Lola Semonin
Lola Semonin
Alors que le duo comique préféré des cours d'école s'apprête à fêter son 500e gag, Godi et Zidrou nous en apprennent un peu plus sur la vie privée et le passé de Léonie Gratin et de l'Elève Ducobu. L'occasion de constater que la propension de Ducobu à chercher l'inspiration sur les copies de sa muse ne date pas d'hier. Non, tout ça remonte en fait à la maternité ! Mais si, 13 albums plus tard, le couple fonctionne comme au premier jour, sans doute est-ce parce que Léonie commence à comprendre combien est salutaire le grain de folie que Ducobu sème dans nos vies ! Retrouvez cet album en prépub cet été ! L'album n°13 de L'Elève Ducobu sera prépublié dans les journaux du groupe des Editions de l'Avenir (B) du 27 juillet au 17 septembre 07. Les titres concernés sont Vers l'Avenir, L'Avenir du Luxembourg, Le Jour, Le Courrier de l'Escaut et Le Courrier.
clôt la fresque romanesque qui donne vie à la Madeleine Proust, le personnage de théâtre de Lola Sémonin. Après l'enfance (), l'adolescence (), sa vie de jeune fille (), la Madeleine s'émancipe !
À quatorze ans, je n'étais plus le perdreau de l'année, mais enfin une vraie jeune fille. Cinq jours par mois, je faisais partie du lot des mal fichues. J'entrais dans le clan. J'allais pouvoir connaître le saint des saints et sortir de l'obscurité. Ne plus être sans arrêt rembarrée par les grandes d'un « T'es trop p'tite ! », « Ça n'te regarde pas ! ». [...] Cet été-là, on a fauché et rentré cinquante charrettes de foin sous un soleil cuisant. Et on a commencé la moisson du blé par grand beau. À la tombée de la nuit, les charrettes pleines à ras bords, tirées par les chevaux comtois, se suivaient à la queue leu leu sur les chemins qui mènent dans les hameaux, au-dessus du village des Gras. On était toute une flopée à revenir des champs, soûlés de chaleur, la peau brûlée, le corps fourbu mais le coeur joyeux. Le sang bouillonnait dans nos veines. On avait toute la vie devant nous. On chantait à tue-tête Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? et on n'entendait pas le bruit des bottes des nazis qui écrasaient la Pologne.
À quatorze ans, je n'étais plus le perdreau de l'année, mais enfin une vraie jeune fille. Cinq jours par mois, je faisais partie du lot des mal fichues. J'entrais dans le clan. J'allais pouvoir connaître le saint des saints et sortir de l'obscurité. Ne plus être sans arrêt rembarrée par les grandes d'un « T'es trop p'tite ! », « Ça n'te regarde pas ! ». [...] Cet été-là, on a fauché et rentré cinquante charrettes de foin sous un soleil cuisant. Et on a commencé la moisson du blé par grand beau. À la tombée de la nuit, les charrettes pleines à ras bords, tirées par les chevaux comtois, se suivaient à la queue leu leu sur les chemins qui mènent dans les hameaux, au-dessus du village des Gras. On était toute une flopée à revenir des champs, soûlés de chaleur, la peau brûlée, le corps fourbu mais le coeur joyeux. Le sang bouillonnait dans nos veines. On avait toute la vie devant nous. On chantait à tue-tête Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ? et on n'entendait pas le bruit des bottes des nazis qui écrasaient la Pologne.
Je suis née au printemps. Les pieds devant. Ce qui a fait dire à l'Adèle, la sage-femme : - Cette gamine, elle ira loin ! C'est vrai. Plus tard, dès que je me suis mariée, je ne suis pas restée à Derrière-les-Gras. J'ai monté plus haut, à la ferme de Sur-le-Mont. Je l'enviais, cette ferme. Parce que le soir, au couchant, quand l'ombre s'abattait sur nous, elle était encore toute dorée de soleil. Je n'avais pas 8 ans, pourtant je disais à la moman : - Quand je s'rai grande, j'habiterai là-haut ! Elle me rembarrait : - Au lieu d'rêver, va plutôt chercher des patates à la cave !Les rêves, c'est pas fait pour nous ! C'est pour les riches !
Je suis née au printemps. Les pieds devant. Ce qui a fait dire à l'Adèle, la sage-femme : - Cette gamine, elle ira loin ! C'est vrai. Plus tard, dès que je me suis mariée, je ne suis pas restée à Derrière-les-Gras. J'ai monté plus haut, à la ferme de Sur-le-Mont. Je l'enviais, cette ferme. Parce que le soir, au couchant, quand l'ombre s'abattait sur nous, elle était encore toute dorée de soleil. Je n'avais pas 8 ans, pourtant je disais à la moman : - Quand je s'rai grande, j'habiterai là-haut ! Elle me rembarrait : - Au lieu d'rêver, va plutôt chercher des patates à la cave !Les rêves, c'est pas fait pour nous ! C'est pour les riches !
est le troisième volume d'une fresque romanesque qui donne vie à la Madeleine Proust. Après l'enfance (), l'adolescence (), la Madeleine part comme bonne à Paris. La petite histoire dans la grande, un état de la France raconté avec verve.