Marin de Viry
Marin de Viry
Et si la France était toujours, secrètement, un royaume ? À travers des entretiens avec des intellectuels et des acteurs politiques, Marin de Viry explore la persistance de l’idée monarchique dans l’imaginaire français, bien au-delà de la Révolution.
Personnage fantaisiste qui pourrait s'être échappé d'une pièce de Marivaux ou d'un conte moral de Rohmer, Pierre vend son entreprise pour se consacrer à la littérature, à la contemplation et à la « douceur des choses ». Pas insensible aux charmes de la gent féminine, il croit aimer Lucrèce (qui vit avec Ludovico), tout en aimant Hélène (qui vit avec Marc). Autour de ces cinq personnages, beaucoup de péripéties et d'impossibilités. Seraient-ce là les contours du mystérieux « continent masculin » qui donne son titre au roman ?Afin de nous raconter ce jeu de dupes contemporain, Marin de Viry mêle dialogues savoureux, scènes burlesques et réflexions incisives sur notre époque, qu'il épingle avec esprit et légèreté. C'est ainsi que Le Continent masculin, à la fois comédie de moeurs et satire romantique, défend l'idéal amoureux, entre cynisme, désir et goût de la liberté. Membre du comité de rédaction de "La Revue des Deux Mondes", critique théâtre et littérature au "Figaro Magazine", Marin de Viry est notamment l'auteur de L'Arche de mésalliance et de La Montée des périls, parus aux éditions du Rocher.
Écrivain dubitatif, Paul de Salles arrive à un tournant de son existence où même les satisfactions d'amour-propre ne compensent pas l'ennui qu'il éprouve. Son échappée belle : prendre le tragique du quotidien avec légèreté. Par le plus heureux des hasards, Paul tombe sous le charme d'Erika, piquante, sophistiquée, stoïcienne. Elle travaille sans ardeur pour une « ravissante idiote » qui veut passionnément devenir présidente de la République. Cette confrontation entre un certain « esprit français » et une bêtise tristement contemporaine promet d'être riche en étincelles.Que les lecteurs se rassurent : rien dans ce marivaudage satirique n'appartient au registre de la littérature « probante », comme disait Flaubert. Il n'y a dans La Montée des périls que de l'observation et de l'imagination. Membre du comité de rédaction de la Revue des Deux Mondes, Marin de Viry est notamment l'auteur de Mémoires d'un snobé (Pierre-Guillaume de Roux, 2012) et de L'Arche de mésalliance, paru aux éditions du Rocher en 2021.
Dossier : Michel Houellebecq, politique et littérature Laurent Wauquiez - Michel Houellebecq, notre dernier romantique Grand admirateur de Michel Houellebecq, Laurent Wauquiez explique en quoi ses romans apportent un éclairage lucide et féroce sur la société française. Son oeuvre littéraire vaut toutes les analyses politiques, affirme-t-il : elle reflète l'image de notre époque pétrie d'absurdités et de contradictions. Dossier : La fin du droit d'ingérence ? -> Entretien avec Renaud Girard : « Expéditions occidentales en terres d'islam : attention à l'hubris ! » Correspondant de guerre et géopoliticien, Renaud Girard a couvert pour Le Figaro les principaux conflits internationaux, de l'ex-Yougoslavie à l'Afghanistan. Il revient sur son expérience et dresse le bilan mitigé de différentes interventions occidentales. -> Jean-Marie Guéhenno - Pour un universalisme modeste : l'avenir de la responsabilité de protéger Jean-Marie Guéhenno examine comment le concept de « responsabilité de protéger » a évolué en en détaillant les étapes. Après l'abandon de Kaboul en août 2021, il est nécessaire de fixer une politique étrangère interventionniste moins ambitieuse et plus réfléchie. -> Bertrand Van Ruymbeke - États-Unis : diplomatie et guerre (1898-2021) Bertrand Van Ruymbeke raconte cent vingt ans de diplomatie américaine. D'une politique de neutralité et d'arbitrage, l'Amérique s'est progressivement immiscée dans les affaires du monde au fil du XXe siècle, cherchant à imposer ses normes démocratiques. Aujourd'hui, la donne change. -> Entretien avec Hameed Haami - Le fiasco afghan est dû aux erreurs des Américains et à la corruption du régime Le diplomate Hameed Haami décrit vingt ans de présence américaine dans son pays. Il dénonce l'illusion occidentale du nation building et les malversations du régime en place qui ont conduit à une impasse. -> Dmitri Trenin - Interventionnisme russe : 2021, une année charnière La politique étrangère russe recourt de plus en plus aux outils militaires. Après un tour d'horizon historique, Dmitri Trenin décrypte la stratégie que poursuit la Russie, ses objectifs et ses ambitions. -> Alain Karsenty - « L'ingérence environnementale » : le cas des forêts Face à l'urgence écologique, la question se pose de créer un droit d'ingérence environnemental. Seulement comment articuler gestion internationale et souveraineté des états ? Alain Karsenty s'intéresse aux cas des forêts. Et aussi : TonyCorn,SergeSur,ÉdouardGuillaudetThierryMoulonguet Littérature -> Laurence Debray - L'esprit de Santiago du Chili L'auteure de Fille de révolutionnaires (Stock, 2017) retrace le destin d'une famille chilienne riche et excentrique.
