Guy Avanzini
Guy Avanzini
Tel un mythe tenace et cependant insaisissable, le projet d'une grande réforme de l'éducation scolaire parcourt la seconde moitié de notre XXe siècle. Il paraîtrait ainsi aisé de retracer l'historique d'un mouvement destiné à accompagner et à régulariser, d'une guerre mondiale à l'autre, l'évolution sociale et culturelle de la France pour s'accomplir pleinement au seuil du troisième millénaire. C'est la tâche à laquelle Guy Avanzini consacre son nouvel ouvrage qui intervient toutefois, dans le débat autour de l'École, à contresens d'un pari en faveur des méthodes et structures d'enseignement improvisées. Aux yeux de ce chercheur réputé, tout ce qui appartient au domaine scolaire et éducatif se déroule en réalité à deux niveaux, faisant coexister une irréductible inertie avec une agitation en surface, inséparable, dans notre monde moderne, de la stagnation des fins et des moyens. Il y a quinze ans, le Professeur Guy Avanzini entreprit déjà dans un livre au titre retentissant Immobilisme et novation dans l'éducation scolaire de mettre en évidence la stricte complémentarité reliant en pédagogie l'improvisation à la stagnation. Depuis, en un bref laps de temps, de nombreux événements ont sensibilisé l'opinion commune aux problèmes de l'éducation et renouvelé l'expression quotidienne de l'état statique de notre système éducatif. Ainsi, l'ouvrage que voici parvient à faire sentir à ses lecteurs, en un saisissant raccourci, l'actuelle impossibilité d'une réforme globale de l'École. À cet effet, l'auteur analyse ce qu'il appelle les aventures et les mésaventures de doctrines pédagogiques contemporaines pour retrouver, derrière les apparences d'un mouvement, son caractère récessif et en chercher les vraies raisons. Il va de ce fait jusqu'à s'interroger sur l'utilité des méthodes, les conditions de leur émergence et de leur efficacité. Cette approche critique des projets novateurs s'applique avec une rigueur particulière à certaines tentatives de réforme globale du système éducatif, lesquelles ont fait date dans l'histoire récente de l'enseignement français telles que le « renversement total de 1984 » et le très actuel projet des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres. Il s'agit ainsi dans cet ouvrage, d'un ton vif et parfois enjoué, d'une mise à l'épreuve de l'idée même d'une réforme de l'École. Tout ceci s'inspire d'une réflexion fondamentale sur les finalités de l'enseignement, qui ne saurait laisser indifférent aucun lecteur intéressé par les sciences de l'éducation en tant qu'enseignant, chercheur ou citoyen s'interrogeant sur l'avenir de notre société.
Elle commence plus tôt qu'autrefois, elle finit plus tard : elle concerne sans cesse plus de sujets. La crise paraît donc s'aggraver et il s'avère indispensable d'en connaître les raisons ainsi que les manifestations psychologiques et sociales. Quelle est l'incidence de la scolarisation prolongée ? Le rôle des « mass medias » ? Les conditions d'une adultisation sexuelle ? La violence des troubles émotionnels ? Le « pourquoi » de la bande ? La dilution des valeurs ? L'ambiguïté à l'égard de l'âge adulte ? etc. L'auteur situe avec précision tous les problèmes que pose ce délai prolongé entre l'enfance et l'âge adulte servitude ou avantage ? et indique comment donner à l'adolescent une autorité qui sécurise sans exaspérer, une affection qui soutienne sans entraver, une éducation qui libère sans peser.