Marcel Baudot
Marcel Baudot
1939-1945 : comment l’opinion publique française a-t-elle évolué sous le joug de l’Occupation et du régime de Vichy ?
La province la plus lourdement frappée, presque toutes ses villes détruites, 385 000 immeubles ravagés, 421 000 hectares transformés en champs de mines, tous ses ouvrages d'art à reconstruire, tous ses ports anéantis, 100 000 hommes requis par l'armée allemande, 42 000 travailleurs transférés en Allemagne, 1 500 déportés morts dans les camps de concentration, plusieurs milliers de fusillés. Une densité de troupes d'occupation nullement atteinte ailleurs, multipliant les vexations, les prélèvements et les pillages et malgré cela une trame serrée de réseaux de résistance renseignant les alliés, sabotant la machine de guerre adverse. L'auteur qui a été un des chefs de la lutte clandestine, narre les principaux épisodes de cette insurrection contre laquelle se liguent la gestapo et les militants des partis collaborationnistes. Malgré la pénurie d'armes, les trahisons et le manque de cadres expérimentés, les Forces Françaises de l'Intérieur des cinq départements normands en retardant de plusieurs jours la venue des renforts allemands, assurèrent le succès du débarquement sur les côtes du Calvados et de la Manche et fournirent par la suite aux armées alliées une aide non négligeable.
Dans la lutte pour la Libération de la France, la Bretagne a joué un rôle de tout premier plan ; elle a été la province qui, la première, s'insurgea contre toute forme de collaboration avec l'occupant. Les organismes de résistance y prirent très tôt une ampleur considérable. Malgré de cruels bombardements anglo-américains et la plus impitoyable répression de la Gestapo et de ses complices français, les Bretons quasi unanimes préparèrent l'insurrection libératrice et réalisèrent, dès 1943, la coordination des mouvements clandestins et l'unification de l'Armée secrète, convainquant le général de Gaulle d'abord et le Haut-Commandement allié ensuite de l'efficacité jusque-là contestée de la Résistance armée. Avec le concours des parachutistes français du commandant Bourgoin et de quelques divisions américaines, ils réussirent à libérer en peu de jours, au mois d'août 1944, la plus grande partie de la province, permettant au général Patton de concentrer ses efforts sur une marche rapide vers les vallées de la Loire et de la Seine.