Jean-Luc Domenach
Jean-Luc Domenach
Le XVIIe siècle est le siècle de saint Augustin. Cette formule énoncée par Jean Dagens en 1951 s'est trouvée largement confirmée, notamment avec la parution de Pascal et saint Augustin en 1970. Longtemps on a cru que l'auteur des Pensées, ignorant en théologie, n'avait été que le "secrétaire de Port-Royal". S'efforçant d'adopter l'esprit même de Pascal pour lire saint Augustin, Philippe Sellier, professeur de littérature française à la Sorbonne, a montré l'originalité théologique de l'auteur des Provinciales. Depuis lors, il est impossible de sous-estimer le Pascal théologien, de négliger la manière dont il a repensé l'héritage augustinien et de méconnaître combien il a contribué à transmettre une vision du monde et un certain christianisme qui dominèrent l'Eglise latine pendant près d'un millénaire et demi et marquèrent d'innombrables oeuvres littéraires jusqu'à celles de Baudelaire, Mauriac ou Julien Green.
L'opposition entre Foucault et Habermas a donné lieu à l'un des moments légendaires de la philosophie sociale du XXe siècle. À juste titre sans doute, puisqu'il vit s'affronter deux conceptions de la nature et des finalités d'une analyse englobante de la société moderne qui ont compté parmi les plus riches et les plus cohérentes de l'après-guerre, étendant leurs ramifications dans de multiples directions : théorie du langage, conception de la subjectivité, épistémologie des sciences humaines, philosophie morale, étude des processus de rationalisation, élucidation du statut de la critique. L'objet de cet ouvrage est d'éclairer, dans toute leur richesse et leur diversité, les enjeux du différend entre Foucault et Habermas. Passé le temps des polémiques, demeure un dossier consistant dont l'exploration s'avère aujourd'hui décisive pour toute théorie de la société qui voudra concilier la pertinence historique et politique de son propos avec la conscience des fondements comme des limites de son propre discours. Foucault et Habermas ont chacun à leur manière et en même temps développé le projet d'une interprétation de la modernité. L'histoire de la folie date de 1961 et L'espace public de 1962. Les contrastes et les différences sont patents : les héritages assumés, le choix des objets d'étude, les conclusions de chacun des philosophes opposent un Foucault « postmoderne » à un Habermas tenant d'une certaine continuation de la modernité. Surveiller et punir et Théorie de l'agir communicationnel entretiennent un rapport polémique poursuivi par voix interposées chez les disciples et les commentateurs. L'ouvrage dirigé par Yves Cusset et Stéphane Haber introduit le lecteur à un parcours croisé et une confrontation de ces deux pensées contemporaines des plus vivantes. Il s'agit ici de la première étude d'ensemble sur les rapports de ces deux philosophes contemporains, parmi les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle.
Pourquoi le communisme résiste-t-il en Asie alors qu’il s’est effondré ailleurs ? Une analyse percutante des métamorphoses politiques et économiques de la Chine, du Vietnam et de la Corée du Nord, signée par un grand spécialiste de l’Asie.
C'était un dimanche de Pentecôte à Solutré. Le dernier. "Tant que je monterai ici avec vous, tout ira bien. Quand je ne pourrai plus, je serai mort." Il ne croyait pas si bien dire. Ce fut terrible. Avant, il y avait eu d'autres dimanches moins graves, d'autres jours entre l'ombre et la lumière. J'ai voulu dire au présent François Mitterrand tel qu'il m'est apparu pendant vingt ans, avec ou sans le masque d'empereur romain qu'il mettait pour se protéger parfois du regard de ceux qui l'aimaient trop ou pas assez. Moi, j'ai aimé François Mitterrand pour ce qu'on lui reproche. Sa fidélité parfois dangereuse à l'endroit des siens qui s'égaraient, je l'inscris à son avantage. On n'est pas rien quand on inspire autant de passions que de haines. Non, je n'ai jamais été déçu par François Mitterrand car je n'attendais rien de lui. Je ne m'en remets ni à Dieu ni à Diable pour organiser mon destin. Pour ceux qui ne sont jamais contents de rien, il voulait "changer la vie". Était-ce bien raisonnable ? En tout cas, il a changé la mienne.
