Max Du Veuzit
Max Du Veuzit
Max du Veuzit (1876-1952) "L'hiver avait été rude ; quoiqu'on fût déjà dans le milieu de mars au moment où commence cette histoire, le vent soufflait, âpre et froid, sur la nature à peine réveillée de son sommeil hivernal. Le ciel était sombre cet après-midi-là ; de gros nuages gris se détachaient à l'ouest et annonçaient une pluie prochaine. Sur l'unique route qui traverse Vassonville, petit village de Normandie, un groupe de femmes en deuil revenaient du cimetière et, pendant que le vent faisait flotter leurs châles noirs, elles avançaient, pressant le pas, dans la crainte de l'orage qui menaçait de se déchaîner sur la campagne. C'étaient de simples femmes des champs, de celles qui ne quittent l'ouvrage que pour se rendre à l'église, le dimanche, et il avait fallu l'inhumation de M. Michel Somesnil pour leur faire cesser leurs travaux. Par une touchante coutume des campagnes, où le respect des morts est plus profond que dans les villes, chacune avait sorti, pour la circonstance, les vêtements noirs et les capotes de crêpe remisés sur les planches des armoires et gardés précieusement depuis la perte plus ou moins éloignée d'un parent. Elles allaient en silence, malgré leur nombre, et sur leurs visages paternes une lueur humide traduisait mal le sentiment de compassion que leur inspirait une jeune fille, à la douce et triste figure, qui marchait d'un pas automatique et comme inconsciente au milieu d'elles." Romance. Monique Somesnil vient de perdre son père. Elle décide d'aller à Paris pour gagner sa vie. Après des déceptions et des petits boulots, elle devient l'institutrice de la jeune Maë Saint-Angel, soeur d'un riche homme d'affaire : Jack Saint-Angel...
Noële, jeune orpheline sans ressources, frappe à la porte de Montjoya, un domaine isolé en montagne. Contre toute attente, elle y rencontre Yves Le Kermeur, un homme qui va bouleverser son destin.
"Vous oseriez ? Vous me résisteriez ?..." Dans un luxueux hôtel particulier, Monique Somesnil et Jack Saint-Angel sont dressés face à face. La jeune institutrice l'affronte : non ! Elle ne s'emploiera pas à vaincre l'aversion instinctive de sa petite élève, Maë, la soeur de Jack, pour Yvonne, la future Mme Saint-Angel Une intrigante percée à jour par l'enfant. D'ordinaire, nul ne s'avise de contrecarrer Jack. Dominé par la fureur, il reporte sur l'institutrice la colère que Maë a provoquée. Courageuse, sensible et fière, Monique se reproche de n'avoir pu mieux défendre l'enfant confiée à ses soins. C'est aussi l'effondrement de rêves informulés... Elle décide de quitter la maison des Saint-Angel. Mais pourquoi Jack a-t-il conservé sur lui une breloque : le coeur d'ivoire perdu par Monique, lors de sa première visite ?
« Jamais je ne me marierai ! » proclame le jeune et séduisant comte Lucien de Parrois. La vie rêvée, pour ce farouche célibataire, ce sont les plaisirs de la capitale, l'oisiveté, les folles passions sans lendemain ! Sa tante, la marquise de Versin, s'en inquiète. Comment mettre fin à une telle dissipation ? Et si Lucien allait à Dinard, chez les cousins Kervec ? Ils ont quatre filles en âge de trouver un mari. La cinquième, Yvette, ne compte pas. Elle vient d'avoir dix-sept ans. Par jeu, par défi, Lucien accepte. Le voici en Bretagne, entouré de cousines plus ravissantes les unes que les autres. Tout irait bien sans cette peste d'Yvette. Un vrai cauchemar, cette gamine... Ses moqueries, ses inventions diaboliques ne cessent d'exaspérer Lucien. Rude leçon pour un homme qui s'estimait irrésistible ! À l'annonce de son départ, deux jolis yeux s'emplissent pourtant de larmes inattendues. L'amour aurait-il le dernier mot ?
