Ginette Durand-brault
Ginette Durand-brault
Au début des années soixante, de grandes réformes ébranlent le Québec en même temps que naît une puissante vague d'affirmation nationale. Après avoir couvert longtemps les révolutions d'ailleurs à titre de journaliste, Denis Deschamps décide de rentrer à Montréal et de se joindre à l'effervescence générale tout en enseignant à l'université. Épris de libération, il se fait le mentor d'une jeunesse dont le militantisme oscille entre la violence pure du terrorisme et l'ardent débat démocratique. À ceux qui, comme lui, veulent un nouveau pays se pose la question délicate du choix des armes et de l'insaisissable frontière qui sépare le vrai courage de la lâcheté. En contrepoint, Denis voit sa vie intime bouleversée par un évènement dont la profondeur l'obligera à faire la paix avec son enfance pour mieux assurer l'avenir.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'année 1947 voit renaître l'envie de vivre. Au Québec, tout est moins calme qu'il n'y paraît. La grande noirceur conservatrice est zébrée d'éclairs qui fissurent peu à peu le glacis traditionnel. Entre le bouillonnement culturel et les combats sociaux secouant la province, des audacieux dénoncent la dictature du passé. C'est sur cette toile de fond que des personnages plus vrais que nature entrent non sans mal dans l'époque, celle des effervescentes années cinquante. À Saint-Jérôme, le vétéran Rodrigue, meurtri par la guerre et la perte tragique de sa femme anglaise, tente de rebâtir sa vie au milieu des siens, entre sa fille Catherine et son amie Jane, venue d'Angleterre. Marie-Jeanne, sa soeur bien-aimée, cherche à surmonter les blessures de son passé de femme pour connaître enfin le bonheur, pendant que Denis, son neveu venu diriger la petite entreprise familiale, pressent avec une lucidité angoissée des combats que nul n'anticipe encore. Un récit poignant, souvent délicieusement drôle et toujours émouvant. «Quand Rodrigue revint de guerre» est la suite du roman «Écris-moi, Marie-Jeanne».