Jean-Jacques Barreau
Jean-Jacques Barreau
Pourquoi avons-nous peur ? Une réflexion novatrice sur ce que la peur mobilise ou immobilise dans notre psychisme. La peur est un éprouvé individuel et collectif qui nous traverse tous. À notre époque comme jadis, la peur fait son oeuvre dans la civilisation et s'invite dans la cure du côté du patient et parfois même, du côté de l'analyste. « Il fait plus clair quand quelqu'un parle » (Freud, 1905) dit l'enfant effrayé par l'obscurité. La peur habite la chambre de l'enfant et l'adulte est concerné par la mémoire de cette peur qui touche à la sexualité infantile mais aussi à l'originaire. Face au patient, l'analyste peut éprouver la peur qui émane de lui. Par la suite, son travail suppose un dessaisissement du risque de l'emprise et de la fascination. Si la peur en soi, comme la peur de la réalité peut favoriser la construction du sujet, elle peut aussi comme le dit Maupassant être « un spasme affreux de la pensée et du coeur ». Elle est le symptôme de l'époque. Notre civilisation aux prises avec des réminiscences mortifères concernant le meurtre et la barbarie, nous condamne-t-elle à un « faire » opposable à la représentation ? Cet ouvrage nous permet de réfléchir à cet éprouvé qu'est la peur, et en quoi elle mobilise ou immobilise la psyché.
evenir des ouvertures proposées par l'oeuvre de Piera Aulagnier dans le champ de la psychanalyse contemporaine ? Piera Aulagnier a reconsidéré la métapsychologie classique et s'est éloignée en même temps des références lacaniennes qui nour-rissaient sa pensée. À partir du « hors-champ » que construisait sa rencontre avec le discours psychotique, elle a postulé l'existence d'une activité représentative originaire pictographique. La concep-tion originale de Piera Aulagnier du lien entre l'éprouvé, le repré-senté et le dit ouvre au large champ de la clinique non-névrotique. Elle renouvelle aussi notre possibilité de rencontrer en séance, chez l'analysant comme chez l'analyste, certaines manifestations somatiques, des vides de pensée et des moments où les mots ont valeur de chose corporelle. Comme toute théorie, cette oeuvre majeure par ailleurs fortement liée à une volonté de levée de l'aliénation, a pour destin de s'éroder et de se transformer.
Psychanalyste, anthropologue, épistémologue, Jean-Paul Valabrega est l'auteur d'une oeuvre vaste, foisonnante, ouverte sur différents champs de pensée. En 2011, avec sa disparition, le Quatrième Groupe perdait le dernier de ses fondateurs. Ce deuxième numéro de la collection Actes du Quatrième Groupe est consacré à sa mémoire et à l'étude de ses travaux. C'est d'abord le cheminement personnel, psychanalytique, anthropologique de Jean-Paul Valabrega qui est retracé. Un éclairage particulier est porté sur ce qui caractérisa sa démarche: l'esprit de résistance et la lutte contre l'aliénation. Puis ce numéro s'intéresse aux perspectives épistémologiques et aux concepts d'indissociabilité, de pluralité, d'enchevêtrement entre différents éléments de décryptage du réel mis en avant par cet auteur aux centres d'intérêt multiples. Enfin, l'accent est mis sur la question du mythe que Jean-Paul Valabrega ne cessera d'explorer dans ses deux dimensions constitutives: la permanence et la métamorphose. On retrouvera dans ce numéro quelques-uns des grands textes de ce psychanalyste majeur.
L'oeuvre d'art est une façon originale et inhabituelle pour le psychanalyste d'approcher la question de l'originaire, du sexuel et de la mort. Qu'elle fascine, qu'elle intrigue ou qu'elle rebute, l'oeuvre d'art ne laisse pas indifférent. De l'émotion au malaise, du sentiment océanique à l'inquiétante étrangeté, elle est étrangère et familière à la fois. Elle produit un mouvement d'ouverture à l'inconscient et donne accès à l'intime en soi. Elle éveille la sensorialité et aiguise la conscience d'une vérité nue. L'oeuvre d'art interroge le psychanalyste quant aux effets de cette rencontre. Elle le questionne sur la genèse du processus créatif et sur ce langage d'avant le langage qu'elle exprime. Sur la scène de l'analyse, l'artiste et son oeuvre se présentent de plusieurs manières : le patient qui donne libre cours à ses associations à propos d'une oeuvre qu'il évoque ou dont il est l'auteur ; la rencontre du psychanalyste avec un artiste ou son oeuvre qui sera pour lui matière à élaboration psychique ou théorique, ou encore, le psychanalyste quand il est lui-même artiste. Le processus créateur ne se fonderait-il pas, au même titre que l'émotion artistique, sur la levée du refoulement originaire, sur l'actualisation d'un originaire qui condenserait l'expérience corporelle, singulière, interpersonnelle et collective ?
