Hélène Frédérick
Hélène Frédérick
On considère volontiers le couple franco-allemand comme le pivot de la construction européenne. Et pourtant ce « couple » a connu bien des vicissitudes, comme en témoignent ces textes qui vont de la Chanson de Roland à nos jours. Depuis Montaigne, les voyageurs ont traversé les terres allemandes. Les échanges commerciaux, les guerres ont mis les peuples en contact. Avec De l'Allemagne, Madame de Staël a participé à la mode allemande, mais aussi fait circuler des clichés durables. Après l'époque romantique, s'amorce une période noire que le vingtième siècle ne dément pas : l'Allemagne devient un État, cela ne peut-il se faire qu'aux dépens de la France, du reste de l'Europe ? Alsace-Lorraine, tranchées, Occupation, camps de la mort : la suspicion, la peur et la haine envahissent les relations, sans que disparaisse pour autant l'attirance française pour ce peuple de philosophes, de poètes et de musiciens... Naïveté des Français ? Duplicité des Allemands ? Si l'Allemagne est aujourd'hui une démocratie respectée, la hantise des « vieux démons » n'a pas disparu... Avec ce pays si proche - les Francs étaient après tout un peuple germanique -, le malentendu ne date pas d'hier ! Le choix de textes proposé ici entend donner un aperçu de la manière dont les écrivains français, tantôt ironiques, tantôt enthousiastes, souvent amers, ont vu l'Allemagne. La palette est variée qui va de l'amour à la haine. L'Allemagne décidément fascine, comme une énigme qui reste à déchiffrer.
"Lorsque l'on doit passer l'essentiel de son temps à redresser la langue pour la remettre dans le droit chemin, à en gommer les fantaisies perçues comme des maladresses, que deviennent la poésie, l'inactuel, l'imagination nécessaires à la création ?" Composé de portraits, de souvenirs et de notes prises sur le vif, Lézardes se donne à lire comme une enquête poétique sur un métier de l'ombre. L'autrice y explore de façon oblique l'univers si singulier des correcteurs, à la recherche des traces laissées par quelques figures de passeurs autodidactes et libertaires. De chapitre en chapitre, elle tresse l'intime avec le collectif.
"Lorsque l'on doit passer l'essentiel de son temps à redresser la langue pour la remettre dans le droit chemin, à en gommer les fantaisies perçues comme des maladresses, que deviennent la poésie, l'inactuel, l'imagination nécessaires à la création ?" Composé de portraits, de souvenirs et de notes prises sur le vif, Lézardes se donne à lire comme une enquête poétique sur un métier de l'ombre. L'autrice y explore de façon oblique l'univers si singulier des correcteurs, à la recherche des traces laissées par quelques figures de passeurs autodidactes et libertaires. De chapitre en chapitre, elle tresse l'intime avec le collectif.
Munich, 1918. Hermine Moos, costumière de théâtre, reçoit du peintre Oskar Kokoschka une étrange commande : fabriquer une poupée grandeur nature à limage exacte d'Alma Malher, sa maîtresse perdue. Tandis que la marionnette prend corps, sa conceptrice note dans un cahier le trouble que lui inspire cette folle entreprise. D'autant que les exigences du "maître" ne semblent connaître aucune limite Mais au fil de ce journal intime, l'obsédante créature de chiffon ccde bientôt la place ´r lautoportrait dune artiste bohcme dans une société allemande entre débâcle et révolution. Et la jeune femme qui se dessine alors, modeste et iconoclaste, solitaire et émancipée, nous entraîne dans le libre dédale de ses désirs les plus insoupçonnés. S'inspirant dune histoire authentique, La poupée de Kokoschka réinvente sa version secrètement féminine au moyen dune langue émotive et concrète. Une fiction qui interroge, dans l'acte de création comme dans le pacte amoureux, la monstruosité de tout fantasme de possession.
