Jean-Paul Desprat
Jean-Paul Desprat
En mars 1703, sur l'ordre de son maître, le duc d'Orléans, Victor de Gironde part en ambassade à la cour pontificale d'Avignon pour défendre, auprès du nonce, les droits de la Princesse Palatine, mère du Duc. Autorisé à se dérouter par le Rouergue afin de revoir sa famille, Victor est mis au courant des projets d'un de ses cousins, l'abbé de la Bourlie. Celui-ci, par haine de Louis XIV, a entrepris d'associer, dans une insurrection générale du Midi, les catholiques mécontents et les protestants camisards en rébellion ouverte depuis août 1702. Parvenu en Avignon, Victor est brusquement appelé dans les Cévennes au chevet de son père mourant. Il entreprend alors de traverser le pays en guerre avec le chevalier de Carresse son ami qui n'est autre que le terrible marquis des Éperviers. À Gironde, sa maison natale, en Provence, puis en Languedoc, Victor devra déjouer bien des embûches, conjurer bien des périls avant d'atteindre « le camp des enfants de Dieu », où son pè
Lundi 19 novembre 1703, à Versailles : Victor de Gironde doit être présenté à la Cour parmi d'autres jeunes nobles. Au moment où violons et timbales annoncent l'apparition du cortège royal, les portes de la Galerie des Glaces imprévisiblement se referment. L'on apprend que Louis XIV vient de regagner ses appartements à l'annonce du décès du fameux prisonnier masqué de la Bastille, connu depuis sous le nom de « Masque de fer. » Dès le lendemain, Victor est lancé par ses maîtres, les frères de Thésut, en quête des traces laissées par le défunt qui se révèlent d'une importance capitale pour les droits dynastiques du duc d'Orléans. Pénétrant par un subterfuge à la Bastille, il va s'engager dans une minutieuse enquête qui le conduira à connaître des faits secrets survenus en 1638 à la cour de France et, en 1669, en Orient. La reconstitution de cette énigme, au dénouement stupéfiant, viendra à la fois des îles des Cyclades, de l'arsenal des galères de Marseille, mais aussi du paisible et imposant manoir de Carrouges, en Normandie. Là, Victor, écrasé par le poids de ce qu'il vient de découvrir, obligé de différer son mariage avec Clémire, au risque de la perdre, trouvera un moment refuge.
La personnalité de Danton a captivé de nombreux historiens, dramaturges ou cinéastes et, pourtant, elle reste une énigme.Était-il le joyeux compagnon, bon ami et bon père que décrivent unanimement ses proches ? Ou bien l'homme prêt à tout immoler pour le succès de la Révolution, jusqu'à encourager les massacres du 2-Septembre et machiner la mort du roi ? Autre hypothèse : peut-être a-t-il su, plus que tout autre politique en son temps, prendre le pouls du peuple révolutionnaire, accompagner les débordements mortifères de la multitude tout en évitant, sitôt après, d'être discrédité, taxé de lâcheté, dès lors que le retour à la raison s'avérait indispensable ?S'appuyant sur des sources inédites, l'auteur réévalue l'influence de Danton sur les grands événements révolutionnaires. Au fil des chapitres, nous découvrons ses stratégies, ses amitiés, ses trahisons et son ultime courage face à la mort. Cette biographie restitue toute l'humanité d'un homme souvent réduit à des clichés. Jean-Paul Desprat est un historien et romancier français, spécialiste des XVIIe et XVIIIe siècles. Il a publié des biographies remarquées, chez Perrin et Tallandier (Henri IV, Mme de Maintenon, Mirabeau...), et il est également l'auteur d'essais littéraires, de beaux livres et de sagas romanesques.
Écrits de main de maître, les actes successifs d'une tragédie qui emporta vers la mort un groupe attachant et inconscient d'enfants de la Révolution.Ils s'appelaient Vergniaud, Guadet, Gensonné, Manon Roland, Pétion, Brissot ou Barbaroux. Lamartine, dans son best-seller inoubliable, a transformé les Girondins en héros préromantiques, ce qu'ils n'étaient pas. Ces jeunes gens de province, en dépit de leur incapacité à s'unir en un parti, imbus de liberté et confondant les paroles et les actes, sont néanmoins parvenus à conduire la politique de la France du printemps de 1792 à celui de 1793, enjambant la chute de la monarchie et surtout le procès de Louis XVI, qui devait réfréner leur élan. En arrière de leur temps par une sociabilité héritée des Lumières et leur esprit élitiste, ils étaient en avance par leurs idées : état de droit, séparation du sacré et du profane, organisation constitutionnelle des pouvoirs publics. Incapables de résister à la pression radicale des Montagnards, refusant par orgueil de faire alliance avec Danton contre Robespierre, ils s'enfermèrent dans la certitude d'avoir raison. La chute de la Gironde, le 2 juin 1793, et l'exécution de ses représentants, le 31 octobre, fermèrent définitivement la perspective d'une évolution libérale, " à l'américaine ", de la Révolution.
