Hugues Hotier
Hugues Hotier
Sous la dénomination « classes populaires » on regroupe trois catégories socioprofessionnelles de l'Insee : les ouvriers, les employés et les petits exploitants agricoles. Ensemble, ils représentent 44% de la population française. Contre 10% pour les « CSP+ » surreprésentés à la télévision, tous genres confondus (fictions, divertissements, information). Et que dire du Parlement où 76% des députés sont des CSP+ et où les ouvriers se comptent sur les doigts d'une main. Là se trouve peut-être une des causes du déséquilibre des politiques nationales qui, notamment en matière de culture, méconnaissent les besoins et les attentes de la majorité de la population. De leur côté les classes populaires ont vite fait de justifier leur manque de curiosité par des formules lapidaires du type « la grande musique ce n'est pas pour moi ». Alors que l'offre culturelle est large et que, du rap à l'opéra, chaque citoyen devrait pouvoir accéder à toutes les formes d'expression artistique par inclination et non par assignation sociale. Ce qui suppose une éducation pour laquelle les institutions culturelles ont le devoir de compléter, voire de suppléer, l'apport familial. La deuxième partie de l'ouvrage présente quelques-unes des initiatives qui visent à mettre la culture à la disposition de ceux qui en sont éloignés.
Cet ouvrage évoque tout d'abord des notions de base de la psychologie sociale et des sciences de l'information et de la communication puis les réinvestit dans la sphère de la culture pour montrer comment les médias et les pouvoirs publics ont construit une représentation sociale pour un cirque dit "nouveau". L'observation du cirque classique permet ensuite de comprendre comment les animaux, les clowns, les acrobates sollicitent l'imagination du spectateur qui participe ainsi à la co-construction d'un imaginaire à la fois propre à chacun et commun aux quelque 12 millions de français qui constituent le public du cirque classique.