Munich, 1918. Hermine Moos, costumière de théâtre, reçoit du peintre Oskar Kokoschka une étrange commande : fabriquer une poupée grandeur nature à limage exacte d'Alma Malher, sa maîtresse perdue. Tandis que la marionnette prend corps, sa conceptrice note dans un cahier le trouble que lui inspire cette folle entreprise. D'autant que les exigences du "maître" ne semblent connaître aucune limite Mais au fil de ce journal intime, l'obsédante créature de chiffon ccde bientôt la place ´r lautoportrait dune artiste bohcme dans une société allemande entre débâcle et révolution. Et la jeune femme qui se dessine alors, modeste et iconoclaste, solitaire et émancipée, nous entraîne dans le libre dédale de ses désirs les plus insoupçonnés. S'inspirant dune histoire authentique, La poupée de Kokoschka réinvente sa version secrètement féminine au moyen dune langue émotive et concrète. Une fiction qui interroge, dans l'acte de création comme dans le pacte amoureux, la monstruosité de tout fantasme de possession.
Pour solder la fin des cours, au début de l'été 1988, dans une vallée reculée du Québec, des adolescents se sont donné rendez-vous à la lisière d'un champ de maïs. Un feu de joie, du rock à plein volume et plusieurs motos garées près de la ferme voisine. Avec intensité, Hélène Frédérick profite de cette nuit blanche pour faire un portrait libre de cette jeunesse à travers les regards alternés de Fred - l'exclu écorché vif -, de Mathieu - le playboy contrarié -, et de Julie - la mélancolique jouisseuse. Leurs corps tournoient entre deux âges, se perdent dans la pénombre, se jalousent de loin, s'attisent de plus près, mais on pressent qu'un drame va se produire. De cette rage de vivre, restera l'éclat persistant de quelques «étoiles filantes» à qui ce roman est dédié.
Pour solder la fin des cours, au début de l'été 1988, dans une vallée reculée du Québec, des adolescents se sont donné rendez-vous à la lisière d'un champ de maïs. Un feu de joie, du rock à plein volume et plusieurs motos garées près de la ferme voisine. Avec intensité, Hélène Frédérick profite de cette nuit blanche pour faire un portrait libre de cette jeunesse à travers les regards alternés de Fred - l'exclu écorché vif -, de Mathieu - le playboy contrarié -, et de Julie - la mélancolique jouisseuse. Leurs corps tournoient entre deux âges, se perdent dans la pénombre, se jalousent de loin, s'attisent de plus près, mais on pressent qu'un drame va se produire. De cette rage de vivre, restera l'éclat persistant de quelques «étoiles filantes» à qui ce roman est dédié.
Je ne marchais plus droit, et j'avais la liberté qui me brûlait entre les jambes. La jeune femme qui habite intensément ce roman choisit de fuir Paris, sa ville d'adoption, pour rejoindre la forêt d'Inverness, au Québec. Elle s'installe incognito dans le chalet familial à l'abandon, peuplé d'absents, de cicatrices, de silences. Installée dans ce refuge provisoire, elle fait la connaissance d'André, un ancien comédien, et travestit son passé sous un prénom d'emprunt, Sophie. Au hasard de ses lectures, remonte à la surface le souvenir d'un intellectuel allemand d'extrême gauche, croisé à Montréal, puis disparu avant que Sophie n'ait pu approfondir ce qui l'attirait vers lui. Un troublant jeu de masques fait alors surgir entre ces êtres l'ambiguïté de la fiction. Dans une langue nerveuse, imprégnée de son expérience du déracinement, Hélène Frédérick retranscrit avec finesse l'intériorité fluctuante de l'héroïne, entre révolte à fleur de peau et reconquête de sa sensualité.
Je ne marchais plus droit, et j'avais la liberté qui me brûlait entre les jambes. La jeune femme qui habite intensément ce roman choisit de fuir Paris, sa ville d'adoption, pour rejoindre la forêt d'Inverness, au Québec. Elle s'installe incognito dans le chalet familial à l'abandon, peuplé d'absents, de cicatrices, de silences. Installée dans ce refuge provisoire, elle fait la connaissance d'André, un ancien comédien, et travestit son passé sous un prénom d'emprunt, Sophie. Au hasard de ses lectures, remonte à la surface le souvenir d'un intellectuel allemand d'extrême gauche, croisé à Montréal, puis disparu avant que Sophie n'ait pu approfondir ce qui l'attirait vers lui. Un troublant jeu de masques fait alors surgir entre ces êtres l'ambiguïté de la fiction. Dans une langue nerveuse, imprégnée de son expérience du déracinement, Hélène Frédérick retranscrit avec finesse l'intériorité fluctuante de l'héroïne, entre révolte à fleur de peau et reconquête de sa sensualité.
