Henry Ceard
Henry Ceard
1880, Médan. Six plumes naturalistes s’unissent pour dépeindre la guerre franco-prussienne sans fard ni héroïsme.
Le quartier de Picpus ne mit jamais en doute la vertu de Mme Duhamain.Les voisines qui, de leurs fenêtres, la voyaient chez elle, aller, venir, faire ses repassages, boucher ses confitures, saler ses conserves de haricots verts, la trouvaient un peu bien « pot-au-feu » pour son âge : trente ans, à peine. Mais, volontiers, on partageait l'opinion de sa femme de ménage : elle la déclarait « une bonne personne » à cause d'un croûton de pain et d'un verre de vin régulièrement reçus, chaque samedi de quinzaine, quand le récurage des chaudrons de cuivre et le lavage des carreaux de la cuisine, avec du lait, la retenaient dans la matinée au de là de onze heures.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Un salon bourgeois, d'aspect sévère et ordonné, dans une maison de campagne de la fin du dix-huitième siècle. Au fond, entre des tentures, une porte s'ouvre sur une véranda. Par les vitres, on voit la verdure d'un jardin. - Au milieu d'un mobilier de forme moderne et soigneusement recouvert de housses grises, un piano à queue, tout noir. Devant le piano, une chaise dorée. - Au premier plan : à droite, un guéridon portant un nécessaire à ouvrage ; à gauche, une table portant un grand album de photographies.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Paris, 1883. Charlot s’amuse défraie la chronique dès sa parution : sous couvert d’un titre ironique, Paul Bonnetain et Henry Céard signent un roman naturaliste audacieux, explorant sans fard la misère, la corruption et les tabous sexuels.
Le roman exprime une philosophie de l'échec typiquement fin-de-siècle : l'impossibilité d'un amour vrai et d'un mariage heureux ; la bêtise des individus pris dans leurs habitudes (Céard reprend le grand combat de Flaubert contre la bêtise). Pour la première fois peut-être, le roman français ose une apologie négative de l'égalité des sexes : hommes et femmes se valent, rien ne les distingue ni ne les hiérarchise. Mais leur égalité nouvellement proclamée n'est que celle de l'échec et de la médiocrité.
Le roman exprime une philosophie de l'échec typiquement fin-de-siècle : l'impossibilité d'un amour vrai et d'un mariage heureux ; la bêtise des individus pris dans leurs habitudes (Céard reprend le grand combat de Flaubert contre la bêtise). Pour la première fois peut-être, le roman français ose une apologie négative de l'égalité des sexes : hommes et femmes se valent, rien ne les distingue ni ne les hiérarchise. Mais leur égalité nouvellement proclamée n'est que celle de l'échec et de la médiocrité.
BnF collection ebooks - "Dix heures du matin, un jour de fin d'octobre, à Paris, pendant le siège. La veille, on s'est battu avec acharnement, là-bas, du côté de Saint-Denis, dans la boue. Les nouvelles sont mauvaises, les dépêches télégraphiques obscures, et dans les affiches blanches que vient de faire poser le gouvernement, on sent je ne sais quelle indécision, je ne sais quels mensonges..."