Louise Oligny
Louise Oligny
Trente ans après avoir quitté le Québec pour la France, Marie Turcotte, photographe en crise, retourne sur sa terre natale. Entre aurores boréales et souvenirs d’enfance, ce voyage intime explore la nostalgie, l’exil et la quête de soi.
« Le corps de l'homme, cambré, est enroulé dans l'écharpe rouge de Sophia. Un bras blanc se découpe dans la lumière, sa main rugueuse repose par terre. Sa tête est renversée, sa gorge ouverte, ses cheveux noirs glissent et scintillent à la lumière. Le corps de Cyril est dans la position d'un danseur désarticulé. Un filet de sang coule d'une plaie béante sous sa gorge. Sophia hurle jusqu'à ce qu'elle réalise qu'il ne pourra plus la prendre par le cou et serrer jusqu'à ce qu'elle étouffe. Ni ce soir, ni jamais. » Un homme égorgé est découvert à l'issue d'un spectacle féérique organisé sous chapiteau par une association de défense des femmes. Lorsque la capitaine Coralie Gignac apprend que ce dernier était un malfrat, condamné pour violences sur son ex-épouse, elle soupçonne dans un premier temps cette dernière, et ce d'autant plus que la photographe de l'association, Diane Choinière, a détruit certains clichés pris pendant la soirée. L'affaire se corse lorsqu'un deuxième meurtre survient, et lorsque l'impulsive Diane se mêle de l'enquête, mettant systématiquement les pieds dans le plat. La rivalité entre la policière froide et méthodique et la photographe maladroite et incontrôlable menace alors de mener l'enquête dans le mur. Car, visiblement, quelqu'un règle ses comptes au milieu de cette course folle.
« Respirer, il faut que je respire. C'est grave. Je ne peux pas me réjouir de la mort de quelqu'un. Faut que j'arrête de rire comme une malade. C'est nerveux. Non, non, je ne suis pas totalement sans coeur. Ce sont les nerfs. Parce que, dans le fond, je suis peut-être responsable. C'est ma faute... Ou peut-être pas... Juste un malencontreux hasard. » 10 juin 2019. Dufaye, directeur de la rédaction du magazine La Chronique Hebdo, est victime d'un attentat. Quand Diane Choinière apprend la nouvelle, elle est submergée par l'angoisse. À moins que ce ne soit de la joie ? Cette photoreporter, licenciée abusivement quelques mois plus tôt par Dufaye en personne, ne saurait exactement le dire. Tout comme elle ne saurait affirmer avec certitude qu'elle n'est pour rien dans cet homicide. Alcool et anxiolytiques faisant rarement bon ménage, elle va devoir mettre ses idées au clair pour démêler les fils de cette étrange affaire. Qui sème la fureur récolte la tempête...
Louise Oligny sait vous trousser une nouvelle pimentée à souhait. Tentée un temps de vagabonder dans le coeur d'un autre, c'est avec son géant de chum, infirme certes mais pas de partout, qu'elle rêverait pourtant de revoir la feuille (d'érable) à l'envers. La saveur du québécois alliée à un érotisme tonique et joyeux font de cette nouvelle un plaisir unique. Bégueule s'abstenir. Il s'agit juste, ici, de vivre fort. Etre femme, c'est tout un art.