Hamon Herve
Hamon Herve
" J'appartiens à une génération, celle de 1968 pour parler vite, que le vent de l'Histoire a violemment transbordée de rive en rive. Ce vent-là fut et reste un vent favorable, source de luxes nécessaires : le plaisir de la révolte et celui d'en finir avec la révolution, le plaisir de respirer dans une société de plus en plus laïque, le plaisir de voir s'éloigner des "repères" effrayants et désuets. Celui de s'engager mais aussi de se dégager. Ce n'est que du vent, le plaisir, mais le vent, c'est une force. Je n'aurai pas l'outrecuidance d'imposer au lecteur un catalogue de mes plaisirs intimes, du musée à la plage, de la table au lit. Mais j'aimerais contrecarrer avec un brin de fougue et d'humour certaine vague charriant la proscription du plaisir, l'ordre rétabli et le soulagement des crocodiles larmoyants. Pas en un grave traité, mais en me promenant. Comme le livre de voyage, le livre de plaisir n'aime pas marche droit. Les plaisirs que j'évoquerai sont parfois collectifs et parfois singuliers, gageant que " je" et "nous" sont éminemment compatibles. Je traiterai donc ici de l'école, et là de la jouissance d'écrire, ici de politique, et là d'amour filial, rassemblant des plaisirs qui, au total, font mon plaisir de cheminer, de vieillir, de vivre maintenant, bref, mon plaisir de vivre tout court. Lequel est grand. " H. H.
La mer comme une passion absolue : Hervé Hamon y consacre un récit vibrant, entre Bretagne et Groenland, où chaque vague devient une leçon de vie. Ce n’est pas un simple voyage, mais une déclaration d’amour à l’océan, aussi libre que nécessaire.
" L'Abeille ", c'est un remorqueur de haute mer, un des plus puissants de la planète, en " station " à Brest. Ouessant, c'est le cap Horn de l'Europe, le pays des vents furieux, des courants sauvages, des crocs sous-marins. " L'Abeille " garde Ouessant comme on garde un trésor ou un stock de nitroglycérine. 24 heures par jour, 365 jours par an, elle est prête à appareiller pour éviter que le sang et le pétrole ne salissent les rivages les plus dangereux de l'autoroute maritime la plus fréquentée des notre monde. Absolument par tous les temps. Durant une année, Hervé Hamon a partagé, à leur bord, l'existence des chasseurs de tempêtes. Il raconte ici le métier de ces marins. Il raconte les nuits à la passerelle par force 12, et le travail des matelots, sur le pont, sous les déferlantes, pour passer la remorque aux navires en détresse. Et l'attente, aussi. Il a su concilier le regard attentif du témoin avec un talent d'exceptionnel raconteur d'histoire. Une histoire de vie et de tumulte, de liberté et de contrainte, où l'ordinaire et l'extraordinaire sont mêlés. Une histoire généreuse et une question : pourquoi des hommes acceptent-ils de risquer leur vie afin que d'autres hommes ne meurent pas ?
Voici un livre sans équivalent. Tout juste vingt ans après Tant qu'il y aura des profs, qui a fait date, permettant aux Français de voir leur école toute nue, Hervé Hamon est revenu sur ses pas, visitant de la cave au grenier nos lycées et collèges publics. Il a retrouvé ses anciens témoins, rencontré ceux qui les ont remplacés, suivi les cours au fond des classes, écouté tout le monde, élèves, profs, experts français et étrangers. Sur ses traces, on va de surprises en surprises. La banlieue, c'est pire, mais le collège, c'est mieux. L'enseignement professionnel, c'était un parking à chômeurs, et aujourd'hui, c'est là que ça bouge. Quant aux lycées, ils produisent deux fois plus de bacheliers, mais ils les discriminent. Cette école n'est pas juste. Elle n'est pas juste avec les plus démunis. Elle n'est pas juste avec les filles – qui sont pourtant les meilleures élèves. Elle oriente mal et hypocritement. Elle crée, sous la pression de parents consommateurs, des zones de relégation. Les Français exigent le meilleur établissement pour leur rejeton. Mais surtout pas pour celui du voisin. La question n'est pas de conserver ou non " le collège unique ". Car il n'est pas unique, le collège. La question n'est pas d'inscrire ou non " l'élève au cœur du système ". Il ne s'y trouve guère, l'élève. La question est de sortir de cette hypocrisie, de former mieux les jeunes, de gagner en qualité. Car une école plus exigeante, plus performante, est une école plus équitable. Ce n'est pas d'abord une question d'argent mais de volonté politique et de renoncement aux corporatismes. Un livre de faits. Un livre de terrain, qui se lit comme un récit de voyage. Hervé Hamon a enseigné la philosophie pendant cinq ans avant de quitter l'Éducation nationale pour se consacrer à l'écriture et à l'édition. D'abord auteur de grandes enquêtes (Les Porteurs de valises, Les Intellocrates, Génération, etc., avec Patrick Rotman ; ou Nos Médecins), il s'est tourné vers des travaux plus littéraires (Besoin de mer, Le Vent du plaisir, etc.). Il a tenu, pendant douze ans, une chronique au Monde de l'éducation. Il est membre du Haut Conseil de l'évaluation de l'école. .