Guy Hocquenghem
Guy Hocquenghem
L’après-mai des faunes brise les idoles de 68 et invente une nouvelle liberté : ni morale révolutionnaire, ni affectation, mais une spirale joyeuse où tout devient possible.
De la vieille et sainte Russie des tsars à l'Union soviétique d'aujourd'hui que de points communs, mais aussi que de changements. Devenue un grand pays industriel, le deuxième en importance après les États-Unis, l'Union soviétique occupe une place originale dans le monde d'aujourd'hui. Premier pays à réaliser une révolution socialiste, il porte encore les marques d'une histoire tragique, la plus tragique de toute l'histoire, passant par deux guerres mondiales, une guerre civile et le phénomène stalinien. On peut s'interroger sur ce que sera son devenir car il concerne tous les hommes de notre temps. Jean Elleinstein
1977 : Guy Hocquenghem, figure majeure du Front homosexuel d'action révolutionnaire, publie un essai percutant sur la place de l'homosexualité dans la société française.
« Avant de mourir, à 41 ans, Guy Hocquenghem a tiré un coup de pistolet dans la messe des reniements. Il fut un des premiers à nous signifier que, derrière la reptation des « repentis » socialistes et gauchistes vers le sommet de la pyramide, il n'y avait pas méprise mais accomplissement, qu'un exercice prolongé du pouvoir les avait révélés da- vantage qu'il les avait trahis. On sait désormais de quel prix - chômage, restructurations, argent fou, dithyrambe des patrons - fut payé un parcours que Serge July résuma en trois mots : "Tout m'a profité." » Cet ouvrage qui a plus de vingt-cinq ans ne porte guère de ride. L'auteur nous parle déjà de Finkielkraut, de BHL, de Cohn-Bendit, de Bruckner. Et déjà, il nous en dit l'essentiel. Renonçant aux apparences de la bienséance, de la suavité bourgeoise propres, Guy Hocquenghem a usé de la truculence, de la démesure. Son livre éclaire le volet intellectuel de l'ère des restaurations. Les forces sociales qui la pilotaient tiennent encore fermement la barre ; les résistances, bien qu'ascendantes, demeurent éparses et confuses. Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines. Les repentis ont pris de l'âge et la société a vieilli avec eux. L'hédonisme a cédé la place à la peur, le culte de l'"entreprise" à celui de la police. Favorisés par l'appât du gain et par l'exhibitionnisme médiatique, de nouveaux retournements vont survenir. Lire Guy Hocquenghem nous arme pour y répondre avec ceux qui savent désormais où ils mènent. » (Extrait de la préface de Serge Halimi)
Si Guy Hocquenghem fut une figure marquante du gauchisme de l'après-68, puis du Front homosexuel d'action révolutionnaire, il délaissa vite la prose militante en publiant essais et romans au cours de sa brève mais fulgurante existence. Un journal de rêve remet en lumière une autre facette de son talent - sa plume de chroniqueur, reporter et polémiste -, et offre un large choix d'articles issus de divers organes contre-culturels : Libération surtout, où il fut pigiste dès 1975 puis salarié jusqu'en 1982, mais aussi Actuel ou Gai Pied Hebdo. Dans ce recueil posthume, on découvrira les étapes d'une pensée en mouvement qui s'obstine à repérer les nouveaux totems et tabous d'un monde en mutation, autrement dit l'archéologie de notre modernité. Trois décennies plus tard, parions que la plupart des questions ici soulevées demeurent d'une "inactualité" brûlante.
Si Guy Hocquenghem fut une figure marquante du gauchisme de l'après-68, puis du Front homosexuel d'action révolutionnaire, il délaissa vite la prose militante en publiant essais et romans au cours de sa brève mais fulgurante existence. Un journal de rêve remet en lumière une autre facette de son talent - sa plume de chroniqueur, reporter et polémiste -, et offre un large choix d'articles issus de divers organes contre-culturels : Libération surtout, où il fut pigiste dès 1975 puis salarié jusqu'en 1982, mais aussi Actuel ou Gai Pied Hebdo. Dans ce recueil posthume, on découvrira les étapes d'une pensée en mouvement qui s'obstine à repérer les nouveaux totems et tabous d'un monde en mutation, autrement dit l'archéologie de notre modernité. Trois décennies plus tard, parions que la plupart des questions ici soulevées demeurent d'une "inactualité" brûlante.
En 1972, un jeune philosophe alors âgé de vingt-cinq ans publiait un livre au titre retentissant : Le Désir homosexuel. Ecrit sous l'influence de Gilles Deleuze, et profondément marqué par le bouillonnement politique et intellectuel qui a suivi en France la révolte de mai 68, l'ouvrage s'inscrivait aussi dans le sillage des émeutes homosexuelles de Stonewall, à New York en 1969, et de la naissance, aux États-Unis, d'un mouvement gay et lesbien qui se pensait comme subversif et voulait révolutionner la société. Ce livre est vite devenu un classique dans le monde entier, et notamment aux Etats-Unis où il a trouvé récemment une nouvelle jeunesse lorsque les penseurs de la Queer Theory ont revendiqué son héritage. Près de trente ans après sa parution, le livre de Guy Hocquenghem a bien quelque chose à nous dire, à la fois parce qu'il nous aide à comprendre le regain que vient de connaître ce qu'il appelait la "paranoïa anti-homosexuelle", et parce qu'il incite ceux qui portent les revendications gays et lesbiennes sur la scène publique à s'interroger sur l'évolution actuelle qui tend à la normalisation et à l'intégration. Guy Hocquenghem est mort du sida en 1988.
Foutu. Malik, aux yeux de gazelle, frissonna en refermant son cahier. Jamais il ne tournerait la vingt-cinquième page. Ils étaient pourtant bien partis pour se rencontrer. Lui, Selky, Anna et d'autres. C'était même précisément mon boulot d'arranger ça. Et on aurait évité au moins deux ou trois décès au pied de la blanche intercalaire. Et j'aurai revu Rosemonde. Mais voilà : ils ne dépassent jamais la fin de section. Vous voyez le genre...
" Il y a deux traitements du nom étranger en france : celui de la concierge qui fait semblant d'écorcher un nom musulman, et celui de l'homme cultivé qui prononce passio pour patio, persuadé d'être plus espagnol que nature. Il suffit qu'une prononciation " fasse étranger " à une oreille française. "