Maurice Bitter
Maurice Bitter
Vivre, pour moi, fut - je m'en rends compte maintenant - essentiellement survivre. Survivre à une petite enfance, afin d'être « comme les autres », non pas d'une famille d'émigrés, mais un bon petit Français de la Communale... Je m'attachais trop d'importance. Je ne valais que le prix d'une savonnette, mais ne le savais pas. Alors, je me suis enfui. Dans le monde entier et, en même temps, j'ai plongé des racines au « Quartier », but idéal de mon adolescence ouvrière. Faut-il être couillon pour que, même au paradis des fleurs, surgissent - hors de l'ombre - les ombres. Comme trésor caché, il y a aussi l'amour. Le vrai amour, le grand amour. J'ai contesté, je conteste, je contesterai, ma vie n'a été, n'est, ne sera qu'une contestation. Qui suis-je ? Un homme qui devrait avoir une famille, des enfants, un foyer, un métier stable qui, progressivement, l'élèverait à une certaine dignité sociale, à un équilibre heureux... Je suis un garçon inquiet, déchiré, doutant de tout et de lui-même, posant sans cesse des questions, et se questionnant sans cesse. À part dans mon métier, à part dans mes métiers. Adolescent attardé ? Peut-être. Sûrement. Jusqu'à la mort ? Peut-être. Sûrement. Mais sans vanité ostentatoire, ni drapeau brandi. Sans honte non plus. En quoi mon inadaptation est-elle inférieure à votre adaptation ? En quoi ? Navigation dans le Pacifique, fascination des îles, histoire d'amour, mais aussi Paris, le Quartier latin, le Maquis... Rêves et souvenirs... Mais surtout un livre exceptionnellement chaleureux.
Un jeune Parisien décide de rompre toutes ses attaches, sentimentales comme professionnelles, pour tenter l'expérience dont chacun a rêvé, ne serait-ce qu'un jour : celle de l'île aux cocotiers, l'île carte postale, dans le Pacifique. Il part et veut s'y ensevelir, rompre avec le passé de la guerre, le quotidien sordide de la vie aux rues embouteillées, et à l'horizon encrassé, fatigant du non-sourire. Que trouvera-t-il dans le cadre de l'une des plus lointaines des îles sous le vent : Maupiti, aux 750 habitants, dont il sera le seul « popaa » durant près d'une année ? Dans ce site parfait de beauté et de gentillesse, il vivra en Polynésien. Du moins, il essaiera : honnêtement, totalement. Il restitue sa vie au jour le jour, avec sa Vahiné, sa nouvelle famille. Il raconte sa vision du Tahiti d'antan, où il ira avec la troupe de danse (« otea ») de son île participer aux fêtes du 14 Juillet. Il vous fera partager son rêve et la réalité. La coexistence pacifique de deux civilisations éloignées. À tort ou à raison, mais bien entendu sans juger quiconque « resterait », il revient, lui, bien qu'attristé, mais ayant ôté cette épée de Damoclès : vivre dans la douceur ouatée de l'Océanie, ou au coeur des problèmes et de l'existence plus « réelle », et le souci d'autrui.
Voici - enfin ! - une Histoire de Tahiti et ses îles, la Polynésie française tout entière, de l'arrivée des Maoris traversant le Pacifique sur leurs immenses pirogues, à nos jours. Un éclairage passionnant sur la vie des Polynésiens avant la venue des explorateurs européens, sur le plan des coutumes, des moeurs, de la religion, de la vie domestique... Mais aussi le choc des mondes, l'arrivée des grands navigateurs : Wallis, Cook, Bougainville, les Espagnols, les Russes - Extraits de leurs journaux de bord. L'évolution de la vie quotidienne polynésienne au XIXe siècle, puis les Temps Modernes, de la cession de Tahiti et ses îles par la reine Pomaré, à aujourd'hui... Simple, vivante, imagée, mais toujours sérieuse, incomparablement documentée, cette « Histoire » est le complément indispensable de tout guide pour le visiteur ou résident de ces lieux. Ou, plus simplement, la lecture rêvée de tous, voyageurs comme sédentaires : une porte ouverte à l'évasion et à l'enrichissement de soi.