Jean-Marc Larrue
Jean-Marc Larrue
Cet ouvrage résulte d'un constat aussi simple que déconcertant : alors que le son joue au théâtre un rôle généralement aussi important que le visuel, il est à peu près absent des travaux critiques, historiques et théoriques. Et pourtant, cet univers sonore en est un très complexe et étonnant, et vaut la peine qu'on s'y attarde. L'émergence de ce qu'il est aujourd'hui convenu d'appeler les études sonores en théâtre fait de l'auralité de la représentation - ce qu'on y entend et comment on l'entend - une question majeure au sein de la recherche universitaire qui se consacre aux arts vivants. Ce « tournant sonore » touche autant la conception du spectacle que sa représentation, sa réception que son archivage L'ouvrage repose sur deux dimensions : d'abord, celle de la réflexion théorique, plus générale ; puis, celle de l'expérimentation, qui ancre progressivement la pensée dans une réalité sonore particulière. Les quatorze textes de théoriciens et d'artistes, en passant de l'abstraction des concepts au concret de leur réalisation, témoignent de la fluidité et de la diversité qui concernent autant les agencements dynamiques et mouvants appelés ici « dispositifs » que les réalités sonores qu'ils engendrent.
Une équipe internationale constituée de 21 chercheurs en théâtre, cinéma, divertissements populaires, littérature, médias et musique présente dans cet ouvrage les résultats de l'analyse du fonds d'archives de la ART (Association de la Régie Théâtrale). Cette vaste collection de plus de 6 500 documents porte sur 2 000 spectacles créés à Paris et repris en tournée - y compris en Afrique, en Europe et au Canada - entre 1850 et 1950. Créée par les praticiens de théâtre au fil des productions, ces documents d'une richesse exceptionnelle permettent aux chercheurs de pénétrer au coeur même de la fabrique du spectacle au moment où apparaît et s'impose la figure du metteur en scène. Par une approche transversale attentive aux traces et indices et dans un va et vient continu entre observation et conceptualisation, ils en dégagent le tableau d'une pratique théâtrale dynamique et variée qui n'hésite pas à intégrer les technologies reproductives à son arsenal créatif. Le théâtre de cette époque apparaît ainsi bien plus technologisé que l'image que nous en avons. Organisé en quatres axes - « Esthétique et technologie du son », « Esthétiques du visuel », « Mise en scène » et « Dynamiques intermédiales », l'examen des documents rend compte de la présence sur scène de la peinture, de la scénographie, de la technologie sonore, de la musique, du chant, de la photographie, de la magie et du cinéma. C'est cette dynamique fédératrice singulière du théâtre, considéré ici comme un hypermédia, qui est l'objet du présent ouvrage collectif, d'où son titre : Archives de la mise en scène. Hypermédialités du théâtre.
Le théâtre est un lieu d'écoute, un lieu acoustique et phonique, il n'a jamais cessé de l'être. Pourtant, sa théorisation récente l'a longtemps ignoré en ne s'attachant qu'à la scène visuelle ou charnelle ou à l'oeuvre dramatique écrite. Le théâtre est un lieu d'écoute, un lieu acoustique et phonique, il n'a jamais cessé de l'être. Pourtant, sa théorisation récente l'a longtemps ignoré en ne s'attachant qu'à la scène visuelle ou charnelle ou à l'oeuvre dramatique écrite. Une telle surdité n'a rien d'exceptionnel : l'oubli de la dimension sonore a touché l'ensemble des sciences humaines et sociales. On a nommé " tournant acoustique " la restauration de l'importance du son par tout un mouvement interdisciplinaire qui a montré que la période contemporaine n'est pas et n'a pas été plus visuelle qu'auditive, ce qu'a longtemps masqué la prolifération des images et de leurs analyses. Inscrit dans ce mouvement critique, le présent ouvrage réunit 35 collaborateurs de 8 pays différents. Théoriciens ou praticiens du son et de la voix, spécialistes de théâtre, d'architecture, d'acoustique, de création sonore, historiens et analystes des techniques, des médias et de la culture, livrent ici un ouvrage total, ouvert à tous ceux qui, selon la formule de Jonathan Sterne, ont développé une " imagination sonique "
Le théâtre est un lieu d'écoute, un lieu acoustique et phonique, il n'a jamais cessé de l'être. Pourtant, sa théorisation récente l'a longtemps ignoré en ne s'attachant qu'à la scène visuelle ou charnelle ou à l'oeuvre dramatique écrite. Le théâtre est un lieu d'écoute, un lieu acoustique et phonique, il n'a jamais cessé de l'être. Pourtant, sa théorisation récente l'a longtemps ignoré en ne s'attachant qu'à la scène visuelle ou charnelle ou à l'oeuvre dramatique écrite. Une telle surdité n'a rien d'exceptionnel : l'oubli de la dimension sonore a touché l'ensemble des sciences humaines et sociales. On a nommé " tournant acoustique " la restauration de l'importance du son par tout un mouvement interdisciplinaire qui a montré que la période contemporaine n'est pas et n'a pas été plus visuelle qu'auditive, ce qu'a longtemps masqué la prolifération des images et de leurs analyses. Inscrit dans ce mouvement critique, le présent ouvrage réunit 35 collaborateurs de 8 pays différents. Théoriciens ou praticiens du son et de la voix, spécialistes de théâtre, d'architecture, d'acoustique, de création sonore, historiens et analystes des techniques, des médias et de la culture, livrent ici un ouvrage total, ouvert à tous ceux qui, selon la formule de Jonathan Sterne, ont développé une " imagination sonique ".