Ce prestigieux aviateur si grand, si blond, si charmeur... Se peut-il qu'après le terrible accident dont il a été victime, on ne le désigne plus que par ce surnom : « L'automate » ? D'un automate, Jehan de Saumarte a maintenant la raideur, la marche saccadée. Il ne parle jamais. Sur son visage ravagé, on ne lit aucune émotion. Pourtant, la jolie Sabine se sent pleine de compassion lorsque son destin croise celui de « l'automate ». La vie l'a malmenée, elle aussi, mais différemment. Orpheline sans fortune, elle a été confiée à une vieille tante, dure et autoritaire. Jehan est soignée par sa soeur, qui se lie d'amitié avec Sabine. Celle-ci, chaque jour, s'applique à distraire l'infirme, espérant l'impossible miracle. Elle finit même par réussir à communiquer avec lui... Une ultime chance se présente : une opération, qu'accepte le jeune homme. Son issu bouleversera Sabine dans un sens qu'elle n'imaginait guère... En lui révélant le fond de son coeur, peut-être ? Un nouveau venu la courtise...
« Un précepteur auprès de moi, à Castel-Pic, ce manoir isolé de Dylvanie où nous vivons en sauvages, quel bouleversement ! » À dix-huit ans, on rêve d'une autre compagnie que celle d'une grand-mère autoritaire. Le coeur battant, Diane de Kermoc attend l'inconnu. Il arrive. Il la regarde avec dédain. Elle ne songe plus qu'à lui... Qui est-il, cet étrange et trop séduisant précepteur ? Malgré ses grands airs, il semble se cacher. Est-ce un terroriste, un proscrit ? Le pays traverse une période troublée... Diane est trop curieuse. On l'éloigne. On l'envoie à Paris où son innocente beauté fait des ravages. Un jour, dans un salon, elle aperçoit avec stupeur une miniature encadrée de saphirs qui représente... son précepteur ! Décidée à percer le mystère, la jeune fille retourne à Castel-Pic Celui qu'elle aime a fui, emportant son secret. Pour Diane, une fiévreuse attente commence...
« Je tendis la main à Jean. Il hésita, puis brusquement la saisit et la couvrit de baisers, Je fus oppressée. Mes yeux lui demandèrent grâce. Je me sentais lâche au moment du départ. - Suzanne, je ne veux pas que vous me quittiez, dit-il ardemment. Que nous importe le monde entier, pourvu que nous soyons l'un à l'autre ? Partons, la terre est vaste ! - Et votre femme ? Et votre petite fille ? » Mariée contre son gré à Pierre Latour, un homme riche mais autoritaire et jaloux, Suzanne ne peut oublier Jean Ménard, son premier, son merveilleux, son unique amour. Désespéré, Jean s'est marié, lui aussi. Le passé continue pourtant à les obséder l'un et l'autre. De plus, Suzanne est brutalisée par son mari à qui elle ne donne qu'un corps sans âme. Les deux amoureux de naguère finissent par se rencontrer à l'insu de tous. Suzanne résistera-t-elle à la tentation de s'enfuir avec Jean pour construire ailleurs leur bonheur ?
- C'est ça, que vous avez osé me faire épouser ? Cette fille est un vrai cauchemar ! Un épouvantail ! Dans l'instant qui suit leur mariage, quand le comte Philippe d'Armons découvre sous son voile blanc Myette Darteuil, la riche héritière que sa mère a trouvée pour les sauver de la ruine, il est horrifié... Horrifié au point de s'enfuir le plus loin possible de l'abominable et chétive créature qui porte à présent son nom. Délaissée, humiliée, Myette apprend à vivre seule, avec courage et ténacité. En quelques mois s'opère une complète métamorphose, un épanouissement inespéré. La voilà devenue « la ravissante petite comtesse ». Lorsqu'un hasard remet en présence les époux, Philippe reste stupéfait devant l'éblouissante jeune femme. La sienne, en somme... Mais le coeur de Myette, si bafoué, si dédaigné, oubliera-t-il jamais sa souffrance ? Peut-être même bat-il pour un autre ? Elle a envisagé un divorce...
