Jean-Paul Bouttes
Jean-Paul Bouttes
Après une longue période d'utilisation de l'énergie disponible qui ne permettait guère plus qu'une vie majoritairement précaire, les habitants des pays développés et émergents ont connu une progression rapide de leur niveau de vie couplée à une augmentation significative de l'énergie consommée (charbon et pétrole). La prise de conscience des impacts de la production de gaz à effet de serre sur le climat oblige pourtant à reconsidérer ce mode de développement. Comment satisfaire les besoins, notamment la demande légitime de rattrapage de niveau de vie des pays en développement, tout en modifiant radicalement notre consommation d'énergie ? Il faut repenser le système de développement dans son ensemble, prendre en compte les contraintes physiques et économiques, envisager les conséquences des changements d'utilisation de l'énergie, notamment sous forme d'électricité décarbonée, en termes d'atteintes à la biodiversité, d'occupation de l'espace, de consommation de matériaux et de contraintes géopolitiques. Pour que la solution ne soit pas pire que le mal, le diagnostic doit être rigoureux, étayé par des données scientifiques, en abordant de front les obstacles à surmonter. C'est à quoi s'attelle le deuxième ?volet de cette enquête de la revue La Pensée écologique (www.lapenseeecologique.com)
"Il y a aujourd'hui une nécessité absolue de transition énergétique, de production décarbonée et de prise en compte de la finitude des ressources indispensables à nos convertisseurs d'énergie, dans un contexte de dépendance de nos sociétés. En outre, nous devrons l'accomplir sous la pression d'accidents climatiques récurrents, de disparition accélérée de la biodiversité et de risques d'effondrements. Au terme de tout un parcours, interrogeant le rôle de la consommation d'énergie dans l'histoire, du paléolithique à la révolution industrielle en passant par les Grecs, pour en arriver à nos sociétés contemporaines, on constate que nous avons le choix entre des dispositifs industriels lourds en matériaux, écologiquement couteux. Nous devrons ainsi apprendre à conjuguer bien-être et sobriété. Pour faire nation et planète, il nous faut encore réapprendre à coopérer afin de conserver ces biens communs que sont le climat, la biodiversité et les ressources qui permettent à la vie de s'épanouir." Claude Colombini Frémeaux & Patrick Frémeaux JEAN-PAUL BOUTTES : Chef économiste et directeur de la stratégie et de la prospective à EDF. DOMINIQUE BOURG : Philosophe spécialiste des questions environnementales.