Grégory Cingal
Grégory Cingal
« Le nombre de mes victoires en Grand Chelem contre le mur du garage, je l'évaluerais à une quinzaine, soit un positionnement intermédiaire entre le record de Pete Sampras et celui de Roger Federer, performance fort honorable pour un joueur de onze ans. » Enfant, Grégory Cingal tapissait les murs de sa chambre de posters de Borg, Becker ou Connors. Un jour, c'est certain, il gagnera Wimbledon. Mais un souffle trop court aura raison de ses rêves. Il est gaucher, s'énerve sur tous les points, et sa ressemblance avec John McEnroe s'arrête là. La seule vie convenable est dans la lecture des livres, entre les bras des femmes et sur un court de tennis. Quel autre sport a la bonté d'offrir à chaque engagement une deuxième balle ? Grégory Cingal est fou de tennis et lui déclare son amour dans cette Recherche du temps perdu où les madeleines ont été remplacées par le duvet jaune des balles. Christophe Ono-dit-Biot, Le Point. Un très allègre et non moins mélancolique récit. Éric Chevillard, Le Monde.
Août 1944. Trente-sept officiers de renseignement alliés pénètrent au Block 17 du camp de Buchenwald. Parmi eux, le commandant Forest Yeo-Thomas, envoyé spécial de Churchill auprès des chefs intérieurs de la Résistance ; le capitaine Harry Peulevé, chef du réseau SOE Author basé en Corrèze ; le lieutenant Stéphane Hessel, agent des services secrets de la France libre. Trois semaines après leur arrivée, le chef de block reçoit une première liste d'hommes à exécuter. Avec la complicité de la résistance clandestine du camp, elle-même divisée en factions rivales, ces trois officiers vont mettre au point un plan d'évasion aussi incertain que risqué : prendre l'identité des cobayes d'un block voisin, sacrifiés pour la mise au point d'un vaccin contre le typhus. Voici le roman vrai de la mission de sauvetage la plus spectaculaire de l'histoire des camps. En neuf parties composées de courts fragments, et avec une économie de moyens et une maestria impressionnantes, Grégory Cingal nous plonge dans l'univers concentrationnaire et ses logiques d'alliances et de luttes pour la survie. D'un souffle tour à tour glacial et lumineux, haletant et minutieux, il suit les jours tissés d'attentes d'angoisses, d'espoir et de courage d'une poignée d'hommes qui, parmi les triangles verts et les triangles rouges, les médecins SS et les kapos corrompus, tentent de sauver leurs peaux. Un conte macabre, une histoire d'amitié née dans la cendre et le sang, un chef d'oeuvre de style et de détails que seule la passion d'un auteur happé par son sujet pouvaient ainsi sublimer en un époustouflant roman.
Le 12 novembre 1949, l'écrivain et ancien déporté David Rousset lance un appel à tous les rescapés des camps nazis et à leurs organisations afin de constituer une commission d'enquête sur le régime des camps de travail en Union soviétique, ouvrant ainsi, le premier en France avec un tel éclat public, la question sacrilège de l'existence d'un système concentrationnaire soviétique analogue à celui du IIIe Reich. S'ensuivit un procès retentissant contre l'hebdomadaire communiste Les Lettres françaises, qui s'était répandu en injures en accusant Rousset de faux et usage de faux.Ce livre en restitue les débats et polémiques d'une violence inouïe (auxquels prirent part notamment Jean-Paul Sartre, Robert Antelme et Jean Cayrol), de même qu'il rassemble lettres, discours, articles et essais, devenus introuvables ou inédits, qui accompagnèrent la publication après-guerre des deux livres majeurs de David Rousset, L'Univers concentrationnaire et Les jours de notre mort. Redevable du surplus de vie que le camp lui avait accordé, c'est dans la hantise de ses frères esclaves qui agonisaient « à l'horizon désert de la planète » qu'il posa les premiers jalons d'une histoire comparée du Lager et du Goulag qui, curieusement, reste aujourd'hui encore à écrire. Édition établie et présentée par Grégory Cingal