« Vous ferez le plus extraordinaire mariage, en dehors des usages ! » a prédit une gitane à Geneva, la demoiselle de compagnie de Suzannah Murphy, une très riche Américaine. À New York, Suzannah décide brusquement de se marier le même jour que l'une de ses amies. La fête se déroule une nuit, dans un palace. Parmi les invités se trouve Geoffroy Seymour, un lord anglais qui est habitué à s'amuser follement. Au dîner, tous les convives abusent des vins généreux. Tous perdent plus ou moins la tête... Presque à son insu, Geneva est devenue, à l'aube, l'épouse du séduisant Lord Seymour que, la veille encore, elle ignorait. Le réveil sera brutal... « Annulons cette stupide aventure » ordonne Geoffroy le lendemain, sans aucun ménagement. Déjà éprise, Geneva refuse. Mais la petite Française n'a d'autre arme que sa fraîche beauté, son coeur plein d'amour, sa sincé
Max du Veuzit (1876-1952) "Chantal eut obscurément conscience qu'il y avait quelqu'un dans sa chambre et instantanément elle se dressa sur son lit. Elle vit Nadine qui s'avançait dans l'ombre, apportant le petit déjeuner sur un plateau. - Le courrier est-il arrivé, Nadine ? - Oui, mademoiselle, mais pas encore de lettre, ce matin, pour vous. Les mains de Chantal se crispèrent sur le drap. La vieille servante posa le plateau sur la table de chevet et d'un air affairé se dirigea vers la fenêtre. Tandis qu'elle tirait les doubles rideaux de satin, elle dit : - Un retard ne veut rien dire, mademoiselle. Je me souviens quand Monsieur avait fait son voyage en Amérique, Madame était inquiète comme vous et, cependant... Comme Nadine faisait tourner l'espagnolette, instinctivement Chantal s'enfouit dans son lit. Un flot de lumière vint éblouir la jeune fille. - Pas de lettre depuis huit jours... répétait-elle avec indignation." Romance. Chantal Angerville, fille d'un riche industriel, se marie avec Michel Lancey un des collaborateurs de son père, pour se venger de son ex fiancé Lucien. Chantal n'aime pas Michel et le lui dit le soir même des noces...
Max du Veuzit (1876-1952) "- Mick, attention ! Les gendarmes ! L'interpellé, un jeune homme de vingt ans environ, lâcha la botte d'osier qu'il venait de couper et se tourna vers la fillette qui, à voix basse, lui avait jeté cet avertissement. - Hé bien, quoi ! On ne fait pas de mal, dit-il en poussant du pied son fagot dans l'eau, pour le dissimuler aux regards importuns de l'autorité. - Ils ne veulent pas qu'on coupe du bois vert, insista gentiment la jeune fille. Il protesta par un haussement d'épaule. - L'osier, ce n'est pas la même chose : ça pousse au bord de l'eau et non dans la forêt. - Un garde m'a attrapée l'autre jour... Le garçon eut un beau mouvement de dédain : - Parce que tu n'es qu'une fille, toi ! Tu as peur et tu te sauves. À moi, on n'ose rien dire. Cependant, malgré sa belle assurance, il s'accroupit dans une anfractuosité de la rive, derrière une touffe de jeunes osiers." Romance. Frika et Mick, jeunes Bohémiens, sont en fuite. Ils sont arrêtés par un garde-chasse qui les accuse de braconnage et de vol de bois. Il les amènent au château afin qu'ils soient punis. Que vont décider ceux du château... Qui est vraiment Frika...