« Les masses sont les véritables héros. »Pékin, le 15 janvier 1976. Quelques heures avant l'enterrement de Zhou Enlai, premier Premier Ministre de la République Populaire de Chine, la famille vient rendre hommage à son épouse, Deng YingChao et partager avec elle le souvenir de son mari. Tous deux ont participé activement à la révolution qui mena le parti communiste chinois au pouvoir. Clandestinité, Longue marche, Grand Bond en avant, Révolution culturelle... tout le passé de Deng remonte avec comme figure centrale la personnalité controversée de Mao Zedong, Le Grand Timonier.Cet album de la collection « Ils ont fait l'Histoire » se concentre sur l'un des individus les plus marquants de l'histoire contemporaine, dictateur du pays le plus peuplé au monde. Il nous permet aussi et surtout de découvrir l'homme qui se cache derrière le leader politique, suprême et totalitaire.
Trente ans après L'archipel oublié, qui faisait l'histoire du goulag chinois dans ses décennies les plus meurtrières (1949-1971), Jean-Luc Domenach porte son regard d'historien sur les mutations d'un système ayant survécu à l'ouverture économique. À la différence du goulag soviétique, sur le modèle duquel il fut pensé, le laogai ne s'est pas effondré. Il a suivi les mues du communisme chinois, après les millions de morts durant le Grand Bond en Avant (1958-1961) puis la Révolution culturelle (1966-1971), et abrite désormais davantage de délinquants et moins de détenus politiques. Le laogai est ainsi partie prenante de l'économie nationale. Il continue néanmoins à choquer l'Occident par son entreprise d'écrasement de l'Islam et de la population ouïghoure dans le Xinjiang. Cet essai indispensable fait entendre des voix qui dessinent moins « la fin de l'homme rouge » que les mutations du communisme chinois et la survie de son archipel du goulag. Diplômé d'histoire, de sciences politiques et de chinois, docteur d'État, Jean-Luc Domenach est chercheur à Sciences Po, au Centre d'études et de recherches internationales. Chevalier de l'Ordre national du mérite et de l'Ordre de la Légion d'honneur, il est notamment l'auteur de Chine : l'archipel oublié (Fayard, 1992) ou encore des Fils de princes. Une génération au pouvoir en Chine (Fayard, 2016).
A partir de 1927, les leaders communistes ne sont plus en sécurité et leurs enfants, sur lesquels reposent les espoirs politiques, doivent être protégés. Mao, Zhou Enlai et les autres préfèrent garantir leur survie en les envoyant en URSS, chez des parents éloignés, ou dans de modestes fermes. Ce n'est qu'en 1949 que ces rejetons rejoignent Pékin, après des années de privations, de souffrance et d'exil. S'ouvrent alors pour eux les portes des Murs rouges de Zhongnanhai, dépendance de la cité interdite dans laquelle les clans familiaux des plus grands révolutionnaires sont réunis. Fêtes, loisirs et abondance rythment leur quotidien au sein de cette enceinte où ils font l'objet des plus grands soins. Ce sont les princes de la nouvelle aristocratie rouge. Les purges révolutionnaires n'auront pas raison d'eux : ils sont formés dans les meilleures universités et le réseau colossal qu'ils ont développé dans la cour de Mao leur permet de prétendre aux meilleurs postes. Économie, politique, défense, la caste prend bientôt, et dans tous les domaines, la place des anciens leaders affaiblis, jusqu'à devenir, aujourd'hui, les maîtres de la Chine. C'est l'histoire de ces princes rouges que nous raconte Jean-Luc Domenach dans cet ouvrage passionnant, enquête historique inédite sur cette élite à la tête d'un des empires les plus puissants du monde. Chercheur à Sciences Po, Jean-Luc Domenach y a été successivement directeur du CERI puis directeur scientifique auprès de Richard Descoings (1996-2000) avant de rejoindre l'université de Qinghua de Pékin (2002-2007). Aujourd'hui directeur de recherche émérite au CERI, il a effectué plus de quarante missions en Chine et séjourné longuement au Japon et à Hong Kong. Il a écrit de nombreux ouvrages sur la Chine populaire dont, chez Fayard, Chine, l'archipel oublié (1992) et Mao, sa cour et ses complots (2012), et chez Perrin La Chine m'inquiète (2009).
