Lucile Debaille
Lucile Debaille
Les identités remarquables raconte une histoire d'amour qui ne finit pas. On pourrait donc penser qu'elle s'achève bien... C'est aussi le récit d'une amitié fusionnelle entre deux femmes libres, excentriques, joueuses, jusqu'à la confusion d'identité. La narration de leur fascination mutuelle, et celle qui les unit et les surpasse, pour la littérature. L'auteure dépeint un théâtre d'ombres et de lumières, de faux-semblants. Est-ce pour le plaisir de s'y perdre ? La surprise de se retrouver ? Par perversité ? Ou simplement pour connaître la fin du jeu ? À PROPOS DE L'AUTEURE Malgré des études en philosophie, IEP et en sciences éco, Lucile Debaille a toujours préféré la littérature à tout le reste. Ce roman, après un long silence et diverses activités, lui a rendu la voix en même temps que le souffle. Elle n'a donc pas vécu de la littérature, mais toujours avec elle.
Sur un paquebot de plaisance en mer des Caraïbes, une jeune femme, Aurore, retrouve un homme qu'elle fuit. C'est pourtant elle qui l'entraîne dans la réalisation d'un plan machiavélique auquel il se soumet. Leur voyage les conduit de la société mondaine des croisiéristes aux mirages de Paradise Island, où des milliardaires arrogants mais parfois fragiles flambent leur argent et quelquefois leur âme. Sous toutes les latitudes, Aurore joue à se perdre et pense rester maîtresse du jeu ; même quand il l'oppose à un célèbre écrivain, cynique et blasé, revenu de tout sauf de la littérature. Du circuit touristique au court-circuit, Après dissipation des brumes matinales est l'histoire d'une folie qui ressemble à des vacances. L'histoire, surtout, d'une passion dont l'issue est de ramener Aurore à celui qu'elle cherche, avec ferveur et déraison, quel que soit le prix de cette quête.
Une femme relate, avec sincérité, une histoire d'amour à proprement parler invivable. Pour une raison simple : l'absence. L'homme aimé, en effet, demande, exige, obtient... cependant, il ne cesse de se dérober. Il semble éprouver une curieuse jouissance à vivre « du dehors » ce que celle qui l'aime vit « du dedans ». D'où ces éclats de texte, journal autant que roman, où l'amante exprime désirs, plaisirs, souffrance, sans crainte, parfois, de se dénuder. Petite musique d'Éros apte à traduire rêves et douleurs, espoirs et nostalgie et surtout, ce en quoi le texte de Lucile Debaille est le plus troublant, une approche audacieuse du secret sexuel, de l'interdit. Pierre Bourgeade