Max du Veuzit (1876-1952) "La lettre qui est arrivée, aujourd'hui, pour Mary Stone, ma chère petite compagne américaine, menace de nous jeter, elle et moi, en pleine aventure ; et je sens le besoin, ce soir, de me recueillir, de me tâter plutôt, si je puis employer ce verbe à son sens complètement figuré. C'est que, depuis quelques mois, je me laisse vivre, un peu au gré du hasard et sans chercher à interrompre le fil des menus événements qui me ballottent çà et là, selon le caprice de Mary. Cette fois, la chose est d'importance ! Vais-je, oui ou non, accepter de suivre en France ma bouillante compagne ? Irai-je jouer, à ses côtés, à Paris, le singulier rôle qu'elle me réserve ? Ne vais-je pas risquer de compromettre mon repos moral et ma réputation de jeune femme sérieuse et sensée, dans une aventure qui peut tourner à ma confusion ? D'un autre côté, puis-je refuser mon concours à cette chère Mary qui a l'habitude de toujours compter sur moi ? Ai-je le droit de la laisser se débrouiller seule, en ces circonstances où tout son avenir doit se jouer ?' Mary Stone, une jeune américaine, doit hériter d'un oncle qu'elle ne connaissait pas. Une seule condition : elle doit épouser son cousin Daniel qu'elle ne connait pas non plus... Et si elle demandait à Maryse, son amie, belle-mère et alter-ego, de se faire passer pour elle, afin de pouvoir étudier la situation...
Max du Veuzit (1876-1952) "Le déjeuner venait de finir dans les grands hôtels de Peïra Cava, et pendant que certains touristes s'attardaient au café devant des verres de liqueurs, le plus grand nombre des autres s'épandait sur la route sinueuse entre les sapins à flanc de coteau où les autocars bondés s'apprêtaient à regagner Nice par le Moulinet et Sospel. Le groupe formé par trois touristes qui s'avançaient le long du chemin rocailleux, serpentant autour d'une ferme, ne manquait pas d'être singulièrement pittoresque. Il était composé de deux vieilles personnes - un homme et une femme - et d'une jeune fille. Le monsieur et la dame, en tenue impeccable mais un peu démodée, semblaient sortir tout vivants d'un catalogue de mode datant de 1900. Ils suivaient péniblement le chemin tortueux et difficile, long à peine cependant de quelques centaines de mètres qui, en partant de l'entrée de Peïra Cava, dans le coin le plus pittoresque des Alpes niçoises, se dirigeait vers la table d'orientation qu'une municipalité prévoyante a fait aménager à la pointe même de ce plateau, pour permettre au touriste de contempler un des plus beaux panoramas des Alpes." Une jeune fille parvient à fausser compagnie aux personnes qui la chaperonnent. Elle s'enfonce dans la montagne malgré tous les risques qu'elle encourt. Son chemin croise celui d'Alexis de Pradel, jeune attaché d'ambassade, qui tente de la dissuader de continuer sa randonnée. La jeune fille va vite se retrouver avec un nouveau chaperon...
Max du Veuzit (1876-1952) "À la terrasse d'un restaurant champêtre situé à la sortie d'Auffay - bourg de la Seine-Maritime traversé par la grande route de Dieppe à Rouen - un groupe de cinq jeunes gens finissait de déjeuner. Quatre d'entre eux étaient des étudiants venus dans leur famille pour y passer les vacances de Pâques : le cinquième, Victor Leblanche, était fils d'un gros industriel de la contrée. Ce dernier n'était pas le moins gai de tous, à en juger par les éclats de rire dont il accueillait les saillies de ses compagnons. La bande joyeuse était dans cet état de demi-ivresse, alors qu'il reste encore assez de raison pour comprendre ce que l'on fait et pas assez, pourtant, pour s'empêcher de faire et dire des bêtises. - Je vous le dis en vérité, s'écria Victor Leblanche en brandissant un flacon de cognac à moitié vide : il y en a, dans cette bouteille, beaucoup plus qu'il n'en restera tantôt. - Quand tu auras fini de débiter des sottises, répondit un des jeunes gens. - Des sottises ! Où donc en vois-tu dans mes paroles ?... Toi-même, ne vas-tu pas m'aider à soulager de son contenu ce grossier récipient, dont les flancs rebondis sont pleins d'un délicieux breuvage appelé « fine Champagne » ! - Bravo ! Continue, tu deviens savant dans tes phrases ! Une vieille femme, surnommée la Jeannette, raconte à des étudiants son histoire. Obligée par sa mère à épouser un homme violent et alcoolique, Pierre Latour, elle n'a jamais oublié Jean Ménard qu'elle n'a cessé d'aimer...