Éditorial : Michel Crépu, "Le regretté Dominique Noguez aurait aimé cette visite pique-nique..." La fin du monde, une histoire sans fin : Tristan Garcia, Histoire de la fin du monde Yannick Haenel, L'homme de la fin Michel Crépu - Michel Weemans, Bruegel, le triomphe de la fin François Angelier, Bernanos et la fin du monde Christophe Carraud, Un étonnement devant tant de précipitation La littérature aujourd'hui : Célia Houdart, La vie des formes. Hommage à Agnès Varda Samuel Poisson-Quinton, Boire une bière avec Jaccottet Clément Bénech, Comment rater le mariage de son meilleur ami Gilles Ortlieb, Retour à Vitré Laurent Demoulin, Mère enfant Lola Gruber, Mon poney de bataille Entretien : Renaud Pasquier - Laurent Dubreuil, Les identités, contre l'émancipation. Sur La dictature des identités (entretien) Inédit : Edgar Allan Poe, Saute-Grenouille ou Les huit orangs-outans enchaînés La forme et le fond : Ève de Dampierre-Noiray, Iman Mersal, celle qui marche à nos côtés Patrick Kéchichian, Autoportrait de Jean Paulhan Jean-Michel Delacomptée, Partis pris, de Marc Fumaroli : Le dimanche de la parole Notes de lecture : Guillaume Louet, Stéphane Mallarmé, Correspondance, 1854-1898 (Éd. Gallimard) Gaëlle Flament, Arthur Larrue, Orlov la nuit (Éd. Gallimard) Gabrielle Lécrivain, Hilton Als, Les femmes (Éd. L'Olivier) Michel Crépu, Giani Stuparich, L'année 15. Journal de guerre (Éd. Verdier) Gaëlle Flament, Claire Richard, Les chemins de désir (Éd. du Seuil) Chronique de l'amateur : Michel Crépu, Un timide
Vingt ans après sa création, le saxophoniste Jim Erris est invité à ressusciter le Vita Nova Jazz Ensemble, avec lequel il a joué durant une décennie sur les scènes du monde entier, et qu'il a dû dissoudre après sa condamnation pour violences conjugales. La perspective de ce concert anniversaire ramène Jim aux heures les plus troubles de son existence, et l'engage à composer au fil des jours une longue lettre-confession adressée à sa victime : «Besoin irrépressible de mettre en mots ce morceau de musique en up tempo auquel s'est mise à ressembler mon existence - musique trouée de vide. Et, quelle qu'en soit la raison, il m'est impossible d'écrire le moindre mot qui ne te soit adressé.» Comme un solo, qui détricoterait une histoire d'amour et qui raconterait l'histoire de la musique. Sound and fury and night and silence. L'amour de la musique, la musique de l'amour. La sérénade, puis l'hymne, puis la tragédie, puis le chaos, puis le désert, la disparition de Béatrice et l'écriture de Vita Nova. Après Le testament de Vénus (2006) et Surfaces sensibles (2007) publiés aux Éditions Gallimard, Vita Nova Jazz conclut le triptyque romanesque «Artisans cosmiques», tissé de trajectoires singulières d'artistes.
Vingt ans après sa création, le saxophoniste Jim Erris est invité à ressusciter le Vita Nova Jazz Ensemble, avec lequel il a joué durant une décennie sur les scènes du monde entier, et qu'il a dû dissoudre après sa condamnation pour violences conjugales. La perspective de ce concert anniversaire ramène Jim aux heures les plus troubles de son existence, et l'engage à composer au fil des jours une longue lettre-confession adressée à sa victime : «Besoin irrépressible de mettre en mots ce morceau de musique en up tempo auquel s'est mise à ressembler mon existence - musique trouée de vide. Et, quelle qu'en soit la raison, il m'est impossible d'écrire le moindre mot qui ne te soit adressé.» Comme un solo, qui détricoterait une histoire d'amour et qui raconterait l'histoire de la musique. Sound and fury and night and silence. L'amour de la musique, la musique de l'amour. La sérénade, puis l'hymne, puis la tragédie, puis le chaos, puis le désert, la disparition de Béatrice et l'écriture de Vita Nova. Après Le testament de Vénus (2006) et Surfaces sensibles (2007) publiés aux Éditions Gallimard, Vita Nova Jazz conclut le triptyque romanesque «Artisans cosmiques», tissé de trajectoires singulières d'artistes.