Jean-Pierre Siméon
Jean-Pierre Siméon
"Je vivais comme vous dans ce monde contraire à lui-même, je veux dire se contrariant sans cesse, et j'étais comme vous effaré de ses enthousiasmes brutaux, toujours tombant dans leur propre vide. Mais j'ai refusé l'envoûtement. J'ai regardé haut. Et je vous retrouve ainsi, vous qui tenez la lampe, compagnes et compagnons des non de roc et du oui primordial."
Plongez dans Un non pour un oui, un recueil de 251 pensées-poèmes où Jean-Pierre Siméon, Grand Prix de Poésie de l’Académie française, offre une parenthèse lumineuse dans un monde brutal.
"Je ferai, oui, l'éloge de la poésie. Sans restrictions. Sans états d'âme. Parce que la poésie n'est justement pas le lieu de la demi-mesure. Je le ferai d'une voix pleine, vive s'il le faut. Parce qu'on ne peut admettre plus longtemps, n'est-ce pas, que les poètes, malgré les révérences qu'on leur fait de loin en loin pour se disculper de la désinvolture et de l'indifférence avec lesquelles on les traite ordinairement, soient renvoyés à leur étrange petit commerce particulier qui n'aurait rien à voir avec les affaires du monde. Je veux faire l'éloge de la poésie pour tous, non pas, voyez-vous, comme un agrément, un ornement de l'existence ou le partage de je ne sais quelle distinction supérieure : comme une nécessité vitale."
"Je ferai, oui, l'éloge de la poésie. Sans restrictions. Sans états d'âme. Parce que la poésie n'est justement pas le lieu de la demi-mesure. Je le ferai d'une voix pleine, vive s'il le faut. Parce qu'on ne peut admettre plus longtemps, n'est-ce pas, que les poètes, malgré les révérences qu'on leur fait de loin en loin pour se disculper de la désinvolture et de l'indifférence avec lesquelles on les traite ordinairement, soient renvoyés à leur étrange petit commerce particulier qui n'aurait rien à voir avec les affaires du monde. Je veux faire l'éloge de la poésie pour tous, non pas, voyez-vous, comme un agrément, un ornement de l'existence ou le partage de je ne sais quelle distinction supérieure : comme une nécessité vitale."
Et si la poésie était notre dernière boussole ? Dans La poésie sauvera le monde, Jean-Pierre Siméon défend avec passion l’urgence d’une parole libre et insoumise.
"Avenirs, donc. Un passage au pluriel pour dire une mutation radicale : depuis que l'homme pense, il a pensé, vécu, rêvé, agi face à l'Avenir, la perpétuelle continuation d'une ligne droite. Une marche dans l'éternité. Il n'y a plus d'éternité. Nous avons compris que la terre, l'humanité qui l'habite et le monde qu'elle a créé ont le destin de chacun d'entre nous : ils sont voués à la disparition. Mais chacun peut ou non hâter sa disparition. Autrement dit, il y a toujours devant nous au moins deux avenirs : le renoncement ou le courage de l'impossible. Cette sorte de courage dont la poésie est l'essai et l'éloge."
"Avenirs, donc. Un passage au pluriel pour dire une mutation radicale : depuis que l'homme pense, il a pensé, vécu, rêvé, agi face à l'Avenir, la perpétuelle continuation d'une ligne droite. Une marche dans l'éternité. Il n'y a plus d'éternité. Nous avons compris que la terre, l'humanité qui l'habite et le monde qu'elle a créé ont le destin de chacun d'entre nous : ils sont voués à la disparition. Mais chacun peut ou non hâter sa disparition. Autrement dit, il y a toujours devant nous au moins deux avenirs : le renoncement ou le courage de l'impossible. Cette sorte de courage dont la poésie est l'essai et l'éloge."
