Jean-Marie Mayeur
Jean-Marie Mayeur
Nouvelle histoire de la France contemporaineDans la série « Nouvelle histoire de la France contemporaine » sont également disponibles sur le XIXe siècle :Louis Bergeron, L'Épisode napoléonien. Aspects intérieurs (1799-1815)Maurice Agulhon, 1848 ou l'apprentissage de la République (1848-1852)Alain Plessis, De la fête impériale au mur des fédérés (1852-1871)
D'innombrables rues, avenues, boulevards, portent le nom de Léon Gambetta. Reste dans la mémoire aujourd'hui son départ en ballon de Paris assiégé le 7 octobre 1870 ! Né à Cahors d'un épicier d'origine génoise et d'une mère issue d'une ancienne famille du Lot, Gambetta est au coeur de l'histoire de la France, de la fin de l'Empire à la victoire des républicains. La mort l'emporte à 44 ans le 31 décembre 1882. L'amour de la patrie et celui de la République sont inséparables chez celui qui incarna la Défense nationale en province. Après la défaite, il veut la « régénération » de la France. Il espère, sans bellicisme, « les réparations du droit » mettant fin, un jour imprévisible, à l'annexion de l'Alsace-Lorraine. Il veut « voir la France reprendre son rang dans le monde » et soutient l'expansion coloniale. Pour lui, la République met fin au temps des révolutions, en associant le libéralisme politique et la démocratie. Il annonce l'avènement d'une « couche sociale nouvelle ». Orateur charismatique et homme d'Etat attentif aux réalités, il aspire à une république « ouverte », « nationale », au-dessus des partis. Il juge que l'autorité de l'Etat n'est pas contraire à la démocratie. Son gouvernement fut renversé au bout de soixante-quatorze jours le 26 janvier 1882. Jean-Marie Mayeur, professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne et à l'Institut d'études politiques, s'est consacré à l'histoire politique de la France contemporaine et à l'histoire de l'Eglise catholique contemporaine.
Comment s'est-il introduit dans les milieux gaulistes, comment s'est-il constitué un réseau influent, quels sont sa pratique et son style politique ? Comment s'est-il imposé ? Les études de ses relations avec les forces sociales, de son action dans la capitale et dans son fief cantalien permettent de saisir sur le vif cet acteur politique des années soixante et soixante-dix. SOMMAIREOuverture par Christian PonceletI -- L'avant 1958 : Introduction par B. Lachaise -- G. P. dans les années 30 par E. Naquet -- G. P. et le RPF par F. Turpin -- Les réseaux et les cercles d'amis de G. P. par B. Lachaise -- Témoignage par E. Burin des RosiersII -- Esprit pratique des institutions, mai 1958-1974 : Introduction par J. M. Mayeur -- G. P. et la logique de la Ve République par D. Maus -- Les relations entre le Premier ministre et le Président de la République par N. Castagnez Ruggiu et A. Leboucher Sebbab -- G. P. et le Parlement par P. Avril -- La culture politique de G. P. par O. Rudelle -- G. P. et la crise de mai 68 par R. Rémond -- Témoignage par J. Donnedieu de Vabres III -- G. P. et les forces politiques : Introduction par G. Le Béguec -- G. P. et les mouvements gaullistes par G. Quagliariello -- G. P. et les jeunes gaullistes par F. Audigier -- G. P. et la gauche par G. Morin -- G. P. les centristes et les modérés par G. Le Béguec -- G. P. et l'ouverture au centre par M. Montero -- Témoignage par E. Balladur IV -- La pratique politique de G. P. : Introduction par J. P. Cointet -- Le dialogue avec les forces sociales par S. Chauveau -- Le Cantal espace réservé ? par V. Pradier -- G. P. et la vie politique à Paris par P. Nivet -- Témoignage par P. Messmer Conclusion par Georges Henri Soutou
Dans la vie de la France contemporaine, peu de mots sont davantage chargés de passion que celui de laïcité. Peu de mots sont aussi davantage chargés d'ambiguïté, puisque le même terme peut désigner une idéologie militante, l'idée laïque, et la garantie juridique de la liberté des croyances, ou de l'incroyance, dans un Etat sécularisé. Peu de mots sont à la fois aussi chargés d'histoire et aussi présents dans les débats de notre temps. A propos de sujets comme les positions de l'Eglise en matière de morale, les obsèques du président François Mitterrand, la venue du pape en France, l'enseignement éventuel de l'histoire des religions à l'école, la question laïque affleure à nouveau, tel un morceau du vieux socle enfoui sous les sédiments de l'Histoire, et marque sa présence dans la France d'aujourd'hui. Est-ce à dire que les péripéties de cette histoire complexe soient connues, et que la portée de la notion de laïcité soit toujours pleinement perçue? Probablement pas, mais elle demeure un lieu du débat idéologique en même temps qu'un des fondements de la vie commune des Français. Elle commande, certes, les relations entre l'Etat et les confessions religieuses, et la situation de l'école, mais aussi maints autres aspects de la vie sociale. Professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne, Jean-Marie Mayeur est spécialiste de l'histoire politique et religieuse de la France contemporaine. Codirecteur de l'Histoire du christianisme (Desclée, 9 volumes parus), il a notamment publié La Vie politique sous la Troisième République (1984) et La Séparation des Eglises et de l'Etat (1991).