Jérôme France
Jérôme France
En 21 après Jésus-Christ, des nobles gaulois se soulevèrent contre l'empereur Tibère César. Écrivant un siècle plus tard, l'historien romain Tacite livre dans les Annales un récit qui est quasiment notre seule source sur cet événement. Il raconte la prise d'armes de Florus chez les Trévires et celle de Sacrovir chez les Éduens. Il révèle la répression brutale menée par les légions du Rhin, assistées d'auxiliaires gaulois, mais aussi les inquiétudes à Rome et la réaction de Tibère, dont il dresse un portrait sans fard. Plusieurs choses surprennent dans cette révolte, qui se produit dans le contexte troublé de la succession d'Auguste et du début du règne de Tibère. Un contexte marqué aussi par l'échec de la coûteuse guerre de Germanie, qui pesa durant trente ans sur les ressources de la Gaule. À travers une explication du récit de Tacite, ce livre en aborde tous les aspects. Il se penche sur les acteurs, leurs motivations et le déroulement des faits, en faisant appel aux acquis récents de la recherche archéologique. Par ailleurs, et grâce à l'apport des études textuelles, il le replace dans l'oeuvre de Tacite ainsi que celle d'autres auteurs, et s'efforce de décrypter les intentions narratives du plus fascinant des historiens romains. Avec cette enquête qui est aussi un voyage dans la Gaule annexée par Rome, l'histoire de la révolte de 21 ouvre une réflexion sur la « paix romaine » et ses limites.
La conquête romaine est un fait majeur de l'Antiquité. Pourtant, la dimension fiscale de cette histoire, bien que tout à fait essentielle, n'a jamais donné lieu à une étude particulière et approfondie. C'est chose faite avec ce livre, appelé à devenir un ouvrage de référence. Comment la cité de Rome a-t-elle utilisé l'arme fiscale pour mobiliser des capacités militaires et financières sans équivalent pour l'époque ? Peut-on mesurer ce que la conquête a rapporté et quel a été son coût ? Les Romains n'ont-ils fait que mener une entreprise de pillage à grande échelle, ou bien se sont-ils efforcés de construire un empire dans lequel le consentement fiscal a eu sa place, dans le droit fil de leur expérience civique ? Par quels moyens, enfin, ont-ils réussi à concilier l'adhésion des populations sujettes avec le maintien de leur rente fiscale ? Ce sont autant de questions, parmi bien d'autres, auxquelles Tribut apporte une réponse. C'est donc dans une enquête captivante que le lecteur est conduit, revenant sur nombre d'idées reçues et débouchant sur une vision inédite de l'Empire romain. Plus largement, ce livre s'adresse aussi à tous ceux qui, à travers l'ensemble des périodes historiques, s'intéressent à l'analyse des grands régimes de domination.
La Guerre civile de Lucain, plus souvent appelée la Pharsale, n'a pas cessé de susciter le débat. Écrite par un tout jeune homme, qui est mort dans la tourmente de la terreur néronienne avant d'avoir pu la terminer, cette épopée sans dieux, où s'affrontent des citoyens romains dans un débordement inouï de violence, pose des questions de différents ordres : littéraire, esthétique, philosophique, historique. Après les lectures « déconstructivistes » des années 1970-1980, qui présentaient une vision éclatée de l'oeuvre, où le lecteur était seul responsable du sens, le présent ouvrage se propose d'ancrer l'interprétation dans la réalité historique et littéraire de l'époque néronienne, sans se priver de recourir aux méthodes de la critique contemporaine. Trois grandes parties, « Histoire et création littéraire », « Idéologie, ordre et désordre » et « Aspects historiques et symboliques », permettent d'aborder les questions majeures que sont la transformation du genre épique, la relation entre récit épique et récit historique, le traitement du problème politique, la présence du féminin, l'expression littéraire de la violence et de l'horreur, l'omniprésence de la rhétorique (discours et sentences). Sont aussi envisagées les grandes figures de l'épopée, César, Pompée, Caton, mais aussi Domitius, sans oublier les foules anonymes. Enfin un traitement plus particulier est fait à certains épisodes majeurs, comme le passage du Rubicon, certains espaces comme l'Afrique, certains morceaux canoniques, comme les catalogues ou les descriptions. La volonté des auteurs a été de ne pas séparer le questionnement historique et idéologique des problèmes de l'expression et de la forme, afin de rendre compte au plus près de la puissance de cette poésie fulgurante.
