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Leo Gehin

Leo Gehin

2 livres
ebook cover of La Turquie après le putsch manqué, by Leo Gehin
GRIP | 3 December 2017

La tentative de coup d'État qui s'est déroulée dans la nuit du 15 juillet 2016 en Turquie présente un caractère paradoxal. Bien qu'avortée, elle a mis fin à l'âge d'or du parti AKP qui, depuis 2002, exerçait le pouvoir sans discontinuer en s'appuyant sur une majorité solide, une popularité croissante, une politique économique efficace, et un rapport de force avec les autres acteurs de la vie politique qu'il tournait de plus en plus à son avantage. Toutefois, elle constitue également ce « cadeau de Dieu » qu'évoquait le président Erdogan, une opportunité historique qui doit permettre à l'AKP d'accélérer la transformation en profondeur des institutions, afin de faire émerger un système politique qui consacre son hégémonie à travers un déséquilibre des pouvoirs. En effet, le passage d'un système parlementaire à un système présidentiel fort constitue la pierre angulaire du projet de transformation de l'État, que l'on voit se dessiner clairement bien avant la réforme constitutionnelle d'avril 2017 avec l'instauration de l'élection du Président au suffrage universel direct. Ce changement de système politique s'établit cependant dans un cadre particulier qui lui donne une signification tout autre : celui de l'état d'urgence, proclamé au lendemain du coup d'État manqué, dont les dispositions exceptionnelles permettent de neutraliser, démanteler et dissuader les forces d'opposition au gouvernement. L'exercice des pouvoirs conférés par l'état d'urgence s'effectue enveloppée d'une rhétorique populiste et nationaliste, qui promet de grandir la nation en la purgeant de ses traîtres tout en la présentant comme constamment menacée par les intrigues de l'étranger. En particulier, les relations avec l'armée turque s'en trouvent profondé

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ebook cover of Traité sur le commerce des armes, by Cedric Poitevin, Leo Gehin
GRIP | 10 April 2017

Grâce au soutien marqué de nombreux États, le Traité sur le commerce des armes (TCA) est devenu un des instruments multilatéraux de contrôle du commerce des armements dont l'entrée en vigueur est arrivée le plus rapidement après son ouverture à la signature. Entre les deux dates, seule une année et demi s'est écoulée. Aujourd'hui, un peu plus de deux ans après son entrée en vigueur, le Traité reste encore à un stade précoce de son développement. 2016 a été marquée par la tenue de la Seconde Conférence des États parties (CEP2) au Traité sur le commerce des armes, du 22 au 26 août à Genève, dans les locaux de l'Organisation mondiale du commerce. Destinée à examiner la mise en oeuvre du Traité, la réunion a été l'occasion de poursuivre certaines discussions de procédure tout en lançant de nouvelles initiatives : précision des règles de fonctionnement du Secrétariat et de la Présidence, création du Fonds d'affection spéciale volontaire visant à coordonner les initiatives d'assistance, création de groupes de travail sur l'universalisation et la mise en oeuvre. Malgré ces avancées, beaucoup reste encore à faire. La société civile souligne régulièrement la timidité des décisions prises lors des deux CEP et la distance qui existe entre les discussions menées au sein des Nations unies et la réalité des transferts internationaux d'armements, notamment l'impact de ces transferts sur la sécurité des populations civiles. De plus, de nombreux États qui sont parties au TCA ne disposent pas, à l'heure actuelle, des capacités pour encadrer les transferts d'armements. Enfin, le Traité est encore loin d'être un instrument universel : plusieurs régions du monde ne comptent presqu'aucun État partie tandis que les plus importants exportateurs et importateurs sont restés en dehors du Traité ou l'ont seulement signé.

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