"Je sais bien que, s'agissant de poésie, qui veut mal de mort à la froideur du concept et à l'esprit de système, ce titre "Une théorie de l'amour", semble contrevenir au bon sens. Je tiens cependant que c'est trop rapidement en juger. La vérité est qu'aujourd'hui plus que jamais sans doute, la pensée du monde, de la vie et de ses circonstances, otage des machinologues en tout genre, s'asservit pour notre malheur à la souveraineté d'une abstraction qui s'épargne les démentis du réel. Seule objecte à mes yeux à cette emprise délétère ce que la poésie depuis toujours fomente : une compréhension des choses non surplombante mais impliquée, sensuelle assurément, qui a aussi pour moyen la main et le pied. La pensée dans le poème a du corps enfin, et c'est le corps du monde, et c'est le corps de chacun. En quoi elle s'accroît d'un souffle, d'un rythme, d'un dynamisme, pulsations du sang et du vent. Le poème réchauffe le concept et soumet la pensée au vivant contrordre que recèle la liberté native du réel. Mouvement perpétuel, mort du dogme. Il est temps de repenser poétiquement la vie." Jean-Pierre Siméon
"Je sais bien que, s'agissant de poésie, qui veut mal de mort à la froideur du concept et à l'esprit de système, ce titre "Une théorie de l'amour", semble contrevenir au bon sens. Je tiens cependant que c'est trop rapidement en juger. La vérité est qu'aujourd'hui plus que jamais sans doute, la pensée du monde, de la vie et de ses circonstances, otage des machinologues en tout genre, s'asservit pour notre malheur à la souveraineté d'une abstraction qui s'épargne les démentis du réel. Seule objecte à mes yeux à cette emprise délétère ce que la poésie depuis toujours fomente : une compréhension des choses non surplombante mais impliquée, sensuelle assurément, qui a aussi pour moyen la main et le pied. La pensée dans le poème a du corps enfin, et c'est le corps du monde, et c'est le corps de chacun. En quoi elle s'accroît d'un souffle, d'un rythme, d'un dynamisme, pulsations du sang et du vent. Le poème réchauffe le concept et soumet la pensée au vivant contrordre que recèle la liberté native du réel. Mouvement perpétuel, mort du dogme. Il est temps de repenser poétiquement la vie." Jean-Pierre Siméon
Les poèmes de ce "livre" sont à l'image de son titre : enthousiastes, volontaires, énergiques et entraînants. Croyant la poésie capable de sauver le monde, l'auteur exhorte le lecteur à se soulever dans la joie au-dessus de ses fragilités et de ses craintes, en manifestant sa foi en une poésie qui "réconcilie le rêve et l'action, le rêve et la réalité", comme l'écrivait Aimé Césaire à qui un vibrant hommage est rendu en épilogue. Qu'il passe de la célébration à l'exhortation ou entretienne des "dialogues intérieurs" avec des poètes étrangers et des villes traversées, c'est toujours la même voix qu'on entend, exaltée, militante, contagieuse et joliment maîtrisée.
Les poèmes de ce "livre" sont à l'image de son titre : enthousiastes, volontaires, énergiques et entraînants. Croyant la poésie capable de sauver le monde, l'auteur exhorte le lecteur à se soulever dans la joie au-dessus de ses fragilités et de ses craintes, en manifestant sa foi en une poésie qui "réconcilie le rêve et l'action, le rêve et la réalité", comme l'écrivait Aimé Césaire à qui un vibrant hommage est rendu en épilogue. Qu'il passe de la célébration à l'exhortation ou entretienne des "dialogues intérieurs" avec des poètes étrangers et des villes traversées, c'est toujours la même voix qu'on entend, exaltée, militante, contagieuse et joliment maîtrisée.
Il faut revenir sur ce curieux déroulement politique et en tirer des leçons. Ce livre analyse un fourvoiement. Il engage une réflexion pour sortir de l'impasse et opérer un retour vers une exigence fondamentale : faire ensemble de la politique.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Depuis sa création en 1945, aucun témoignage n'avait jamais filtré sur l'intérieur de l'ENA. Pour en connaître les secrets, il fallait en être sorti. Aujourd'hui, un ancien élève raconte : des experts de haut rang au service d'une pédagogie incohérente ; des lauréats triés sur le volet, infantilisés et abrutis par les règlements ; des ministres, des ambassadeurs, des préfets accessibles, mais pour la plupart incapables de rien transmettre ; une marche muselée, pleine de rumeurs, de contradictions, de calculs, de compétitions, de paranoïas... L'immersion est totale. Mois après mois, stage après stage, de Beyrouth à Bondy, de Brest à Tokyo, Olivier Saby raconte comment les énarques apprennent à capter le pouvoir. Derrière les murs strasbourgeois de cette ancienne prison pour femmes, peu de discussions sur l'avenir du pays, mais des pressions, des territoires convoités, la tragi-comédie du classement de sortie et un matricule pour la vie. Un témoignage qui se lit comme un roman, amuse comme une comédie, et qui laisse interdit. En couverture : Photomontage d'après © Michael Drager - Fotolia.com et © Getty Images / : Rubberball / Mike Kemp ; Tooga / Taxi ; Jonatan Fernstrom / Riser