Synthèse de douze siècles d'existence, cet ouvrage présente un bilan historique, politique et social des Gaules (transalpine, cisalpine, chevelue), de l'indépendance du VIe siècle avant J.-C. jusqu'à la naissance de la Francia mérovingienne au VIe siècle de notre ère. Née de la volonté de Rome - à laquelle des liens privilégiés l'attachèrent longtemps -, la « nation gauloise » constitua pendant plusieurs siècles un État tampon entre l'Empire et les barbares. Provincia dans l'Empire chrétien du ive siècle, avec la chute de ce dernier, elle voit s'effondrer les frontières qui contenaient les poussées de ceux qui deviendront ses nouveaux maîtres : Wisigoths puis Francs, annonciateurs d'un nouvel ordre soutenu par une christianisation toujours plus profonde et influente. Structures administratives, religieuses, économiques et de société sont ici étudiées chronologiquement, accompagnant les mutations politico-militaires de ces siècles d'intense bouleversement des frontières, des mentalités et des idées.
Les institutions romaines sont la clé de compréhension d'une civilisation qui, de la Cité des origines jusqu'à l'Empire universel, a su s'adapter à des contextes et à des régimes politiques nouveaux. L'ouvrage présente en termes clairs et de façon synthétique les cadres institutionnels de la Rome antique sur plus de dix siècles (Royauté, République, Empire). L'expansion extraordinaire de l'Empire romain a imposé la mise en place de structures administratives et légales inédites, portées par les agents du pouvoir, de Rome aux plus reculées des provinces, qui pourtant ne résisteront pas aux périodes de trouble et à l'anarchie des IIe et IVe siècles.
Cette synthèse, deuxième opus du panorama de la Rome antique, propose un outil de travail méthodologique et inédit qui répond parfaitement aux besoins spécifiques des étudiants. Jérôme France propose un véritable complément aux cours et aux manuels de référence accompagné d'un choix de documents les plus significatifs, de plans de dissertation,d'une chronologie, d'un glossaire et de sources livresques et informatiques.
Quel était le modèle impérial romain ? Pour répondre à cette question, les auteurs ont puisé dans les sources et livrent ici plus de trois cents documents - textes tirés des oeuvres des auteurs anciens, inscriptions, papyrus, ostraca et monnaies - traduits et présentés, dont beaucoup sont issus de découvertes récentes. À travers eux, la parole est donnée à tous les habitants de l'Empire, hommes et femmes, provinciaux des villes et des campagnes, d'Orient et d'Occident, notables et petites gens, mais aussi aux responsables et aux agents du pouvoir romain, au Sénat, à l'empereur lui-même, aux dignitaires comme à la foule subalterne des soldats et des fonctionnaires de cette immense machine. Ainsi sont évoqués tous les aspects de la relation singulière établie entre Rome et les différentes communautés provinciales, depuis la conquête et l'intégration jusqu'à la romanisation, voire l'assimilation, et la participation des populations locales à la gestion de l'Empire. Au bout du compte, c'est un système original d'impérialité qui apparaît au fil de ces pages dans lequel l'hégémonie volontiers brutale du centre était tempérée par l'association des périphéries à un destin commun. Guillaume Flamerie de Lachapelle est maître de conférences de latin à l'Université de Bordeaux 3. Jérôme France est professeur d'histoire ancienne à l'Université de Bordeaux 3 et membre senior de l'Institut universitaire de France. Jocelyne Nelis-Clément est chargée de recherches au CNRS. Tous trois sont rattachés à l'Institut Ausonius (UMR 5607 Université de Bordeaux 3 - CNRS).