Max du Veuzit (1876-1952) "- Sylvane, laisse un peu ta broderie ; il y a bien autre chose à faire aujourd'hui. La pauvre Méline vient de me faire prévenir qu'elle ne pouvait venir terminer les nettoyages. Elle s'est fait une entorse et souffre beaucoup. Je ne vais quand même pas attendre sa guérison pour remettre la maison en ordre... Allons, vite, mon enfant, pose cet ouvrage sans utilité. - Oui, maman, dit l'interpellée, obéissant un peu à regret. Elle leva vers sa mère son doux visage où de grands yeux bleus faisaient oublier, par leur lumière, tout ce que cette physionomie avait d'un peu triste. Elle rangea soigneusement, dans la corbeille, le fin napperon auquel elle travaillait et, se hâtant, alla retrouver Mme Sambreron qui s'affairait à cirer les meubles de la salle à manger. - Mon Dieu ! que tu n'es pas vive, ma pauvre petite ! Tous ces soins ménagers n'ont pas l'air de te plaire... Je ne sais ce que tu pourrais faire sans moi ! La vie d'une femme, c'est son intérieur bien tenu... Tiens ! Prends cette cuvette, ces torchons, et astique les vitres, bien soigneusement. Docilement, la jeune fille obéit. Après avoir caché ses clairs cheveux sous une pointe de percale blanche et ceint sa taille d'un grand tablier bleu, elle entreprit silencieusement la tâche que sa mère lui commandait. Celle-ci, de son côté, époussetait délicatement de vieilles porcelaines, souvenirs précieux d'un luxe passé. Souvent, Sylvane jetait un regard curieux et navré, par la fenêtre, vers le ciel bleu et les lointains horizons mauves." Sylvane est forcée par sa mère, Mme Sambreron, à accepter la curieuse proposition du notaire Me Patront : se marier avec un inconnu proche de la mort mais très riche, afin que l'héritage ne tombe pas dans les mains d'un parent indigne. Sylvane deviendrait ainsi veuve et riche très vite...
Max du Veuzit (1876-1952) "Par la haute fenêtre en ogive, étroite et austère, j'aperçois la grise étendue des Highlands, cette sorte de steppe dénudée et vallonnée, noyée en ce moment par une pluie persistante et fine. Je vois s'estomper, dans le lointain, perdues dans la brume, les courbes incertaines, battues par le vent, du glen désertique. Est-ce bien moi qui suis là, devant ce paysage sans espoir ? Est-ce bien moi, Christiane Chambreuil, qui me trouve ici, dans cette chambre glaciale, en face de cette patrie du spleen et du brouillard, entourée de murs hostiles et de gens inconnus ? Je suis obligée de me pincer pour réaliser pleinement la réalité de ce cauchemar, pour me persuader que je ne rêve pas, pour me convaincre que c'est bien de moi qu'il s'agit, que cette demeure s'appelle Uam-Var - la Grande Caverne - et que, si j'y suis, c'est de ma propre volonté, car personne ne m'a contrainte d'y venir, ni ne m'y a traînée de force. Je m'arrache, pour quelques instants, à cette fenêtre et à ce panorama déprimant. Mes yeux tombent sur le large miroir qui se trouve en face du haut lit à baldaquin que je viens de quitter. Il n'y a aucun doute, il s'agit bien de moi. Cette personne qui se reflète dans cette glace dont le tain a presque noirci, sous l'outrage des années, et qu'on voit mal dans l'incertitude de cette lumière fantomatique environnante, est bien Christiane Chambreuil. Aucun doute là-dessus ! Les traits sont légèrement déformés par la surface de la glace qui n'a pas l'air d'être tout à fait plate, mais c'est néanmoins de moi qu'il s'agit. Et c'est bien en haute Écosse que je me trouve." Romance. Christiane Chambreuil doit, à la mort de son père, s'occuper de sa mère malade et de ses frères et soeurs. Malheureusement, elle gère mal l'héritage paternel et l'argent vient à manquer... Elle trouve alors une place de "maîtresse de maîson" en Ecosse...
