Jean Ristat
Jean Ristat
Le lecteur désireux de découvrir Saint-Simon n'avait jusqu'ici d'autre choix que le décousu de l'anthologie ou la longue haleine de l'exhaustivité. La présente édition ouvre une troisième voie d'approche, en proposant de découvrir un petit bijou narratif : le récit, autonome au sein des Mémoires, des manoeuvres de cour menées par le mémorialiste lui-même pour sceller selon son intérêt et ses vues le destin conjugal du troisième petit-fils de Louis XIV. C'est une narration conduite tambour battant, pensée, construite et écrite comme un vrai roman - qui de surcroît est un roman vrai. On y découvre, trépidants de vie, un récit à suspens et rebondissements, une galerie de figures et de scènes burinées ou colorées, souvent drôles, parfois terribles, et surtout une leçon sur le pouvoir, ses intrigues et ses bassesses, ses triomphes et ses déceptions - une leçon sur l'art de monter une cabale (on dirait aujourd'hui un lobby) qui n'a pas pris une ride.
Poème de circonstance en quatre actes écrit pour célébrer la fondation de la République française.
Poème de circonstance en quatre actes écrit pour célébrer la fondation de la République française.
Qu'est-ce que la poésie ? Un connaisseur fort distingué, après avoir "lu" La perruque du vieux Lénine, a tranché "Ceci n'est pas du théâtre." Le déroulé cycliste n'est peut-être pas non plus de la poésie. Grand bien me fera-t-on à le proclamer : ce livre à été écrit dans la haine la plus farouche de la poésie ! et, s'il doit relever d'un genre, le romanesque lui convient mieux que tout autre. Je ne suis pas à une contradiction près et je n'aime rien tant que la liberté. Me voici donc devant cet immense chantier de mots comme un enfant devant le jouet qu'il vient de monter - en l'occurrence une bicyclette - un peu étonné de la performance, un peu déçu aussi, avec l'envie de tout balayer d'un revers de main et de recommencer. Pour voir ! Peut-être le résultat serait-il surprenant ? Mais que peut-on faire avec, par exemple, un guidon et une selle ? Un taureau ? Comme Picasso. Le monde est fait pour aboutir à une belle bicyclette. Je livre donc au lecteur une machine en pièces détachées avec les notices de fabrication.' Jean Ristat.
Qu'est-ce que la poésie ? Un connaisseur fort distingué, après avoir "lu" La perruque du vieux Lénine, a tranché "Ceci n'est pas du théâtre." Le déroulé cycliste n'est peut-être pas non plus de la poésie. Grand bien me fera-t-on à le proclamer : ce livre à été écrit dans la haine la plus farouche de la poésie ! et, s'il doit relever d'un genre, le romanesque lui convient mieux que tout autre. Je ne suis pas à une contradiction près et je n'aime rien tant que la liberté. Me voici donc devant cet immense chantier de mots comme un enfant devant le jouet qu'il vient de monter - en l'occurrence une bicyclette - un peu étonné de la performance, un peu déçu aussi, avec l'envie de tout balayer d'un revers de main et de recommencer. Pour voir ! Peut-être le résultat serait-il surprenant ? Mais que peut-on faire avec, par exemple, un guidon et une selle ? Un taureau ? Comme Picasso. Le monde est fait pour aboutir à une belle bicyclette. Je livre donc au lecteur une machine en pièces détachées avec les notices de fabrication.' Jean Ristat.
Ce livre a été écrit avec, sous la main, la correspodnace générale de LorsByron. Il s'agit pourtant d'un roman par lettres - où le narrateur raconte son éducation sentimentale. Il renoue et en découd avec la tradition d'un genre littéraire : de La Nouvelle Héloïse aux Liaisons dangereuses en passant par La Lettre volée d'E. Poe. Il y raconte quelques-uns de ses voyages nocturnes à Amterdam, Tunis ou Berlin. On peut considérer également que ce livre est un roman de la lettre : de A à Z, autrement dit, de l'alpahbet dont on sait qu'il fut signé par Aragon. Iic la démarche vise plutôt à lire à l'envers, à dénouer, maille après maille, le tricot de l'alpahbet et à déposséder l'auteur de sa signature.
Ce livre a été écrit avec, sous la main, la correspodnace générale de LorsByron. Il s'agit pourtant d'un roman par lettres - où le narrateur raconte son éducation sentimentale. Il renoue et en découd avec la tradition d'un genre littéraire : de La Nouvelle Héloïse aux Liaisons dangereuses en passant par La Lettre volée d'E. Poe. Il y raconte quelques-uns de ses voyages nocturnes à Amterdam, Tunis ou Berlin. On peut considérer également que ce livre est un roman de la lettre : de A à Z, autrement dit, de l'alpahbet dont on sait qu'il fut signé par Aragon. Iic la démarche vise plutôt à lire à l'envers, à dénouer, maille après maille, le tricot de l'alpahbet et à déposséder l'auteur de sa signature.
Jean Ristat réunit là un certain nombre d'articles publiés dans la revue Digraphe, Le Monde, L'Humanité ou Les Lettres françaises. Écrits avec la conviction qu'il faut transmettre au plus grand nombre le goût de la lecture, ils illustrent plus de cinquante années d'activité critique de l'auteur, dans les domaines de la littérature, de la philosophie et de l'art.
Jean Ristat réunit là un certain nombre d'articles publiés dans la revue Digraphe, Le Monde, L'Humanité ou Les Lettres françaises. Écrits avec la conviction qu'il faut transmettre au plus grand nombre le goût de la lecture, ils illustrent plus de cinquante années d'activité critique de l'auteur, dans les domaines de la littérature, de la philosophie et de l'art.
Illustré de dessins de Gianni Burattoni, ce recueil de poèmes se révèle comme une suite de variations sur l'alexandrin. Composé de trois mouvements, il s'ouvre sur l'Éloge funèbre de Jean-Louis Martinoty, visite Le pays des ombres puis se termine sur un ensemble inspiré par les Tableaux d'une exposition de Moussorgski.
Illustré de dessins de Gianni Burattoni, ce recueil de poèmes se révèle comme une suite de variations sur l'alexandrin. Composé de trois mouvements, il s'ouvre sur l'Éloge funèbre de Jean-Louis Martinoty, visite Le pays des ombres puis se termine sur un ensemble inspiré par les Tableaux d'une exposition de Moussorgski.
"Je ne sais si cette lettre vous parviendra un jour. Nous sommes l'un à l'autre inconnus et, pourtant c'est à vous que j'écris comme à un confesseur tendre et complice on livre son âme. Ai-je donc une âme ? et si, par extraordinaire, il se trouvait que j'en possédasse une, je la donnerais volontiers au diable pour l'amour de vous. Vous m'avez donc rencontré par hasard, au détour d'une promenade. Vous avez mis le livre dans la poche, négligemment, en pensant à autre chose. Par exemple à la couleur du ciel en cette fin de journée d'automne. Vous êtes allé sur les bords de la Loire. Vous marchiez à la rencontre du soleil, à son couchant, si bas en cette saison qu'on imagine qu'il va rouler dans le lit du fleuve comme la tête du guillotiné dans le panier d'un miroir. Le regarder vous a rendu aveugle. Vous vous êtes assis dans l'herbe ou sur un banc. Puis, peu à peu, le fleuve a pris feu comme une botte de paille et, à son tour, embrasé le ciel. Vous avez fermé les yeux et vous avez su alors que, vous aussi, étiez en train de brûler."
"Je ne sais si cette lettre vous parviendra un jour. Nous sommes l'un à l'autre inconnus et, pourtant c'est à vous que j'écris comme à un confesseur tendre et complice on livre son âme. Ai-je donc une âme ? et si, par extraordinaire, il se trouvait que j'en possédasse une, je la donnerais volontiers au diable pour l'amour de vous. Vous m'avez donc rencontré par hasard, au détour d'une promenade. Vous avez mis le livre dans la poche, négligemment, en pensant à autre chose. Par exemple à la couleur du ciel en cette fin de journée d'automne. Vous êtes allé sur les bords de la Loire. Vous marchiez à la rencontre du soleil, à son couchant, si bas en cette saison qu'on imagine qu'il va rouler dans le lit du fleuve comme la tête du guillotiné dans le panier d'un miroir. Le regarder vous a rendu aveugle. Vous vous êtes assis dans l'herbe ou sur un banc. Puis, peu à peu, le fleuve a pris feu comme une botte de paille et, à son tour, embrasé le ciel. Vous avez fermé les yeux et vous avez su alors que, vous aussi, étiez en train de brûler."
Pour l'auteur, Le Fil(s) perdu est une tragi-comédie. Le Lit de Nicolas Boileau et de Jules Verne un roman. Mais il est évident que Jean Ristat est avant tout un poète. Aragon le présente ainsi : 'Ce "nouveau", comme on dit au collège, est assurément de la lignée d'Isidore Ducasse, le Ducasse des "Poésies", et il me semble plus difficile d'en faire plus haut éloge... L'essentiel est que, dans ce monde où Lewis Carroll et Raymond Roussel demeureront les visiteurs du soir des gens de mon genre, soit aujourd'hui entré un nouveau voyageur, avec ce merveilleux regard de l'irrespect, du grand rire intérieur, et de cette désinvolture sérieuse qu'on appelle aussi la poésie.
Pour l'auteur, Le Fil(s) perdu est une tragi-comédie. Le Lit de Nicolas Boileau et de Jules Verne un roman. Mais il est évident que Jean Ristat est avant tout un poète. Aragon le présente ainsi : 'Ce "nouveau", comme on dit au collège, est assurément de la lignée d'Isidore Ducasse, le Ducasse des "Poésies", et il me semble plus difficile d'en faire plus haut éloge... L'essentiel est que, dans ce monde où Lewis Carroll et Raymond Roussel demeureront les visiteurs du soir des gens de mon genre, soit aujourd'hui entré un nouveau voyageur, avec ce merveilleux regard de l'irrespect, du grand rire intérieur, et de cette désinvolture sérieuse qu'on appelle aussi la poésie.
Une pièce de théâtre en vers et en prose mêlés, en six actes. Le sujet est emprunté à la fois à la mythologie grecque et au dix-neuvième siècle français. Tout d'abord, Persée, Hermès, Athéna, Héraklès, Tirésias évoquent la légende de Méduse. Puis apparaissent les héros historiques de la frégate La Méduse, en 1816. On les verra plus tard se déguiser en personnages mythologiques. Il y aura ensuite le naufrage. Les passagers s'entre-tuent, s'entre-dévorent. Au sixième acte, les survivants sont recueillis par un roi africain. Spectacle à machines, aux très nombreux personnages, délibérément provocant, avec une langue souvent crue, des passages obscènes et des scènes sadiques. C'est une oeuvre pleine de force où l'on retrouve la poésie propre à Jean Ristat, avec ses mots tronqués, mais aussi un grand souffle dramatique.
Une pièce de théâtre en vers et en prose mêlés, en six actes. Le sujet est emprunté à la fois à la mythologie grecque et au dix-neuvième siècle français. Tout d'abord, Persée, Hermès, Athéna, Héraklès, Tirésias évoquent la légende de Méduse. Puis apparaissent les héros historiques de la frégate La Méduse, en 1816. On les verra plus tard se déguiser en personnages mythologiques. Il y aura ensuite le naufrage. Les passagers s'entre-tuent, s'entre-dévorent. Au sixième acte, les survivants sont recueillis par un roi africain. Spectacle à machines, aux très nombreux personnages, délibérément provocant, avec une langue souvent crue, des passages obscènes et des scènes sadiques. C'est une oeuvre pleine de force où l'on retrouve la poésie propre à Jean Ristat, avec ses mots tronqués, mais aussi un grand souffle dramatique.
"La Perruque du vieux Lénine est une tragi-comédie qui renoue explicitement avec le théâtre baroque. À la différence de L'Entrée dans la baie et la prise de la ville de Rio de Janeiro en 1711, les personnages sont ici nommés. Ce texte qui mêle le vers libre, la prose et l'alexandrin a une visée politique. On peut le lire comme un drame de la jalousie, de l'attente ou de la folie. Il met en scène, entre autres, Lénine - coiffé d'une perruque - et quatre ouvriers discutant du rêve, de l'amour et de la révolution avec un jeune poète. Comment en finir avec la terreur d'être différent et par là séparé, croit-on, des autres ? J'allais dire, je dis encore, par le socialisme. Je sais : l'ordre moral règne sur les mondes capitalistes et socialistes, apparemment ici réunis, quoique sur des modes différents. La morale petite-bourgeoise traverse aussi la classe ouvrière. Mais faut-il en conclure qu'elle y trouve refuge comme dans un bastion où la pourriture et la décadence bourgeoises viendraient l'assiéger ? Cette "morale" mourrait ailleurs et ne se rendrait pas grâce à nous? Je le répète : la liberté ne se divise pas. Et les textes du Code pénal soviétique n'ont rien à envier à l'arsenal juridique des pays dits libres. Qu'est-ce que le socialisme sans la liberté d'aimer?' Jean Ristat.
"La Perruque du vieux Lénine est une tragi-comédie qui renoue explicitement avec le théâtre baroque. À la différence de L'Entrée dans la baie et la prise de la ville de Rio de Janeiro en 1711, les personnages sont ici nommés. Ce texte qui mêle le vers libre, la prose et l'alexandrin a une visée politique. On peut le lire comme un drame de la jalousie, de l'attente ou de la folie. Il met en scène, entre autres, Lénine - coiffé d'une perruque - et quatre ouvriers discutant du rêve, de l'amour et de la révolution avec un jeune poète. Comment en finir avec la terreur d'être différent et par là séparé, croit-on, des autres ? J'allais dire, je dis encore, par le socialisme. Je sais : l'ordre moral règne sur les mondes capitalistes et socialistes, apparemment ici réunis, quoique sur des modes différents. La morale petite-bourgeoise traverse aussi la classe ouvrière. Mais faut-il en conclure qu'elle y trouve refuge comme dans un bastion où la pourriture et la décadence bourgeoises viendraient l'assiéger ? Cette "morale" mourrait ailleurs et ne se rendrait pas grâce à nous? Je le répète : la liberté ne se divise pas. Et les textes du Code pénal soviétique n'ont rien à envier à l'arsenal juridique des pays dits libres. Qu'est-ce que le socialisme sans la liberté d'aimer?' Jean Ristat.