L"aimée" du roi.L"aimée" du roi. Après le succès du livre de Françoise Chandernagor, la "vraie' biographie de Mme de Maintenon. Mme de Maintenon, c'est d'abord une destinée exceptionnelle : cette petite-fille du poète Agrippa d'Aubigné naît dans la cour d'une prison, épouse à 17 ans le poète Scarron et devient l'hôtesse du plus brillant salon littéraire de Paris. Cela lui ouvre - une fois devenue veuve en 1669 -, les portes de Versailles, où elle sera chargée de l'éducation des princes bâtards ; puis l'attention du roi, et enfin son coeur puisqu'elle l'épouse secrètement en 1683. Mme de Maintenon, c'est aussi un caractère complexe et contradictoire où se mêlent l'ambition, l'autorité, la dévotion, le goût du pouvoir et de l'éducation, la "tendresse et la sécheresse" qu'analyse en elle Fénelon. Mme de Maintenon, c'est encore une femme engagée dans le mouvement des Précieuses. Le combat qu'elle mène notamment dans l'oeuvre de Saint-Cyr offre aux jeunes filles de cette institution un accès à l'empire de la raison si longtemps refusé par les hommes. Femme sans appui, elle sait que le prix à payer est celui d'une réputation intacte et pratiquement d'un renoncement à l'amour. Or, Mme de Maintenon "... ne met point de bornes à ses désirs". Elle veut tout à la fois : la gloire, le salut chrétien et l'amour. D'où des échecs cinglants qu'elle ne masque qu'en reconstruisant pour les générations futures son personnage. "Je suis née franche, il m'a fallu dissimuler..." Pour la postérité, "... elle s'est peinte de dos". Ce livre est écrit "en face d'elle".
En cet automne 1702, Victor, fils du comte de Gironde, fuit la demeure de son père, resté protestant malgré l'injonction du roi. En route vers Paris, le jeune voyageur, ingénu autant qu'impétueux, a soif d'aventures. Sa rencontre avec le libertin chevalier de Carresse bouleverse bientôt sa vie de provincial : le voilà précipité au cœur des affaires royales et des intrigues politiques de la capitale... Jean-Paul Desprat, né en 1947, est historien et romancier. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur Henri IV et Mme de Maintenon et des romans Bleu de Sèvres et Jaune de Naples, disponibles en Points. " L'imagination de l'auteur tire sa force de sa formidable érudition. " Les Échos
Versailles, 1683. Louis XIV hausse les épaules lorsque son jeune cousin, Eugène de Savoie-Carignan, demande de pouvoir le servir dans ses armées. Eugène n'a rien d'un guerrier : il vient à peine de quitter le petit collet qui faisait de lui un ecclésiastique, il n'a jamais porté l'épée, il est de plus bossu et rachitique. Quant à sa mère, Olympe Mancini, elle a été gravement compromise dans l'« affaire des poisons ». Le Roi-Soleil vient pourtant de commettre l'une des plus funestes erreurs de son règne. Deux mois plus tard, Eugène est en Autriche. Il se met au service de l'empereur Léopold au moment où Vienne est assiégée par les Turcs. C'est le début d'une prodigieuse carrière d'un demi-siècle qui va faire de lui le généralissime des troupes impériales, le chef du Conseil de guerre, le gouverneur des Flandres et du Milanais et, surtout, le principal ennemi de Louis XIV. Toutes les pires défaites de la France jusqu'en 1710 seront le fruit de son génie tactique. Eugène, qui n'aura pas de descendance, est par ailleurs un intellectuel, aussi bien philosophe que théologien, lié aux principaux artistes de son temps, constructeur de palais gigantesques et magnifiques, tels le Belvédère de Vienne ou, aux frontières de la Hongrie, le Schloss Hof qui évoque Versailles. Une destinée éblouissante... mal connue en France pour cette simple et triviale raison qu'il fut notre ennemi et que nous n'aimons pas nous rappeler nos défaites, surtout lorsqu'elles nous sont infligées par un homme qui, comme Eugène, est né à Paris, en plein quartier des Halles. Jean-Paul Desprat est historien et romancier. Il est, entre autres, l'auteur d'ouvrages sur les bâtards d'Henri IV, Mme de Maintenon, Mirabeau, ainsi que de romans historiques publiés au Seuil entre 2006 et 2016 : la saga Bleu de Sèvres, Jaune de Naples et Rouge de Paris ; et Les Princesses assassines.