Max du Veuzit (1876-1952) "Ce jour-là, Anne-Marie, la femme de chambre de Mme Nordin, pénétra chez moi, une lettre à la main. Cette fille se montrait peu affable pour moi. Depuis deux mois que j'étais au château, elle me poursuivait d'une sorte d'antipathie sournoise que je n'avais pu vaincre encore, malgré tous mes bons procédés à son égard. J'ai pensé, depuis, que l'envie devait être le motif de cette animosité injustifiée qu'elle me marquait. Je mangeais à la table des maîtres, je tenais compagnie à Mme Nordin ; celle-ci me mettait au courant de toutes ses affaires ; enfin, et surtout, j'avais un appartement à part, à l'étage réservé aux invités. Anne-Marie ne pouvait pas me pardonner d'être traitée au château d'une façon différente de celle dont on usait normalement avec les domestiques. - Pas gros, votre courrier. Mais, pour une fois, il compte, fit la femme de chambre en me désignant de loin la lettre qu'elle tenait. Retournant la missive entre ses doigts, elle se mit à rire d'une façon incisive et mordante. Et, lisant tout haut la suscription : - « Madame Walter Anderson, née Simone Montagnac, lectrice de Madame Nordin, au château des Fresnes, par Clavigny (Eure)... » C'est bien pour vous, il n'y a pas d'erreur ! Alors ! vous êtes mariée ? Compliments, mademoiselle Simone Montagnac, comme vous vous faites appeler ici ; quand on a déjà un passé de femme mariée et qu'on le cache, c'est qu'il renferme des choses peu propres... Foi d'Anne-Marie, j'aime mieux afficher ouvertement le galant qui m'épousera aux prochaines feuilles que d'envoyer mon mari aux oubliettes comme vous paraissez le faire ! Ahurie, je toisai la fille dont le rire insolent m'insultait plus que les paroles." Romance. Simone Montagnac est orpheline. A sa sortie du couvent, elle devient dame de compagnie de Mme Nordin. Quelle n'est pas sa surprise de recevoir un courrier d'un notaire au nom de Mme Walter Anderson, née Simone Montagnac... Pourtant elle n'a jamais été mariée...
Max du Veuzit (1876-1952) - Philippe, mon enfant, veux-tu, oui ou non, examiner sérieusement ma proposition ? Ton entêtement causera une catastrophe ! La voix suppliante de la vieille dame fit tressaillir le comte. Il redressa sa haute taille qu'une longue méditation, après dîner, avait courbée vers les tisons de la grande cheminée. - Je n'arrive pas à vous suivre sur ce terrain, ma mère ! D'ailleurs, comment croire à la réalité d'une pareille proposition ? - Je t'ai expliqué que Me Garnier, qui nous est tout dévoué, est certain des avantages énoncés. Il a dit douze millions ! - Cette histoire est fantastique ! - Si tu en doutes, consulte-le ; en même temps, il te confirmera que nous sommes au bord du gouffre. - Je ne l'ignore pas. - Oui, mais il te dira aussi que ton pauvre frère ne sait plus de quel côté se tourner... cette affaire de pétrole lui a tout mangé... la dot de sa femme y a passé, tout est englouti et cependant Charles me disait encore la semaine dernière que, s'il avait des fonds, il continuerait ses recherches : il est sûr qu'il y a du pétrole aux Chaumes-Rouges. Il en a trouvé. - Insuffisamment. - Parce que ses moyens sont limités. Il lui faudrait un commanditaire. Philippe d'Armons eut un geste d'indignation. - Après avoir englouti tout ce qu'il possédait, il risquerait l'argent des autres. C'est insensé ! Mais la mère prit chaleureusement la défense de l'absent. Et sa voix douce observa avec une profonde conviction : - Charles est un honnête homme. S'il dit qu'il y a du pétrole, c'est qu'il y en a. Et c'est désastreux pour lui, et pour nous tous, qu'il ne puisse continuer ses recherches. - Alors, c'est pour lui permettre de nourrir sa marotte que vous me dites : « Marie-toi. » Romance. "C'est ça que vous avez osé me faire épouser ?" Par amour pour sa mère et par devoir, Philippe d'Armons accepte d'épouser une inconnue : Myette Darteuil. Ce mariage va renflouer les finances des d'Armons et éviter que leur nom soit sali. Philippe qui vient de perdre, 6 mois auparavant, son épouse adorée, ne s'intéresse pas du tout à sa future femme et ne cherche pas à en savoir plus : Il se marie... point. Quelle déconvenue !
