Jean Marc Dalpe
Jean Marc Dalpe
C'est un grand jour au magasin à rayons La Baie, doyenne des corporations canadiennes : tout, absolument tout doit être liquidé! Six commis de plancher s'affairent, tout en faisant revivre, par le truchement du parcours de George Simpson, dit l'Empereur du Nord, les grandes lignes de l'histoire de la Compagnie de la Baie d'Hudson, qu'il a dirigée de 1821 à 1860. La HBC, comme on la désignait, régnait alors sur un vaste territoire de 3,5 millions de milles carrés. Cette plongée dans la destinée de Simpson prend la forme d'une fresque théâtrale rocambolesque faite de grands espaces, de sang, de bruits et de fureur, et teintée d'un humour grinçant. Une multitude de personnages ayant croisé sa route fulgurante sont convoqués : trappeurs autochtones, voyageurs canadiens, guides Métis, capitalistes anglais, épouses «à la façon du pays», Highlanders exilés... et même un castor! Derrière cette galerie foisonnante se déploie un propos plus vaste : en faisant entendre les voix de ceux et celles qui ont pris part à ce chapitre déterminant de l'histoire, «L'empire du castor» raconte comment la HBC a ouvert la voie à l'ère coloniale, bouleversé les modes de vie et d'échange autochtones et servi de modèle pour de futures exploitations du territoire. Elle propose une alternative à l'histoire scolaire, loin des clichés habituels, et éclaire les rouages d'un capitalisme colonial dont les répercussions se font encore sentir aujourd'hui. -- Pièce écrite avec la participation de Michael Mackenzie et Yvette Nolan.
Six villes, six voix : de Vancouver à Moncton, ces contes explorent la diaspora francophone à travers des récits aussi étranges qu’éblouissants. Entre ombre et lumière, chaque histoire interroge notre place dans le monde.
Présentée pendant huit semaines à guichet fermé au Théâtre la Licorne (printemps 2006), la pièce accumule les éloges. Raisons invoquées? La mise en scène habile de Fernand Rainville, la distribution brillante, flamboyante... Et au coeur de ce succès, l'écriture de Dalpé : « Sur le plan de l'écriture, « Août » bénéficie d'une construction adroite. Des événements microscopiques (des mèches de fantaisie, la minceur, une invitation, l'érablière, une couleuvre, une nappe) permettent peu à peu au spectateur de concevoir l'ampleur du désastre familial dont, jusqu'au dernier moment, nul ne veut se préoccuper. La musicalité des répliques prolonge la torpeur tant des héros que du public, convainquant presque que la crise est évitable. Mais elle ne l'est pas. Et, justement à cause de ça, elle est plus terrible quand elle éclate.[...] Dénué de complaisance, le regard de Dalpé, appuyé de toute part, [...] appelle à réagir avant qu'il ne soit trop tard. » Hervé Guay, Le Devoir [...] Une écriture originale, électrique, faite de musique et de punchs. André Ducharme, Désautels - Radio-Canada Quatre générations d'une même famille se réunissent une fin d'après-midi d'été à la vieille maison de ferme pour fêter les fiançailles de Monique et André qui habitent à la ville. En ce troisième jour de canicule, « la maisonnée a beau se tenir à l'abri sous la véranda et dans la parlotte, le drame couve. » Le Devoir
Initialement publié en 1999, « Il n'y a que l'amour » rassemble huit pièces en un acte (dont « Trick or Treat » et « Give the lady a break »), trois contes urbains, une conférence et un texte poétique pour une voix. Le jury qui lui a attribué le prix du Gouverneur général soulignait que le livre « donne une parole à ceux qui n'en ont pas » et que, dans le théâtre de Dalpé, « il n'y a pas de jugements; que de la compassion ».
«Hawkesbury Blues» est un théâtre blues pour une ville dure comme le reflet acier des lampadaires dans le chrome des chars «bebelles cache-misère». Un théâtre blues pour une femme blues, Louise, qu'on suit de quatorze à trente-quatre ans, prise à la gorge et au ventre entre son mari, ses quarts de travail aux machines à coudre d'Amoco Fabrics et les luttes de sa communauté, dans les années 1980, pour une vie plus juste. Situé dans un Sudbury multiethnique en pleine crise des années 1930, «Nickel» met en lumière les conflits qui surgissent lorsque des mineurs de l'INCO, enchaînés à un mode de vie où la mort occupe un rôle de premier plan, tentent de fonder un syndicat. Sur un fond de drames sociaux et intimes, l'amour et la camaraderie parviendront-ils à insuffler un peu d'espoir dans un quotidien dur, sans issue? -- Ce nouvel ouvrage de la collection Vivat réunit, en réédition, deux pièces phares de la modernité théâtrale franco-ontarienne. Ancrées dans la mouvance du théâtre social, militant, elles mettent en scène des gens ordinaires, leurs misères et leurs joies, mais surtout leur détermination à améliorer leurs conditions de vie et de travail.
Rassembler dans un même ouvrage Le viol de Lucrèce, Coriolan, Jules César, Antoine et Cléopâtre, et Titus Andronicus, les cinq tragédies romaines de Shakespeare, c'est faire revivre l'ascension puis la chute d'une civilisation qui s'écroule sous la pression des luttes pour le pouvoir. Mais attention. Jean Marc Dalpé redécoupe les pièces pour faire de Rome une oeuvre nouvelle, un voyage tumultueux qui prend racine dans la tyrannie, bascule dans une république balbutiante, s'érige en empire puis s'effondre dans le chaos sanguinolent. Un voyage au cours duquel chacun s'attribue, avec violence, un corps, une couronne, un privilège, une légitimité, un territoire, une parole. Cette rudesse nous est familière puisqu'elle traverse la vie privée autant que la vie publique, l'histoire contemporaine aussi bien que celle de la Rome antique. Avec verve et acuité, Jean Marc Dalpé donne corps à une époque impitoyable qui résonne encore férocement aujourd'hui. La pièce, une création de Sibyllines en coproduction avec le Théâtre français du CNA, a été présentée à l'Usine C et au Théâtre français du Centre national des Arts d'Ottawa en avril et mai 2023. Mise en scène, Brigitte Haentjens.
À sa sortie de prison, Bernie doit récupérer le magot que Zach a caché dans une boîte à souliers et le remettre à des motards. Il en va de l'intégrité physique de Zach... et de Bernie, et même de celle de leurs amis. Mais voilà que Shirley s'est payé des sessions d'enregistrement pour son premier disque western avec une partie de l'argent ! Dans cette comédie dramatique au rythme soutenu, cinq personnages, réunis par l'énergie du désespoir, miseront le tout pour le tout afin de s'affranchir de leur misère ordinaire. Sur la piste de course, Lucky Lady joue leurs lendemains. «Dans "Lucky Lady", on trouve sans doute la plus extraordinaire montée dramatique que notre littérature théâtrale ait jamais produite.» Michel Nadeau, postface
Un soir de juillet. Un soleil fou ne veut pas se coucher dans le ciel immense du Nord. Une maison mobile au bout d'un chemin de terre. Un chien fou s'enrage. Jay revient après sept ans de « trips de fou aux États, dans l'Ouest » ... ailleurs. Le fils errant retourne chez son père et l'accule au pied du mur qu'il a dressé entre eux. Pour l'amour de sa mère, de sa soeur et de soi, il faut en finir. - « T'es encore vivant, toé ? » Prise de parole présente ici la troisième édition de la première pièce solo de Jean Marc Dalpé qui lui a valu son premier prix du Gouverneur Général en 1988.