Joseph Danan
Joseph Danan
Thomas, entre Genève et Paris, joue avec le destin et les cœurs d’Agathe et Marie. Mais quand la jeune Loretta s’engage sans retour dans un monde interlope, le fragile équilibre bascule. Un drame moderne où le hasard n’épargne personne.
Une pièce de théâtre courte et percutante, où l'élégance de l'écriture rencontre la violence sourde d'un crime antisémite et d'une réflexion sur la science sans conscience.
Jean-Pierre Sarrazac et Joseph Danan livrent leurs exercices pratiqués depuis de nombreuses années en atelier d'écriture, exercices précis et nourris de nombreuses références littéraires. Ils exposent aussi leur conception de l'écriture.
Dans cet essai critique, Joseph Danan fait le bilan des mutations en cours du texte dramatique. Si l'objet textuel a été transfiguré par la scène au cours des dernières décennies, tour à tour "matériau" ou simple "partition", l'auteur constate qu'il cristallise les tensions d'un monde théâtral en quête de sa définition univoque.
Jojo, un enfant rêveur et imaginatif, s'invente des dizaines de rôles qu'il endosse avec sérieux et les mises en scène qui vont avec : une opération chirurgicale, un accouchement, une conférence de presse, une fugue, une mort dans la pampa... Mais ses créations étonnantes se finissent toutes par une gifle que lui colle sa mère.
Agitant son petit théâtre de marionnettes, Papa joue l'histoire de l'humanité devant les yeux rieurs de son Bébé. 3 personnages / 1 h 10
Auren a onze ans, pas de papa, une maman et des copains. Par dépit amoureux, il se métamorphose en meurtrier : le dentiste-castor, le grand lézard, le contrôleur-homard et l'inspecteur-pingouin en feront les frais.
Livre-puzzle singulier et puissant, déclinaison moderne d'un ancien mythe de démembrement et de renaissance qui parle aujourd'hui encore à notre imaginaire, "Les papillons d'or" se présente d'abord comme un jeu. L'auteur nous y invite à réécrire ensemble la geste d'Osiris, à reconstituer le corps morcelé du dieu et du Livre, à rechercher sans cesse, texte crypté, la pièce manquante...
Le théâtre de la pensée se révèle une exploration, la plus large possible, des dramaturgies modernes et contemporaines, menée selon le point de vue - dont la rigueur ne se dément jamais - des équivalences dramaturgiques et scéniques du monologue intérieur d'origine romanesque (Artaud, Bob Wilson sont largement traités et le devenir-scénique de l'oeuvre dramatique toujours pris en compte). Ce livre prend ainsi sa place - que je veux croire importante - dans une recherche, à l'origine de laquelle se trouve Peter Szondi et sa Théorie du drame moderne, sur la crise de la forme dramatique - en particulier sur les conditions de sa subjectivisation au XXe siècle. Ce qui aurait pu devenir un livre à thèse, redoutable d'abstraction, se révèle à la lecture le récit plein de suspens, d'épisodes et de retournements, d'une véritable exploration ou "traversée" des dramaturgies modernes et contemporaines... C'est que Joseph Danan a, en quelque sorte, fictionné la théorie et pratiqué sur son corpus énorme et disparate comme ses maîtres Meyerhold et Eisenstein dans leurs réalisations artistiques, je veux dire par montage... Jean-Pierre Sarrazac
« ... sans bien me rendre compte de ce que je faisais, comme s'il y avait entre moi et le monde l'écran où se déroulait un film, ou mieux, comme si j'étais devenu tout à coup le personnage d'un film, je m'armai d'une bouteille de whisky que je venais de vider, et, comme évoluant dans un univers qui eût été constitué de façon dominante par la musique au détriment de ses autres dimensions, j'emboîtai le pas à l'étrange apparition. Il ne m'est plus possible de continuer à raconter cette histoire à la première personne. » Interrogation sur le réel et les possibles, sur le hasard et la nécessité, Déplacements incertains reparcourt un des mythes les plus parlants de la littérature moderne, celui du voyage dans le temps - voyage aussi dans la mémoire - écho de l'éternel rêve d'Orphée.
La dramaturgie recouvre deux sens : l'un concerne ce qu'écrit l'auteur dramatique, l'autre a un objet d'étude qui ne cesse de s'élargir, lié
L'histoire commence toujours après la fin : on le sait bien. C'est donc au lendemain que commence la pièce : lendemain de fête et de liesse, 13 juillet 1998, un pays célèbre une victoire sportive comme jadis une conquête militaire, dans l'illusion d'une union qu'on prétend sacrée. Sadwell Hall, lui, a choisi cette nuit pour disparaître. On est le lendemain de ce mystère autour duquel s'agrègent les énigmes, et d'abord celle-ci : qui est-il ? On sait seulement qu'il a disparu, et cela suffit pour commencer l'histoire. Lendemain s'ouvre comme une enquête policière, mais c'est une fausse piste - c'est d'autres disparitions qui surtout ouvriront la pièce en mille directions. Les repères se brouillent, et ce décor de récit policier se révèle bientôt pour ce qu'il est : un décor pour des figures en attente d'une histoire, des ombres pleines de nous-mêmes, tout un théâtre qui se replie sur notre présent. Dans cette course ample à travers les deux dernières décennies, Joseph Danan dessine une généalogie de nos secousses présentes, ces terreurs et ces joies qui signent notre appartenance à ces jours, où les Coupes du Monde de football sont nos événements historiques, qui scandent désormais notre rapport au temps presque autant que des attentats : où depuis vingt ans, rien ne semble avoir eu lieu que cette imminence dont le texte porte la charge et qu'il accomplit. Et dans l'écriture qui vient porter le fer aux conventions, sociales, politiques, théâtrales, une manière à la fois de s'affronter au présent, et un geste qui voudrait déborder notre époque par elle-même. Puis dans ce geste, on entend ce qui sourd, est latent, tacite, un soulèvement possible (et face au refus de faire « miroiter les différentes facettes du cauchemar », une façon de le dévisager, de lui faire face, aussi). « Toujours nous serons les habitants de ce lendemain / inhabitable », dit l'Auteur dans la cinquième partie de la pièce - peut-être faut-il le croire, et venir peupler ce qui se lève autour de nous à mesure que, lisant, nous faisons l'exploration de ce temps impossible qui est le nôtre. Préface de Jean-Pierre Ryngaert
Dans la continuité de Qu'est-ce que la dramaturgie ? - publié en 2010 dans la même collection - Joseph Danan soulève, dans ce nouvel essai, la question de la place et de l'avenir du texte théâtral face à des spectacles-performances de plus en plus présents sur la scène contemporaine.