La personnalité de Danton a captivé de nombreux historiens, dramaturges ou cinéastes et, pourtant, elle reste une énigme. Était-il le joyeux compagnon, bon ami et bon père que décrivent unanimement ses proches ? Ou bien l'homme prêt à tout immoler pour le succès de la Révolution, jusqu'à encourager les massacres du 2-Septembre et machiner la mort du roi ? Autre hypothèse : peut-être a-t-il su, plus que tout autre politique en son temps, prendre le pouls du peuple révolutionnaire, accompagner les débordements mortifères de la multitude tout en évitant, sitôt après, d'être discrédité, taxé de lâcheté, dès lors que le retour à la raison s'avérait indispensable ? S'appuyant sur des sources inédites, l'auteur réévalue l'influence de Danton sur les grands événements révolutionnaires. Au fil des chapitres, nous découvrons ses stratégies, ses amitiés, ses trahisons et son ultime courage face à la mort. Cette biographie restitue toute l'humanité d'un homme souvent réduit à des clichés. Durée : 18H15
Cette biographie du plus populaire des rois de France, qui met à profit les avancées les plus récentes de la recherche, fait une large part à la marche au pouvoir (une bonne trentaine d'années...) et s'attache à connaître l'homme avec certes des faiblesses (les femmes, le jeu...) mais aussi et surtout avec des dons et des atouts éclatants (charisme personnel, culture humaniste, habileté voire ruse politique). Les réussites de son règne sont toutes issues de ces incroyables coups d'audace qu'ont été coup sur coup, en deux mois, en 1598, aboutissement de vingt ans d'effort, l'édit de Nantes et la paix des armes au-dedans et au-dehors. Henri IV, né en 1553, était encore enfant lorsque les premiers protestants furent assassinés et c'est dans la force de l'âge, quarante ans plus tard, qu'il allait rétablir la concorde, permettre au royaume de revivre. Sa vie entière aura donc été dédiée à dénouer l'écheveau des haines politico-religieuses, un destin dont il sera l'acteur et le martyr en 1610. « Seul de nos monarques dont le peuple ait gardé la mémoire » (Michelet), guerrier intrépide, doué d'un sens politique rare, orateur d'exception, aussi à l'aise dans la cabane d'un bûcheron que devant une assemblée houleuse, il est ce que nous appellerions de nos jours un « as en communication ». Ce sont ces aptitudes qui lui permettront, après la pacification, d'engager la monarchie vers l'absolutisme, autrement dit vers la toute-puissance royale et du coup vers le rayonnement français sur l'Europe. La clef du succès providentiel d'Henri IV réside enfin dans sa propension, fort rare en son temps, à la miséricorde et au refus de la vengeance. Il est l'homme qui pardonne. Profondément croyant mais animé depuis l'enfance de l'idée qu'on peut se sauver dans une religion comme dans l'autre, il pulvérise le mobile même du conflit et panse les plaies. Durée : 29H24
Cette nouvelle biographie du plus populaire des rois de France, qui met à profit les avancées les plus récentes de la recherche, fait une large part à la marche au pouvoir (une bonne trentaine d'années...) et s'attache à connaître l'homme avec certes des faiblesses (les femmes, le jeu...) mais aussi et surtout avec des dons et des atouts éclatants (charisme personnel, culture humaniste, habileté voire ruse politique). Les réussites de son règne sont toutes issues de ces incroyables coups d'audace qu'ont été coup sur coup, en deux mois, en 1598, aboutissement de vingt ans d'effort, l'édit de Nantes et la paix des armes au?dedans et au-dehors. Henri IV, né en 1553, était encore enfant lorsque les premiers protestants furent assassinés et c'est dans la force de l'âge, quarante ans plus tard, qu'il allait rétablir la concorde, permettre au royaume de revivre. Sa vie entière aura donc été dédiée à dénouer l'écheveau des haines politico-religieuses, un destin dont il sera l'acteur et le martyr en 1610. « Seul de nos monarques dont le peuple ait gardé la mémoire » (Michelet), guerrier intrépide, doué d'un sens politique rare, orateur d'exception, aussi à l'aise dans la cabane d'un bûcheron que devant une assemblée houleuse, il est ce que nous appellerions de nos jours un « as en communication ». Ce sont ces aptitudes qui lui permettront, après la pacification, d'engager la monarchie vers l'absolutisme, autrement dit vers la toute-puissance royale et du coup vers le rayonnement français sur l'Europe. La clef du succès providentiel d'Henri IV réside enfin dans sa propension, fort rare en son temps, à la miséricorde et au refus de la vengeance. Il est l'homme qui pardonne. Profondément croyant mais animé depuis l'enfance de l'idée qu'on peut se sauver dans une religion comme dans l'autre, il pulvérise le mobile même du conflit et panse les plaies.
