Jean-Marie Paresys
Jean-Marie Paresys
Un regard d'enfant fragile explore l'obscurité du monde, s'ouvre à la vie, s'en émerveille, s'abandonne à la paix divine, réconcilie la femme et l'ange, le clown et l'oiseau séraphique... Mais la parole qui s'élève ici est celle d'un poète sûr de lui, maître de sa forme, de son art. C'est avec une même aisance apparente qu'il exploite les ressources exigeantes du vers traditionnel et les charmes encore plus subtils d'une prose libre de ses ailes. Et si, placés sous l'invocation de Verlaine, frère de coeur et maître des rythmes, ces poèmes refusent la rupture entre passé et présent, ce n'est ni par obéissance, ni par puérile timidité. Un univers, une voix propre s'imposent dans ces paysages intérieurs, dans ces harmonies déchirées qu'un chant profond règle et compose. Voix unique et pleine d'échos... Voix du soleil et de la mort... Et musique portant le temps, portant les mots, portant les choses... La musique au-delà du vent... La poésie, est-ce autre chose ?
Sur le clavier de la poésie, avec grâce et harmonie, Jean-Marie Paresys exécute pour nous les arpèges que lui suggèrent ses rêves et ses espoirs. En des vers limpides, imprégnés de fraîcheur, de jeunesse, de joie de vivre, mais aussi de compassion, il nous offre les notes dominantes de ses chants intérieurs, qu'il unit en un accord subtil d'une grande musicalité.
Rares sont les poètes qui célèbrent le bonheur et la douceur de vivre. Jean-Marie Paresys est de ceux-là, même si son romantisme exalté se teinte parfois de mélancolie. Il illustre en d'harmonieuses variations verbales, qui reviennent comme les motifs obsédants d'une fugue, ses thèmes privilégiés : la magie du rêve, le sortilège coloré de la nature, le charme des femmes et des enfants, l'espoir en Dieu. Ses poèmes respectent, en général, la prosodie traditionnelle. Quelques-uns pourtant, de facture libérée, donnent la mesure de son originalité.