Gregory Salle
Gregory Salle
La « performativité » est devenue une notion en vogue, particulièrement en sociologie économique. Cette terminologie du "performatif" désignerait les simples conséquences résultant de la mise en oeuvre d'un discours économique donné, qui a pour objet de modifier le cours du monde pour obtenir certains changements. Ce dossier revient sur les fondements philosophiques et théoriques de cette notion initiée par Austin et développée par Bourdieu. Si l'apport de cette notion est indéniable, elle peut parfois évincer des concepts tels que "économisme", "idéologie", "fétichisme", "réification", "pouvoir symbolique"...
Un quart du commerce mondial de bois serait illégal, le saviez-vous ? Sous l’influence des organisations internationales, l’existence d’une « délinquance écologique », d’une « criminalité environnementale » est désormais visible. Elle prend la forme du trafic d’espèces sauvages protégées, du déversement illicite de déchets toxiques ou de la contrebande de ressources naturelles. Mafias et autres réseaux clandestins opérant dans le Sud global en seraient les principaux acteurs et bénéficiaires. Et si ces représentations étaient tronquées, voire trompeuses ? Dépassant la conception commune, dont il retrace la genèse et la diffusion, ce livre invite à penser le crime environnemental au-delà de ses manifestations les plus spectaculaires. Contre le juridisme, il soutient que la focalisation sur les infractions patentées sert commodément d’alibi au saccage légal de notre Terre. Aberration ou distorsion, la criminalité environnementale ? Plutôt une expression, arbitrairement stigmatisée, d’un système socio-économique fondé sur l’exploitation. Grégory Salle est chercheur en sciences sociales au CNRS, membre du Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé).