Jérôme Noirez
Jérôme Noirez
Jason, adolescent me¿diocre surnomme¿ Brainless, habite Vermillion, petite ville du Dakota du Sud ou¿ la jeunesse s'ennuie. Tous les jours, Brainless se fait une injection de formol, pour ne pas pourrir. Depuis qu'il est mort, e¿touffe¿ par une ingestion massive de mai¿s, les deux he¿misphe¿res de son cerveau peinent a¿ com- muniquer. Son estomac ne dige¿re que de la viande crue. Il a cesse¿ de dormir et de respirer. En dehors de cela, son quotidien n'a pas beaucoup change¿ depuis qu'il est atteint du SCJH - le syndrome de coma ho- me¿ostasique juve¿nile, une nouvelle maladie touchant les adolescents, de plus en plus re¿pandue aux E¿tats- Unis - depuis qu'il est un zombie, autrement dit... Il lui arrive seulement, de temps a¿ autres, de se deman- der quel gou¿t a le cerveau humain. Mais parmi ses camarades de classe, certains ont des projets bien plus macabres.
Dans le quartier des femmes de la prison de San Quentin, une jeune fille de dix-sept ans attend le jour de son exe¿cution. Elle s'appelle June, a une bouille d'ange, parle avec maladresse et timidite¿. Elle raconte ce qui l'a mene¿e la¿, sur la desolation road, la route de la de¿solation qu'on emprunte un jour et qu'on ne peut plus jamais quitter : une passion absolue, de¿chirante pour un garc¿on nomme¿ David, une histoire d'amour ponctue¿e par le vol, le kidnapping et le meurtre a¿ travers la Californie de la Grande De¿pression, en compagnie des parias, des criminels et des fanto¿mes. Quand le journaliste venu l'interviewer demande a¿ June ce qu'est l'amour a¿ ses yeux, elle re¿pond : " De la poussie¿re et des e¿toiles, monsieur. " Le long de la desolation road, il n'y a rien d'autre a¿ contempler.
" Tu sais ce qui arrive quand ta soeur boude ! Le soleil disparaît ! Un terrible hiver commence ! Et même les dieux tremblent de froid !- J'm'excuse, papa... J'voulais pas...- Tais-toi ! Je ne veux plus rien entendre ! Pour te punir de ta stupidité, poursuit le géant, je te bannis de Takamaga-Hara ! Tu vivras parmi les mortels, et ce durant sept années.Oh non, ça craint, murmure Susanowo entre ses dents. "La jeune déesse Sû, trois ans et demi, est une fan absolue de la chanteuse pop Megumi.Après une énième dispute avec son petit frère Susanowo, Sû, kami du soleil, s'est enfermée chez elle avec son fidèle tanuki. La Terre est peu à peu envahie par le froid.Les deux déesses, Omoikane (celle de la sagesse, passablement déprimée) et Uzumé (celle de la gaieté, fêtarde impénitente), qui jusque-là ne s'adressaient pas la parole, sauront-elles trouver la solution pour lui rendre le sourire ? Et ranimer ainsi la vie sur Terre ?
À la nuit tombée, Joliot de Lourche part à la recherche des gobes féeriques. Seules ces petites pelotes expectorées par les fées peuvent guérir ses maux. C'est que Joliot souffre d'une maladie incurable, la vieillesse. À cela, nul remède mais seulement ce soulagement procuré par ces gobes. Alors voilà le vieil homme à la chasse aux fées dans les dédales de la ville, entre viescusines, myrmeciens, orveilins et autres créatures hantant les maisons délabrées...
Ô lecteur, lis avec attention les conseils que prodigua Barugal à son épouse Corance, sachant sa fin proche. Mises en garde et préceptes pour occire l'infâme comte Rateveul, tyran en herbe du comté d'Hastivel, pour se débarrasser du chevalier d'Orgolhs aux forfaits aussi innombrables qu'innommables depuis les siècles qu'il arpente le royaume, et pour faire ravaler son acte de naissance à l'ignoble chanoine Fauperdieux, qui n'a de divin que le nom - et soulager ainsi les maux du monde.
De partout dans le royaume suinte la Technole, monceaux nauséabonds de déchets, de plastique et de bitume qui, en un autre temps, firent la gloire des hommes. Désormais, on ramasse cette Technole dans l'espoir d'y trouver la perle rare. À Caquehan la noire, sinistre capitale du royaume, l'officieur de justice Obicion est confronté à une énigme. À l'endroit où est apparu la Technole pour la première fois, on vient de découvrir un cadavre. Une jeune fille, énuclée, égorgée. Et dont les os sont de plastique. Dans le même temps, pour sauver sa tête, la belle Malgasta de Sponlieux est contrainte d'accepter un contrat : occire l'intrigante Dame Plommard. Mais comment tuer une personne dont le corps est rempli... de polystyrène ? Et puis il y a le poète Jobelot, qui n'a qu'un étrange mot à la bouche : Charnaille... Un nom qui éveille des échos du mystérieux En-Dessous. Ainsi débute Féerie pour les ténèbres, premier roman de Jérôme Noirez, fresque rabelaisienne où la fantasy est contaminée par la société de consommation.
Quelques mois après les événements narrés dans Le Sacre des orties... Les troupes de l'inquisition de Sainterel se sont mises en marche vers la région du Centre, avec la ferme intention d'en extirper l'hérésie, si nécessaire au moyen des treize odieuses reliques de l'empereur Chincheface. L'ancien officieur de justice Obicion se dresse contre la féroce inquisition, mais il semble bien être le seul. Quant à Malgasta et Ostre l'ourselet, ils ont tous deux fort à faire, surtout lorsqu'un triple crime vient bouleverser l'ordre des choses. Ailleurs, l'inconsolable petite Grenotte fait de la somnabulation et plonge dans l'En-Dessous, toujours plus profond, en direction du fin fond du fond... Et quelque part dans ces profondeurs insensées se réveille de nouveau l'empereur des moignons Chincheface, également connu sous le nom honnis de Charnaille, et bien décidé à récupérer ce qui est sien : le trône. Suite directe du Sacre des Orties, Le Carnaval des Abîmes est l'épique conclusion du triptyque entamé par Féerie pour les ténèbres.
La nuit à l'orphelinat, lorsque Grenotte et Gourgou n'arrivent pas à dormir, le vieux Jectin leur raconte des histoires horribles, comme celle du Grand Mâchouilleur, insaisissable criminel à la bouche démesurée qui terrorisa tout le royaume de Caquehan et qui ne laissait de ses victimes rien d'autre que des corps affreusement mâchonnés... Rien de tel pour retrouver le sommeil !
Apparue de nulle part, une route égare les camionniers du royaume. Une expédition est montée pour en élucider le mystère - une aventure qui mènera le féeur Quiebroch, Ostre l'ourselet et Mesvolu le rioteux jusqu'aux Brolhs du Sud, territoire dont personne n'est jamais revenu. Ailleurs, bravant les flots de l'Hibondière, l'intrépide Malgasta vogue avec le capitaine Lentise en direction de l'île d'Eschamat, où une monstruosité décime les sujets du roi et réclame Estrec de Gourios. Ce dernier gît dans une chambre du palais royal, où il vertige de plus en plus profondément dans l'En-Dessous tandis que son corps fusionne davantage chaque jour avec la Technole et croît de manière incontrôlable. Et voilà que les antennes radio de sa carcasse se mettent à capter les réminiscences les plus nauséabondes d'un monde qui pourrait bien être le nôtre. Sans oublier Grenotte et Gourgou, les deux garnements inséparables, qui vont entamer une dangereuse odyssée au pays des esmoignés, des ossifiés et des fraselés. Paru en son temps sous le titre Les Nuits vénéneuses, Le Sacre des Ortiesest le deuxième volet de la trilogie Féerie pour les ténèbres, fresque tenant autant de Jérôme Bosch que de François Rabelais.
On a dressé une porte au centre du village de Noirquin. Elle n'ouvre ni ne ferme rien, cette porte, mais elle grince - et mieux vaut ne pas se demander pour qui elle grince. Cette porte, c'est celle du borelier porte porte, l'exécuteur royal, venu en ce triste patelin pour procéder au châtiment par gonds et par verrou d'Escrail le Dentard, coupable d'un acte inavouable perpétré sur la petite Muçaille. Muçaille qui ne cessera de se demander pour qui grince les gonds...
Dormez tranquillement, bonnes gens d'Hastivel, car le Garde-d'ombre veille sur vos nuit. Sa massue à la main, il fait fuir voleurs et truands, monstres à l'occasion - tout ce qui hante les ténèbres. Ce qui se trame durant le jour, il ne peut le voir, depuis que quelque maladie l'a rendu inapte à percevoir la lumière du soleil. Un soir, voilà le Garde-d'ombre du côté de l'unique pont de la ville. Ce qui se cache la nuit sous le pont, ratruandière ou gobe-muçotte, est fort affreux. Mais ce qui va de jour sur le pont peut l'être plus encore.
De partout, l'En-Dessous vomit la Technole. Sans que l'on sache pourquoi, sourd cette bouillie toxique et nauséabonde qui, en un autre temps, dans un univers bien différent, fit la fierté des hommes, le symbole même de leur domination sur le monde. Des hommes qui, aujourd'hui, exploitent les rebuts de cet univers disparu, mythique, dans des gisements à ciel ouvert aux allures de décharges en quête des oripeaux d'une gloire révolue... Dans les rues de Caquehan la noire, capitale tentaculaire du royaume, Obicion enquête. Et l'officieur de justice a fort à faire. Le crime est odieux. Une jeune fille. Une adolescente. énucléée. Gorge tranchée ouverte en croix. Là où, précisément, pour la première fois, la Technole fit son apparition... Et à l'horreur s'ajoute l'étrangeté la plus absolue car très vite, il s'avère que les os de la victime sont en... plastique. Ainsi débute Féerie pour les ténèbres, oeuvre gigantesque, drôle et cruelle, aussi épouvantable qu'attendrissante, un monstre littéraire unique, manière de rencontre improbable entre François Rabelais, Lewis Carroll, Jérôme Bosch et Louis-Ferdinand Céline, à travers laquelle Jérôme Noirez tisse une cartographie romanesque saisissante, un objet littéraire démesuré. Si Féerie pour les ténèbres fut initialement publié en trois parties, la présente édition, définitive, propose en deux forts volumes dans la collection « Kvasar » l'intégrale de l'oeuvre complètement révisée par l'auteur, soit trois romans, auxquels s'ajoutent, et ce pour la première fois, six longues nouvelles...