Que pensent les psychanalystes de leur discipline? Comment s'en représentent-ils la théorie et dans quel rapport à leur pratique ? En ce début de troisième millénaire, alors que la psychanalyse a plus de 100 ans, ce premier numéro de la collection ACTES du Quatrième Groupe est consacré à La situation de la psychanalyse. Comment analyser l'évolution de la discipline depuis un siècle au sein de la civilisation? Et avec quelles vues prospectives ? Peut-on encore parler d'«une» théorie là où la notion de «pluralisme théorique» s'installe ? Faut-il encore parler d'«une» pratique là où la référence à la cure-type s'éloigne? Cet ouvrage - qui réunit des psychanalystes du Quatrième Groupe mais aussi de la Société Psychanalytique de Paris et de l'Association Psychanalytique de France - dresse un état des lieux de la psychanalyse aujourd'hui : dans la façon qui lui est propre de construire scientifiquement son objet, depuis Freud, dans la cure et au fil du temps.
Ce cinquième numéro de « Actes », la revue annuelle du Quatrième Groupe - organisation psychanalytique de langue française a pour thème « le meurtre et l'inceste » ; actes dont la prohibition est un principe fondateur du processus culturel de l'humanité. Les approches complémentaires, anthropologiques, cliniques, métapsychologiques, tissent le canevas de ce recueil de textes : Voyage temporel avec la construction des interdits, absolus et relatifs, et toujours transgressés depuis les temps primitifs jusqu'à ce jour. Récits de cas, individuels et collectifs, permettant de saisir les aléas de la constitution de l'identité, de l'altérité, de la structure de l'OEdipe et des replis narcissiques. Plusieurs concepts originaux sont dégagés par les auteurs. Une deuxième partie regroupe les réflexions de quatre psychanalystes de notre groupe à la suite des attentats de janvier à Paris, dans l'immédiat, et dans l'aprèscoup. En conclusion, une réflexion sur le mal et la mort inspirée par le dernier livre de Nathalie Zaltzman. Car le mal veille, toujours vivace !
Le « roc des passions » : c'est ce qui fixe l'être humain au-delà de toute raison, pour l'enfermer dans une jouissance aliénante, une pulsionnalité impérieuse ou une répétition d'actes vains. Dans le processus analytique, tout semble « rester en l'état » à cet endroit où le « roc », immobile, demeure indifférent à tout. La question sera abordée selon plusieurs versants : l'inanalysable auquel le clinicien se heurte dans sa pratique, l'analyse des effets des passions humaines, une réflexion sur les passions collectives et groupales et sur les fanatismes, la violence de l'infantile que l'analyste tente de mettre en forme, ou encore la passion de l'homme pour l'objet qui l'aliène. Les passions sont aussi abordées comme ce « roc » sur lequel la raison et la morale se brisent, ce que le théologien formalise en termes de péchés capitaux. D'une manière générale, on pourra finalement se demander si l'homme est susceptible de renoncer à ses passions ? Ou, du moins, peut-il les transformer ?
Quelles sont les différences entre rêve et hallucination ? Pourquoi le cauchemar ? Quels liens établir entre l'espace onirique et l'espace de la cure ? Le « Je » naîtrait-il dans l'espace du rêve, comme dans celui de la cure ? Ce sixième numéro de « Actes », la revue annuelle du Quatrième Groupe - organisation psychanalytique de la langue française - a pour thème le rêve, voie à double sens entre langue d'images et langue de mots. Freud n'a jamais cessé de s'interroger sur les zones d'ombre dans la psyché et soutenait la valeur de la « dynamique du rêve » pour sa compréhension. Les auteurs font travailler le corpus freudien, le questionnent, le prolongent grâce notamment aux théories de P. Fédida pour qui le rêve est « voyant ». Un ouvrage qui revient sur les fondements du rêve pour le regarder à la lumière d'une nouvelle perspective, pour comprendre son lien si fort avec la cure psychanalytique, et pour explorer les énigmes qui demeurent malgré le chemin parcouru.
Le féminin, entre psychanalyse, société et identité : un essai percutant qui revisite les débats historiques et actuels sur la féminité, la maternité et la bisexualité psychique. Un éclairage inédit sur les paradoxes qui traversent notre époque.