Que se passe-t-il quand un sinologue qui a beaucoup voyagé en Chine mais qui n'y a jamais vécu dans la durée se trouve en résidence à Pékin ? Que voit-il ? Qui rencontre-t-il ? Quelle est sa Chine ?
Le mémoire de D.E.A. de Valentin Petkantchin, que le présent ouvrage reproduit, analyse les relations entre l'économie de marché et l'éthique dans l'oeuvre du père fondateur de l'économie politique : Adam Smith. Les différentes parties de son oeuvre (éthique, économique et juridique) s'articulent parfaitement autour d'un élément d'une importance cruciale pour toute vie en société : les institutions ou les règles sociales. Elles sont le résultat des recherches éthiques des individus, elles sous-tendent l'économie de marché et elles représentent l'objet même du droit et de la jurisprudence. Considérée sous cet aspect, la pensée d'Adam Smith est une riche source à redécouvrir et reste d'actualité.
La Chine est-elle un colosse aux pieds d'argile ? Les failles que l'on peut noter dans son développement oblitèrent-elles son avenir ? Par le spécialiste de la Chine.Lors de sa parution, cette radiographie pertinente et sans concession de la Chine avait détonné alors que chacun célébrait la reconnaissance mondiale obtenue par un géant économique, sur le point d'accueillir la planète pour " ses " Jeux Olympiques. Aujourd'hui, le doute n'est plus de mise : la Chine se trouve bien à une heure de vérité de son histoire. Touchée par la crise mondiale qui met des millions de travailleurs au chômage et en contraint autant à retourner dans les campagnes, elle dispose d'une puissance industrielle et financière qui la place en position d'accéder à un coleadership mondial. Puissance militaire et diplomatique, il lui faut cependant inventer des relations apaisées avec ses voisins comme l'Europe et les Etats-Unis. La Chine est dans un entre-deux que l'analyse minutieuse de Jean-Luc Domenach, nourrie d'un long séjour dans le pays, rend à la fois explicite et instructif. Jean-Luc Domenach, directeur de recherches au CERI, a notamment publié Comprendre la Chine d'aujourd'hui. " Ce livre se dévore, car il nous permet de comprendre un peu mieux l'humeur d'un peuple complexe. " L'Expansion
Par l'auteur de Des clous dans le coeur, Prix du Quai des Orfèvres 2013.L'atmosphère glauque du doute, le sexe meurtrier, le passé qui fait des ravages... Une intrigue qui mène à coup sûr au plus noir de l'angoisse. Le commissaire Marion se rangerait-elle ? Nous la retrouvons dans une petite maison en périphérie de ville avec sa fille adoptive, Nina. Mieux, jetant aux orties sa devise "jamais dans le service", elle est tombée amoureuse d'un nouvel inspecteur, Léo Lunis, et l'a installé chez elle. Mais Marion n'est pas si rangée qu'il y paraît. D'abord, Nina ne lui est confiée qu'à titre provisoire par la Ddass : cette femme-flic célibataire, est-ce vraiment un bon environnement pour une enfant? Marion est sous surveillance. D'autre part, Léo, aussi attentionné soit-il, est parfois sombre, semble s'acharner à vivre dans l'instant présent et noie parfois ses humeurs dans l'alcool. Deux viols, un meurtre, et la sensation oppressante d'être observée, des coups de fil anonymes où une respiration hachée met Marion mal à l'aise. Et quand une nouvelle victime violée lui confie qu'elle a cru reconnaître Léo comme son agresseur, sa vie bascule.
