Henri Favre
Henri Favre
Mouvement à la fois nationaliste et populiste dont l'apogée se situe entre 1920 et 1970, l'indigénisme oriente le cours d'une politique, dicte des normes à la société, impose des canons aux lettres et aux arts, préside à la réécriture de l'histoire au cours de ces cinquante années qui vont de la Révolution mexicaine à l'entrée du sous-continent latino-américain dans l'ère de la globalisation néolibérale. Comment éliminer les différences qui séparent les Indiens des Blancs et des métis afin de "nationaliser" le corps social ?
Depuis quinze ans, l'Amérique latine connaît d'importants bouleversements économiques, politiques et sociaux. Renonçant à une politique d'industrialisation substitutive d'importations, fort trompeuse, l'ensemble des pays latino-américains a misé sur le néolibéralisme et l'exportation pour sortir de la crise, au détriment des masses populaires et des classes moyennes. « Copyright Electre »
En moins d’un siècle, une tribu andine a bâti l’un des plus vastes empires de l’Amérique précolombienne. Les Incas d’Henri Favre révèle comment cette civilisation, partie du Cuzco, a conquis des territoires allant de la Colombie au Chili.
Les Indiens paysans d'Amérique latine sont-ils menacés d'« ethnocide » ? Sont-ils inéluctablement condamnés à perdre leur exotique altérité qui a enchanté des générations de folkloristes et d'ethnologues ? Rien ne permet de souscrire à cette opinion au demeurant fort optimiste. Car le système colonial établi au XVIe siècle, suppose l'exclusion de l'Indien de la culture occidentale. Il implique le maintien du colonisé dans un état d'infériorité culturelle qui le livre au contrôle absolu du colonisateur. Et partout où il demeure encore en vigueur de nos jours, ce système continue de marginaliser la population indienne pour la mieux soumettre à une forme archaïque d'exploitation. Le problème indien n'est donc pas le problème d'une ethnie attardée dans ses coutumes millénaires : c'est celui d'une catégorie sociale opprimée. Ce problème, il faut avoir l'audace de le poser au niveau où il doit l'être, c'est-à-dire, au niveau politique. Telle est la conclusion suggérée par l'étude des rapports que depuis quatre cent cinquante ans les Tzotzil-Tzeltal du Mexique méridional entretiennent avec les descendants de leurs conquérants espagnols, par l'analyse des changements qu'ils ont provoqués au sein de l'organisation sociale traditionnelle de ce grand groupe maya, et par l'examen des tentatives ambigües de réaction et de réorganisation qu'ils ont suscitées jusqu'à présent.