Hugues Dumont
Hugues Dumont
Le présent ouvrage étudie la genèse, la formulation et l'application du principe de pluralisme idéologique et philosophique dans le droit public belge de la culture. Ce principe est lié à celui de l'autonomie culturelle. En effet, si les Communautés française et flamande de Belgique ont reçu, dès 1970, le pouvoir de légiférer dans les matières culturelles, la Constitution a limité aussitôt leur autonomie en les obligeant à respecter quelques règles communes destinées à garantir précisément le pluralisme. Ces règles sont explicitées dans la loi du 16 juillet 1973 (dite du pacte culturel) garantissant la protection des tendances idéologiques et philosophiques. Avant de fournir une analyse approfondie de cette loi qui est très contestée aujourd'hui, l'auteur montre que le pluralisme idéologique et le lien qui l'unit à l'autonomie culturelle gagnent à être compris à la lumière de l'histoire. En effet, les premières manifestations juridiques des deux principes remontent au début du siècle, tandis que leurs racines socio-politiques conduisent au coeur du XIXe. L'étude est ainsi divisée en deux parties. La première (volume I) explore les rétroactes. Chemin faisant, elle retrace l'histoire des premières politiques culturelles et des règles de droit public qui les régissent entre 1830 et 1970. La deuxième partie (volume II) couvre la période contemporaine entre 1970 et 1993. Elle est centrée sur la loi du pacte culturel. Elle articule une analyse juridique avec, d'une part, une sociologie de l'élaboration et de l'application de la loi et, d'autre part, une réflexion éthique sur le pluralisme et le fédéralisme tels qu'ils sont conçus en Belgique. L'auteur montre ainsi que l'ensemble du processus d'élaboration et d'application du principe de pluralisme est un exemple particulièrement révélateur, un véritable paradigme, de la « raison juridique » qui sous-tend les aspects les plus originaux - les plus convaincants comme les plus critiquables - du système constitutionnel belge. La méthode mise en oeuvre pour démontrer cette thèse est résolument interdisciplinaire. Elle s'appuie en particulier sur un concept que l'auteur construit et dont il prouve la fécondité : la « para-légalité ». L'ouvrage mérite de retenir l'attention des publicistes, des théoriciens du droit, des sociologues, des historiens, et aussi des professionnels de la culture, des associations socio-culturelles, des administrations culturelles et des partis politiques.
L'écriture d'Hugues Dumont, dont Portugal Blues est le premier roman, a tout pour séduire : la sobriété de mots, le ton juste, l'humour, le trait cruel, la distance par rapport à son texte, l'art de mêler le plus petit et le plus cosmique. Son bonheur d'écriture est ici constant : les images les plus inattendues, les plus éblouissantes, lui viennent sans recherche, comme à plaisir. Il a aussi cette dérision essentielle, et cette sorte de double vue qui fait se télescoper, sans apprêt, l'image la plus simple, physique, et ses implications les plus tragiques de la détresse humaine. Le héros de Portugal Blues fait jaillir à toutes les pages la figure tragique - mais que sauve ici la dérision - de l'Étranger de Camus. Et place Hugues Dumont en prometteuse compagnie. D'une lugubre banlieue du nord, un septentrional est descendu vers le sud lumineux. L'Algarve. On saura que Bertrand Laface, le héros du livre, a été recruté par le consul du Portugal pour servir d'alibi à des conspirateurs contre le régime salazariste. Institué gardien de propriété en bord de mer (la plage est un débarcadère d'armes, nous sommes en 1973), il travaille peu. Ivre de soleil et de volupté, il célèbre avec une lycéenne perverse et peu ingénue - Teresa - les fastes de la lumière marine. Le métayer, Zé Antonio, disparaît ; on le retrouvera saumuré dans les salines. Notre migrant, figure exemplaire de ces naufragés du soleil modernes échappés du nord pour tomber et se perdre dans le sud ou l'orient, est suspecté du crime et Dom Manuel, chef de district de la police politique, la fameuse Pide, est chargé de l'enquête. Héros dérisoire d'une tragédie sublimée par le soleil, Bertrand cingle alors vers les dernières mesures de l'ironique blues...
Le présent ouvrage étudie la genèse, la formulation et l'application du principe de pluralisme idéologique et philosophique dans le droit public belge de la culture. Ce principe est lié à celui de l'autonomie culturelle. En effet, si les Communautés française et flamande de Belgique ont reçu, dès 1970, le pouvoir de légiférer dans les matières culturelles, la Constitution a limité aussitôt leur autonomie en les obligeant à respecter quelques règles communes destinées à garantir précisément le pluralisme. Ces règles sont explicitées dans la loi du 16 juillet 1973 (dite du pacte culturel) garantissant la protection des tendances idéologiques et philosophiques. Avant de fournir une analyse approfondie de cette loi qui est très contestée aujourd'hui, l'auteur montre que le pluralisme idéologique et le lien qui l'unit à l'autonomie culturelle gagnent à être compris à la lumière de l'histoire. En effet, les premières manifestations juridiques des deux principes remontent au début du siècle, tandis que leurs racines socio-politiques conduisent au coeur du XIXe. L'étude est ainsi divisée en deux parties. La première (volume I) explore les rétroactes. Chemin faisant, elle retrace l'histoire des premières politiques culturelles et des règles de droit public qui les régissent entre 1830 et 1970. La deuxième partie (volume II) couvre la période contemporaine entre 1970 et 1993. Elle est centrée sur la loi du pacte culturel. Elle articule une analyse juridique avec, d'une part, une sociologie de l'élaboration et de I'application de la loi et, d'autre part, une réflexion éthique sur le pluralisme et le fédéralisme tels qu'ils sont conçus en Belgique. L'auteur montre ainsi que l'ensemble du processus d'élaboration et d'application du principe de pluralisme est un exemple particulièrement révélateur, un véritable paradigme, de la « raison juridique » qui sous-tend les aspects les plus originaux - les plus convaincants comme les plus critiquables - du système constitutionnel belge. La méthode mise en oeuvre pour démontrer cette thèse est résolument interdisciplinaire. Elle s'appuie en particulier sur un concept que I auteur construit et dont il prouve la fécondité: la « para-légalité ». L'ouvrage mérite de retenir l'attention des publicistes, des théoriciens du droit, des sociologues, des historiens, et aussi des professionnels de la culture, des associations socio-culturelles, des administrations culturelles et des partis politiques.