En 1949, après leur grande victoire militaire, les dirigeants communistes s'installent dans le palais impérial à Pékin ; ils aménagent un vaste ensemble résidentiel, bientôt entouré d'un long mur rouge. Quelques centaines de familles y habitent, protégées par des gardes surarmés. Plus le temps passe, plus elles jouissent de conditions de vie exceptionnelles : nourriture abondante, fêtes et loisirs. Elles disposent aussi d'un système de grands hôtels et de plages privées pour profiter de leurs vacances et cacher leurs transgressions. Pendant ce temps, le reste du pays traverse la famine, affronte les catastrophes naturelles et subit les effets d'une collectivisation inefficace. Mao, non moins jouisseur que ses compagnons, et redoutant un coup d'Etat, attaque plusieurs fois ces cadres repus, si avides de privilèges. En révélant l'obsession pour le pouvoir, la soif des plaisirs et le poids des relations personnelles, Jean-Luc Domenach bouleverse notre regard sur le totalitarisme, version chinoise. Grâce à lui, le lecteur sait désormais que le communisme a été autant un moteur qu'un masque, une manière de cacher derrière de belles idées la quête sinistre d'une domination vaine. Il découvre aussi que les protagonistes de cette terrible histoire sont les parents des dirigeants actuels. Ce passé engage donc notre avenir.
La Chine est devenue un immense chantier. Développement capitaliste d'un côté, classicisme communiste de l'autre, elle donne le spectacle d'un pays qui rejoint le chemin du progrès dans un désordre incroyable. Depuis dix ans, elle accumule les succès : elle s'est développée et consolidée à l'intérieur ; elle s'engage dans le monde et y conduit une politique plus ambitieuse, notamment face aux Etats-Unis et en Extrême-Orient. Ses succès stimulent une sortie implicite, depuis peu incontestable, des voies traditionnelles du communisme. Mais la Chine est un colosse aux pieds d'argile. La situation intérieure reste fragile et les mutations de la société la rendent dangereuse. Les protestations se multiplient dans les villes et les campagnes, tandis que cent millions de migrants circulent dans le pays. Les dirigeants évitent les débats nécessaires, ce qui fait peser de lourds dangers sur l'avenir. La Chine vient d'entrer à l'OMC, mais avant d'accueillir les Jeux olympiques, elle devra encore gagner en maturité et construire un rapport équilibré avec le reste du monde. Jean-Luc Domenach, spécialiste de la Chine et de l'Asie, ancien directeur scientifique de Sciences Po, fait ici le point sur les évolutions du pays le plus peuplé du monde en combinant sa maîtrise des sources et sa connaissance des Chinois.
Alors que le goulag soviétique fait partie de notre mémoire, on a oublié qu'il existe toujours en Chine un autre archipel, lieu tragique du XXe siècle par son ampleur, par son inexorable discipline, mais aussi parce que l'entreprise de " réforme de la pensée " visant à briser l'homme pour l'asservir au pouvoir y a poussé à son comble l'utopie totalitaire de Mao Tse-tung. Résultat de plus de dix ans de recherches, le livre de Jean-Luc Domenach met au jour les origines, les développements et la situation récente de ce gigantesque système pénitentiaire. S'appuyant sur des témoignages souvent inédits en Occident, sur des interviews de réfugiés et sur un historique précis de la répression communiste, il décrit la vie dans les prisons et les camps de travail où passèrent des dizaines de millions de Chinois. On y trouve ainsi des révélations sur la terreur des premières années (et par exemple l'aide fournie par des experts du goulag soviétique), sur l'effroyable famine de 1959-1962, ou encore sur la décomposition du système de contrôle depuis l'arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping. Au total, de la terreur utopique des premières années au règne des mafias carcérales, l'histoire de l'archipel est celle d'un immense échec, à la fois politique et humain, qui traduit l'évolution du communisme chinois. Jean-Luc Domenach est directeur du Centre d'Etudes et de Recherches Internationales et chargé de cours sur la Chine à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris.