Jean-Yves Lacoste
Jean-Yves Lacoste
La question du temps et de l'histoire est la plus haute question de la philosophie et de la théologie contemporaines. Ce livre n'impose pas des catégories philosophiques à des réalités théologiques, ni l'inverse. Mais, en faisant se féconder mutuellement les deux disciplines, il esquisse une logique temporelle de l'expérience chrétienne qui pose des questions fondamentales : peut-on penser vivre un présent qui échapperait au souci qui l'inquiète et le précipite vers le futur ? Peut-on penser (et vivre) une espérance qui passe par la médiation d'un acte de mémoire ? L'être-vers-la-mort est-il le cadre indépassable d'une pensée de l'homme ? Quelle pensée peut-elle laisser la mort être le dernier fait sans la laisser dire le dernier mot ? Comment peut-on loger dans un authentique être-dans-le-monde des modes d'existence qui contestent que l'être-dans-le-monde soit la dimension ultime de l'humanité de l'homme ?
Et si l'expérience de l'absolu redéfinissait notre humanité ? Expérience et Absolu de Jean-Yves Lacoste interroge, à la croisée de la phénoménologie et de la théologie, ce qui se joue quand l'homme ne se contente plus de penser Dieu.
À la croisée de la philosophie et de la théologie, Le Monde et l'absence d'œuvre interroge notre rapport au monde, à l'art et à l'urgence de la pensée. Une exploration exigeante des marges où se jouent les expériences les plus intenses.
Et si la pensée pouvait s'affranchir des limites de la métaphysique ? Recherches sur le dire et le voir explore, à travers cinq études percutantes, comment l’intuition et le langage ouvrent des mondes insoupçonnés.
Il était illusoire de penser que la philosophie de l'histoire était possible. L'histoire, parce qu'elle est inachevée, ne peut être pensée en totalité sauf en débordant sur le territoire de la théologie (seul le point de vue divin permettrait de voir les fins dernières de l'homme et du monde). L'échec des philosophies de l'histoire permet-il de penser enfin l'histoire de manière purement philosophique ? Jean-Yves Lacoste nous invite à modifier notre regard et dans un premier temps à limiter les prétentions de la philosophie. Pour ce faire, il invite à réconcilier le temps de l'histoire et le temps vécu. Puisque l'histoire en sa totalité nous est inaccessible, il faut prendre toute la mesure du temps tel que je le vis et que nous le vivons. Ce temps vécu se déploie comme une histoire, celle que je suis et celle que nous sommes. Nous ne pouvons prétendre comprendre l'histoire, ou du moins tenter de le faire, qu'en prenant en compte ce temps de l'expérience qui est essentiel pour rendre l'histoire intelligible.
Peut-on fournir une théorie linguistique du vrai sans la lier à une approche phénoménologique ? L'approche phénoménologique, symétriquement, n'appelle-t-elle pas l'aide d'une théorie linguistique de la vérité ? Sans entrer dans les débats qui opposent entre elles les théories linguistiques, en admettant d'autre part que la phénoménologie, surtout chez Husserl, a renouvelé notre intelligence de l'intuition, le livre propose d'en finir avec une opposition stérile. Le vrai est affaire d'intuition et il est affaire de diction. L'alliance de l'une et de l'autre permet d'éviter tout repli sur des théories linguistiques plates sans laisser régner une intuition dépourvue de contenu sémantique.