Malamut
Malamut
Cet ouvrage est consacré aux souveraines et aux aristocrates de l'Orient méditerranéen à l'époque médiévale. Il s'inscrit dans les recherches actuelles sur l'étude des femmes comme « genre ». La symbolique chrétienne se fonde sur l'iconographie des églises où sont représentées comme modèles les saintes souveraines et martyres des premiers siècles alors que l'historiographie témoigne d'impératrices confrontées au pouvoir, usant de leur beauté et d'artifices, telle Théophano au Xe siècle soupçonnée du meurtre de ses deux premiers époux. On pénètre jusqu'au fond du gynécée là où s'ourdissent les complots, où rivalisent la reine mère et sa belle-fille, là aussi où s'éduquent les enfants impériaux pour lesquels leur mère est appelée à la régence lors de la mort de son époux. Certaines impératrices ont une renommée supérieure à d'autres, telle Zoé représentée sur les mosaïques de Sainte-Sophie à laquelle le peuple de Constantinople voue une réelle ferveur en lui pardonnant ses frasques sexuelles et ses divertissements de magicienne. D'autres impératrices viennent de l'étranger, de Savoie ou de Serbie et elles savent s'imposer dans l'échiquier géopolitique troublé des XIVe et XVe siècles, parfois jusqu'à causer des guerres civiles, toujours en protectrices et conseillères de leurs fils. Léguer l'impérium, voilà qui est étranger aux épouses et filles de souverains ottomans qui n'hésitent pas à contracter des mariages avec des princesses byzantines. Toute l'aristocratie féminine gravite autour de la cour, les princesses rivalisent de piété et de générosité, qu'elles soient byzantines, arméniennes ou timourides, mais aussi de faste. Fortunées, mécènes dans le domaine artistique et religieux, fondatrices, commanditaires de reliquaires et de manuscrits enluminés...la liste de ces dames de la haute société couvre l'Europe, l'Asie occidentale et centrale...
Cet ouvrage est consacré aux échanges en Méditerranée à l'époque médiévale. Il repose sur des témoins matériels aussi divers que sont la céramique, la monnaie, le papier, des réseaux à grande distance depuis al-Andalus jusqu'en Asie Mineure, en passant par le Maghreb, la Provence et l'Italie. Réseaux qu'empruntent les cargaisons de pots, de vin, d'huile, de blé, d'épices, mais aussi les hommes d'affaires, les marchands, les ambassadeurs, les populations migrantes, qui depuis Venise ou Gênes vont coloniser les comptoirs de la mer Noire, ou encore les manuscrits qui vont transmettre dans toutes les cours d'Europe les récits des voyageurs en Orient des siècles durant et, enfin, les peintres et leurs oeuvres qui délaissent les brumes nordiques pour les terres accueillantes du Sud de l'Europe. Le monde économique du Moyen Âge ne s'embarrasse pas plus que celui d'aujourd'hui des frontières des États, même si les souverains tentent de le réguler par des traités ou d'en tirer des revenus par le contrôle politique des ports et des détroits ; il brasse les affaires des plus grandes compagnies avec leurs associés, facteurs, apprentis et représentants et exploite les liens sociaux multiples de Barcelone à Alexandrie, de Lucques à Gênes, de Provence en Champagne, de Florence à Avignon et Aix. L'acculturation fait fi des distances, elle permet aux peintres hispaniques de faire des copies des maîtres flamands, aux mosaïstes byzantins de décorer la mosquée de Cordoue, à l'empereur Théophile de construire son palais de Bryas sur les rives du Bosphore à l'image du palais de Bagdad. Le monde des échanges est celui d'un monde sans cesse réinventé...