Marius, aristocrate aussi désenchanté que catholique, travaille pour un fleuron international du « développement durable ». Le PDG de l'entreprise, en bon cynique, le met en concurrence avec Priscilla, une Anglaise aussi ambitieuse que féministe. L'enjeu ? Le poste de directeur général. La guerre programmée aura-t-elle lieu ? Avec la complicité de Sean, haut dirigeant lassé du capitalisme, Marius et Priscilla font un pacte et orchestrent une stratégie pour saboter les plans de leur direction. Dans cette lutte, il n'est pas impossible que l'amour soit l'ultime « chant » de l'odyssée de ces personnages en rupture.Avec son goût des formules qui font mouche, Marin de Viry manie à la perfection l'art de la satire. Scrutant cette fourmilière qu'est le quartier d'affaires de La Défense, il épingle les travers d'un milieu professionnel et d'une époque. L'Arche de mésalliance se lit comme une incitation à fuguer et à préférer la vie de château aux servitudes (plus ou moins) volontaires. Critique littéraire et membre du comité de rédaction de la Revue des Deux Mondes, Marin de Viry est notamment l'auteur du Matin des abrutis (J.-C. Lattès, 2008) et de Mémoires d'un snobé (Pierre-Guillaume de Roux, 2012).
"Dans l'escalier je recroise Lolita Pille qui croise un garçon très très connu dont j'oublie le nom et comme j'arrive à leur hauteur, elle nous présente avec une formule du type "vous vous connaissez certainement ?". Non, justement. Ici, il faut que vous compreniez la nature du duel snob. Le duel snob dure un millième de seconde. Pendant ce millième de seconde, deux êtres se regardent. Le premier des deux qui arrive à signifier à l'autre qu'il n'en a rien à cirer de l'autre a gagné. Souvent, il est difficile de décider qui a gagné, tellement ça va vite. Comme à l'escrime, on a besoin d'un arbitre pour savoir qui a touché le premier. Dans le cas d'espèce, il faudrait demander à Lolita Pille lequel des deux a gagné, mais je crois qu'elle était distraite par son portable au moment du choc. Je pense que c'est le type très très connu qui a gagné, car il n'en a structurellement rien à cirer de rien puisqu'il est très très connu. Le type très très connu tire en rafale son absence de cirage d'autrui, à la vitesse de mille "rien à cirer" par seconde. Faisons une pause théorie : le snob dominant est celui dont la vitesse initiale de manifestation extérieure d'absence de cirage d'autrui est la plus grande. Le garçon très très connu descend l'escalier et moi je le monte, nous nous croisons comme deux sous-marins nucléaires ennemis pendant la guerre froide. Deux débiles hostiles bourrés de haute technologie. Je surpaie mon vestiaire car un chroniqueur mondain chrétien doit témoigner de l'Évangile dans les couloirs de boîte, je claque un high five au barman mais il me snobe donc je balaie l'espace de ma main tendue, j'embrasse quelqu'un qui n'a même pas l'air étonné, j'embrasse les videurs de ne pas m'avoir vidé et je suis dans la rue."
« Si le monde est un vaste dance floor sans frontières, le mot " tourisme " a-t-il encore un sens ? »
Dans l'ancien monde ténébreux, dominé par des intellectuels aussi cruels que sourds aux exigences de la vie contemporaine, l'abrutissement était considéré comme une tare de l'esprit. Les abrutis étaient relégués dans les poubelles de la vie spirituelle, vus comme des éléments asociaux, moqués, méprisés. « Abruti ! » était même devenu une injure... Cette triste époque se termine. De tous côtés monte la revendication des abrutis à dominer le monde, et cette revendication est irrésistible, car l'abrutissement est le seul moyen de vivre en harmonie avec le monde contemporain. Ce petit essai romancé relate la crise décisive qui va conduire un cadre trentenaire, modèle des générations montantes, à choisir en toute lucidité de devenir abruti. A travers la nouvelle vie spirituelle abrutie de ce cadre prénommé Jean, affublé de son épouse Athénaïs (qui est d'ailleurs moins une épouse qu'un facteur aggravant), le lecteur suivra la mutation anthropologique qui nous conduira tous à faire nos adieux à l'intelligence, à jouir enfin sans l'entrave de nos consciences. L'immense soulagement, ainsi que le sentiment de détente et de bien-être abruti qui s'emparent du lecteur, recommandent ce livre à tous ceux qui ont constaté que réfléchir ne leur apportait que des ennuis, sans compter la fatigue.