Juillet 1652. Dans les derniers jours de la Fronde, le duc de Beaufort, petit-fils d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, tue en duel le duc de Nemours, son beau-frère. La mort du "beau Nemours" laisse ruinées Jeanne Baptiste et Marie-Françoise, ses deux filles. Élisabeth de Nemours, leur mère, va dès lors tout mettre en œuvre pour les marier. Jeanne Baptiste épouse le duc de Savoie, Marie-Françoise le roi du Portugal. Mais le sort semble s'acharner sur les deux princesses. Le mari de la première se révèle être un pervers couvert de maîtresses ; quant au roi du Portugal, la rumeur le dit fou à lier. Il faudra aux deux jeunes femmes toute leur force de caractère, dont elles ne manquent pas, mais aussi les leçons qu'elles ont tirées chacune de leur fréquentation assidue de l'école des Précieuses, pour se tirer d'une situation en apparence inextricable. Mais à quel prix ? À travers le roman tumultueux de ces deux princesses devenues mantes religieuses, l'auteur des Bâtards d'Henri IV fait revivre le Grand Siècle alors à son apogée, les hautes faits de sa noblesse, mais aussi sa violence et son goût du sang. Jean-Paul Desprat est historien et romancier. Il est, entre autres, l'auteur d'ouvrages sur les bâtards d'Henri IV, Mme de Maintenon, Mirabeau, ainsi que de trois romans historiques publiés au Seuil entre 2006 et 2013 : Bleu de Sèvres, Jaune de Naples et Rouge de Paris.
Issus des amours de Gabrielle d'Estrées et d'Henri IV, contemporains du Grand Siècle (1589-1715), trois couples de frères - César et Alexandre, Louis et François, Louis-Joseph et Philippe - accompagnent la montée de l'absolutisme, tantôt ravalés aux tréfonds de la disgrâce, un autre jour élevés au pinacle, déchirés par leur passion fraternelle. Henri IV les a portés très loin dans son affection, comme les fruits d'une passion dévorante. César et Alexandre n'avaient-ils pas hérité des qualités de coeur du Vert-Galant, de sa verve et de sa bravoure ? Persécutés par Louis XIII et Richelieu, exilés, puis remis en selle par Mazarin qui les unit à sa famille pour mêler son sang à celui des rois, les Vendômes dominent leur temps, admirés pour leur génie militaire, comme pour leurs vices. Avec l'érudition, la liberté de ton et l'insolence qui sied aux bâtards, Jean-Paul Desprat restitue l'histoire des Vendômes, ces princes de la main gauche dont l'épopée tient à la fois de la chanson de geste, du récit chevaleresque et du conte libertin.
1789 a figé l'image de Mirabeau en tribun de la Révolution. On oublie trop souvent la vie romanesque aux mille rebondissements qui fut la sienne avant son entrée en politique. Incarcéré au fort de Joux par lettre de cachet à la demande de son père en raison de son inconduite notoire, il parvient à séduire Sophie, la très jeune épouse du vieux président de la chambre des comptes de Dole. Il s'évade, l'enlève et ils s'enfuient tous deux jusqu'en Hollande où ils passent plusieurs mois dans des conditions assez précaires. Recherchés, poursuivis, ils sont arrêtés et reconduits en France. Mirabeau est prisonnier à Vincennes, Sophie dans un couvent. Grâce à quelques complicités, les deux amants parviennent à échanger une correspondance passionnée de 1777 à 1780. Cependant, malgré une captivité désespérante, Mirabeau reste un homme libre capable d'élargir son esprit aux dimensions du monde, tandis que Sophie ne fait que ressasser leur bonheur perdu. La rupture s'inscrit peu à peu entre les lignes.
