Laurence PLÉVERT
Laurence PLÉVERT
Augusta Klumpke a dû mener un âpre combat pour accéder aux études de médecine puis acquérir le droit de passer les prestigieux concours d'externat et d'internat, jusqu'alors réservés aux hommes. La polémique enflamma l'opinion publique française et devint une affaire d'État. Entourée de sa famille (une mère qui avait quitté son mari infidèle et les États-Unis pour s'installer en Europe, ses six enfants sous le bras ; une soeur aînée artiste et compagne de la peintre Rosa Bonheur ; une soeur cadette astronome...) et soutenue par son chef de service, le consciencieux Jules Dejerine, avec qui elle formera plus tard un couple de neurologues hors pair, Augusta Klumpke se retrouva propulsée, bien malgré elle, porte-drapeau d'une révolution qui la dépassait. Journaliste scientifique depuis 25 ans (Sciences et Avenir, Pour la Science, La Recherche...), Laurence Plévert est autrice de deux ouvrages : Nanosciences, la révolution invisible (Seuil, 2008) et Pierre-Gilles de Gennes, gentleman physicien (Belin, 2009 ; rééd. 2017). Elle habite à Lannion (22).
Les nanotechnologies ont le vent en poupe. On nous promet des nanorobots étonnants et des matériaux révolutionnaires, tandis que de farouches opposants invoquent le fantôme de Big Brother et agitent l'épouvantail des OAM (organismes atomiquement modifiés). Entre marketing médiatico-scientifique et angoisses immaitrisées, la voie de la sagesse, prônée ici, rappelle que le champ des nanotechnologies est plus étroit qu'on ne se plaît à le dire, qu'il ne s'est élargi que pour des raisons de politique intérieure états-unienne, et que les enjeux éthiques restent encore très surévalués. Sous la plume d'un chercheur à l'origine de cette saga, ce petit livre apporte des réponses claires et factuelles. Christian Joachim est directeur de recherche au CNRS et responsable du groupe Nanosciences au Centre d'élaboration des matériaux et d'études structurales (CEMES) à Toulouse. Laurence Plévert est journaliste scientifique.