ce point de vue, ressemble à une histoire de fous. Mais autre chose s'exprime à travers l'accusation de manière folle, c'est la peur de la contagion ; cette capacité de l'art, de la littérature à se répandre en inventant des publics. La folie de l'art est d'abord politique.
Il y a vingt ans, le numéro un de la CGT était obligatoirement membre de la direction du Parti communiste français. C'est fini. Il y a vingt ans, négocier et encore plus signer un compromis avec les patrons voulait dire se compromettre dans la novlangue cégétiste. Désormais, le stylo n'est plus tabou. Il y a vingt ans, elle snobait ses homologues, les autres organisations syndicales françaises, à commencer par la CFDT. La page est tournée. Il y a vingt ans, enfin, l'hémorragie des adhérents d'une CGT que d'aucuns estimaient en danger de mort paraissait sans fin. Ses effectifs remontent désormais. Les exemples sont légion de la profondeur de la mue qui a démarré
Il y a vingt ans, le numéro un de la CGT était obligatoirement membre de la direction du Parti communiste français. C'est fini. Il y a vingt ans, négocier et encore plus signer un compromis avec les patrons voulait dire se compromettre dans la novlangue cégétiste. Désormais, le stylo n'est plus tabou. Il y a vingt ans, elle snobait ses homologues, les autres organisations syndicales françaises, à commencer par la CFDT. La page est tournée. Il y a vingt ans, enfin, l'hémorragie des adhérents d'une CGT que d'aucuns estimaient en danger de mort paraissait sans fin. Ses effectifs remontent désormais. Les exemples sont légion de la profondeur de la mue qui a démarré