Marcelo Otéro
Marcelo Otéro
L'oeuvre de Michel Foucault est inclassable car elle traverse des domaines très variés (philosophie, sociologie, histoire, anthropologie, criminologie, médecine, psychologie, linguistique, droit, etc.). Foucault n'est pas un sociologue au sens classique du terme. Il existe une sociologie puissante et novatrice chez lui. Mais laquelle? À quoi peut-elle servir aujourd'hui? En quoi est-elle utile pour théoriser les problèmes sociaux? Quels sont ses avantages et ses inconvénients? Quel type de « raisonnement sociologique » se dégage de son oeuvre et quelles sont ses limites? Voilà les interrogations qui guident l'analyse de l'ensemble des travaux de Foucault dans cet ouvrage. En suivant l'évolution historique de ses recherches ainsi que les retournements stimulants de sa pensée, Foucault Sociologue s'organise en neuf chapitres qui suivent l'évolution théorique, méthodologique et chronologique des thématiques foucaldiennes. Marcelo Otero est professeur titulaire au Département de sociologie de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), chercheur au Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales, les discriminations et les pratiques alternatives de citoyenneté (CREMIS), au groupe sur le médicament comme objet social (MÉOS) et à l'Institut Santé et Société (ISS). Ses recherches portent sur les nouveaux problèmes de santé mentale et les problèmes sociaux complexes.
Qu'est-ce qu'une institution aujourd'hui ? Les conceptions théoriques de l'institution sont aussi variées que les représentations mobilisées par les intervenants sociaux dans le feu de l'action. Le mur fermé est allié à la rue ouverte, la coercition à l'autonomie, l'encadrement à l'accompagnement, le tribunal au thérapeutique, l'hôpital à l'art, le médicament à la toxicomanie, la responsabilisation à la liberté. L'institution actuelle semble éventrée de sa substance normative qui se redistribue inégalement sur une série d'instances et de dispositifs intermédiaires qui intègrent autant des fonctions classiques (éduquer, contrôler, soigner, punir, etc.) que des stratégies novatrices (accompagner, autonomiser, responsabiliser, réduire les méfaits, etc.). Toutefois, ces nouvelles instances et dispositifs ne dessinent-ils pas les contours communs d'une individualité sociale qu'on veut soutenir et promouvoir ? Dans le présent ouvrage, théoriciens et intervenants du domaine social tentent de mettre en lumière, de comprendre et de problématiser le « nouvel esprit » de l'institution.
La normativité sociale est changeante; de même, l'étude des problèmes sociaux doit se transformer. Les auteurs de cet ouvrage repensent les problèmes sociaux en dépassant les logiques de leur discipline respective. Ils proposent ainsi une lecture renouvelée de ce qui fait problème dans nos sociétés.
Pour la psychiatrie contemporaine, la dépression est un syndrome, c'est-à-dire l'agencement particulier de certains symptômes, signes et comportements qui sont identifiés par le clinicien. Toutefois, rien dans les argumentations de la psychiatrie ne permet de comprendre pourquoi tant de personnes se sont mises à dysfonctionner et à souffrir dans les « figures syndromiques » attribuées à la dépression. La compréhension des racines de cette « démocratisation dépressive » revient, comme celle de la névrose autrefois, inéluctablement à la sociologie. Comment expliquer la résonance extraordinaire des mêmes signes et symptômes chez des millions d'individus partout en Occident et de plus en plus ailleurs ? En d'autres termes, de quelle société nous parle l'épreuve dépressive ?