Octobre 1789. Durement éprouvée par la fuite de sa riche et princière clientèle, la manufacture de Sèvres est saisie par la fièvre patriotique qui s'est emparée de Paris et gagne la France entière. La jeune Adèle Masson, qui s'est fait une spécialité de la peinture d'oiseaux sur porcelaine, s'emploie à trouver les moyens de sauver la fabrique qui, de royale, va bien vite devenir nationale. Elle peut compter sur son père, Anselme Masson, paralysé mais dont l'intelligence est demeurée intacte. Mais sur qui d'autre s'appuyer pour parvenir à ce but ? Sur Marie-Antoinette, encore influente, et que le parrain d'Adèle, Blanchot, ira visiter jusque dans sa prison du Temple ? Sur Mirabeau, le trublion, que son accord secret avec le roi a rendu immensément riche ? Sur Roland, ministre de Louis XVI, administrateur scrupuleux ? Sur Danton, enfin, ce jouisseur effréné qui semble vouloir oublier la Terreur pour ne plus songer qu'à l'amour et à la beauté ? Ce roman, le troisième et dernier d'une saga sur la porcelaine inaugurée par Bleu de Sèvres et poursuivie avec Jaune de Naples, nous convie à une traversée de la Révolution jusqu'à la chute de Robespierre. Ainsi sera bouclée la ronde de ceux qui, de la marquise de Pompadour aux plus sanguinaires des sans-culottes, ont été fascinés par l'éclat de l'or blanc, le kaolin, ce fruit miraculeux des richesses de la nature et du génie des hommes. Jean-Paul Desprat est historien et romancier. Il est l'auteur d'ouvrages sur Henri IV, Mme de Maintenon et Mirabeau, et de romans, dont Bleu de Sèvres (Seuil, 2006) et Jaune de Naples (Seuil, 2010).
Versailles, janvier 1760. Mme de Pompadour s'engage auprès de Louis XV à donner sous dix ans à la France une porcelaine plus belle que celle de Saxe, dont les secrets de fabrication demeurent jalousement gardés par les ateliers de Meissen depuis un demi-siècle. Au même moment, en Auvergne, Anselme et Mathieu Masson enterrent leur mère. Les deux frères décident de quitter le pays natal pour tenter leur chance à Paris. Anselme a reçu une solide formation scientifique et se passionne pour la minéralogie. Dans la capitale, il fait la connaissance de Marmontel, un dramaturge en vogue qui l'introduit dans le salon de Mme de Pompadour. Celle-ci charge Anselme de percer le secret des pâtes dures de Saxe, au profit de la manufacture de Sèvres. Commence alors une course au temps qui conduit notre héros à Strasbourg, où il se lie d'amitié avec Pierre-Antoine Hannong, héritier d'une dynastie de céramistes passés maîtres depuis peu dans l'art de la porcelaine dure. Mais déjà, autour d'Anselme et de Pierre-Antoine, les coups bas se multiplient, des espions sortent de l'ombre...
Printemps 1770. La jeune Marie-Antoinette devient dauphine de France. De Versailles, elle écrit régulièrement à sa sœur, Marie-Caroline, reine du royaume des Deux-Siciles, mariée à Ferdinand IV. Ce dernier a succédé à son propre père, Charles III d'Espagne, parti régner à Madrid après avoir rasé la manufacture de Capodimonte, près de Naples. Il a interdit à son fils de refaire de la porcelaine dans le petit royaume italien. Mais Marie-Antoinette et sa sœur décident de ne pas en tenir compte. À la fois rivales et complices, elles se lancent un défi : " Ma porcelaine sera plus délicate que la vôtre ! " La future reine de France, à la demande de Marie-Caroline, envoie à Naples Anselme Masson, de la manufacture de Sèvres, et son frère Eustache afin de ressusciter l'ancienne fabrique. Anselme devra aussi tenter de rapporter à Sèvres le savoir-faire italien. Mais, sur place, la situation se complique, car les espions espagnols sont bien décidés à faire respecter les ordres du terrible Charles III... Bleu de Sèvres nous avait fait vivre l'aventure de la Manufacture royale de Louis XV, Jaune de Naples, suite attendue, nous entraîne dans les péripéties napolitaines et romaines d'Anselme Masson, au coeur d'un XVIIIe siècle tumultueux et passionnant. Jean-Paul Desprat est historien et romancier. Il est l'auteur d'ouvrages sur Henri IV, Madame de Maintenon, Mirabeau, et de Bleu de Sèvres (Seuil, 2006).