Kira Kaurinkoski
Kira Kaurinkoski
Pourquoi, après la fin de la guerre froide, des personnes et des populations entières, installées en Ukraine, ainsi que dans d'autres républiques d'ex-Union soviétique depuis des siècles, ont revendiqué une origine grecque et construit des projets de « retour » vers la Grèce ? C'est la question qui est au coeur de cet ouvrage. Il étudie les migrations grecques vers l'Empire russe où des Grecs, dans leur grande majorité ressortissants de l'Empire ottoman, se sont installés en nombre dès le xviiie s. et analyse les migrations de retour diasporiques et les migrations économiques transnationales d'Ukraine, et d'autres républiques d'ex-Union soviétique, vers la Grèce et vers Chypre, dès la fin des années 1980. À travers l'histoire d'un groupe diasporique, les Grecs de Mariupol, il essaie de comprendre pourquoi il n'y a pas eu de « retour » collectif de ces Grecs vers la « mère-patrie imaginée ».
Cet ouvrage explore les processus de dénomination des lieux et des populations dans les Balkans contemporains. Durant les deux dernières décennies, les pays de la région ont en effet vu se multiplier et s'intensifier les enjeux autour des désignations collectives : nécessité de nommer les nouveaux États issus de l'éclatement de la Yougoslavie, affirmation identitaire de minorités ethniques ou nationales, irruption de nouvelles catégories de population. De la Roumanie à la Grèce, de la Turquie à la Croatie, les textes rassemblés ici visent à la compréhension de ces processus dans le contexte balkanique. Pour cela, quatre thèmes ont retenu l'attention des auteurs : la désignation « Valaque », répandue dans toute la péninsule mais mouvante et difficile à cerner ; la dénomination des groupes minoritaires ou issus de l'immigration en Grèce ; les politiques toponymiques élaborées dans la région aux XIXe et XXe siècles ; la notion d'autochtonie et son articulation avec la dénomination des lieux et des groupes.