Jabbour Douaihy
Jabbour Douaihy
La vie - toute en désillusions et en violences feutrées - d'un Libanais, solitaire et féru de littérature, depuis la fin des années 1950 jusqu'à l'explosion qui a ravagé en 2020 le port de Beyrouth. Fils unique d'un père cordonnier et d'une mère angoissée, ce héros ordinaire est enclin à rêver sa vie. Liaisons vouées à l'échec, emballements politiques éphémères, découverte de textes qui se révéleront les compagnons les plus infaillibles - jusqu'à une réclusion toujours plus prononcée, comme pour se prémunir du monde et de tous ses poisons. Mais l'isolement est lui aussi un poison... Ce roman d'une facture classique est à la fois un chant funèbre pour le Liban et l'histoire d'un personnage magnifique, dandy éclairé, saboteur dilettante, façonné par son époque mais toujours à contre-courant.
Après avoir bourlingué à travers le monde, Zakaria Moubarak rentre dans son village natal, à l'est de Beyrouth. Quelques mois plus tard, on découvre son cadavre dans le terrain hérité de son arrière-grand-mère. L'enquête explore plusieurs pistes, de la vendetta familiale au règlement de comptes mafieux lié à une toile - volée à une ancienne maîtresse - qui serait un original de Chagall. Empreint d'un irrésistible charme cosmopolite, ce formidable roman, le septième de l'auteur, distille le mystère tout en déployant une foisonnante chronique libanaise.
À Tripoli, les destins entrecroisés d'Abdel-Karim, enfant d'une grande famille de notables, et d'Ismaïl, né dans le quartier le plus pauvre de la ville, surnommé « le quartier américain ». À travers ces deux personnages, c'est l'histoire récente de toute une ville qui nous est admirablement contée, en même temps que sont restitués les antagonismes de classe, de génération et de culture, la décomposition de l'élite traditionnelle, les élans brisés de la jeunesse et l'irrésistible ascension de l'islamisme radical.
Déçu qu'aucun éditeur de Beyrouth n'accepte de publier le roman qu'il a écrit entièrement à la main, Farid accepte un emploi de correcteur dans une imprimerie réputée. Il fera chavirer le coeur de l'épouse de son patron avant de découvrir les manoeuvres frauduleuses des gérants de l'imprimerie et de leurs ancêtres. L'auteur présente ici le monde du livre comme un microcosme de Beyrouth, ville qui ne ressemble à aucune autre, pépinière des plus beaux talents, paradis de l'argent sale et de la corruption.
Né à Tripoli, au nord du Liban, dans une famille musulmane, mais adopté par un couple chrétien en mal d'enfants, Nizam s'installe à Beyrouth à l'âge de vingt ans, au moment où s'exacerbent, au début des années 1970, tous les conflits politiques, sociaux et culturels du pays, préfigurant la guerre civile. Finaliste du Prix international du roman arabe (IPAF, le Booker Prize arabe) 2011.
Consacré aux événements et aux personnages marquants de l'histoire de la Méditerranée au XIXe siècle, ce récit s'ouvre sur une bénédiction religieuse qui inaugure la saison de la sériciculture au Mont-Liban et se termine par deux événements symboliques qui concluent un périple historique entre les deux rives de la Méditerranée : la nationalisation du canal de Suez par Nasser en 1956 et le retour des cendres de Lady Esther Stanhope en 2004 au Liban. Un récit historique sans équivalent, dans sa forme et dans son propos. Ni fiction, ni chronique historique, il garde de l'une un sens narratif aigu et de l'autre la densité de la trame documentaire.