Max du Veuzit (1876-1952) "L'homme avançait avec précaution et, pourtant, il se hâtait. Dans l'aurore qui pâlissait le ciel, la cime des sapins se balançait avec nonchalance. De place en place, les feuilles pâles d'un bouleau frissonnaient. Le long des pentes abruptes, l'eau coulait, joyeuse et pressée, entraînant avec elle des cailloux ronds et des fleurs desséchées, arrachées à la terre par le vent du Nord. L'homme avançait... C'était un garçon de vingt-cinq ans environ, grand et svelte. La décision se lisait sur son visage, tendu par le double effort d'une attention sans cesse aux aguets et d'un cheminement difficile. Difficile, non pas que le sol ou le sous-bois fussent particulièrement pénibles à parcourir, mais par tout ce qui pouvait y survenir de mauvaises surprises ou de rencontres indésirables. Car l'homme qui marchait dans la montagne, par ce matin de printemps, manifestement se cachait." Alain d'Arlevé, compositeur reconnu, pénètre clandestinement en Sylvanie, un pays fragilisé par une révolution. Son but est de récupérer sa cousine Wanda afin de l'exfiltrer vers la France. Wanda n'est pas n'importe qui, c'est l'héritière de l'ex-roi de Sylvanie massacré par les révolutionnaires...
Max du Veuzit (1876-1952) "Dans la grande salle moderne de l'hôtel Maureuse, rue de la Rochefoucauld, le repas de midi s'achevait. En silence, les trois convives, repus, égrenaient lentement leurs grappes de raisin. Fernand Maureuse, le maître de céans, posa tout à coup sa serviette en tampon sur la table. S'adressant à son fils, il dit : - Ne t'éloigne pas, Daniel. J'ai besoin de parler longuement avec toi, avant d'aller à ma banque. - Oh ! papa, excusez-moi ! protesta vivement le jeune homme. Vous m'avez laissé, ce matin, la liberté de ma journée !... Si vous m'aviez prévenu que vous désiriez m'entretenir, je me serais mis alors à votre disposition. Maintenant, j'ai pris ou accepté des rendez-vous. Je ne puis rester auprès de vous sans être obligé de décommander une bonne douzaine d'amis ! - Tant pis pour cette bonne douzaine-là, mon cher ! J'ai reçu, au courrier de dix heures, une lettre de ton grand-père qui te concerne. Il me faut en parler longuement avec toi. Le visage du jeune homme se figea." Anne de la Boissière, surnommée Sainte-Sauvage, est une jeune femme aristocrate vivant dans un autre monde que ses contemporains. La mort de son père la ruine et la laisse sans rien ; même la demeure ancestrale va être vendue. Le liquidateur des biens n'est autre que Daniel Maureuse, le petit-fils du principal créancier : Thomas Rasquin, l'ancien berger des la Boissière, un être avare et sans pitié, qui s'est enrichi...
Max du Veuzit (1876-1952) "- Bonjour, Delphie, ma bonne Delphie ! Comme je suis contente de te voir ! Debout au seuil de la maison d'où elle guettait l'arrivée de ses maîtres, la vieille servante joignit les mains dans un geste de surprise émerveillée : - Mam'zelle Nicole ! C'est-y Dieu possible que vous reveniez enfin ? Vous v'là ! C'est-y ben vous ? - Mais oui, Delphie ! me voici ! Je t'assure que c'est bien moi, et bien vivante !... Vivante, certes, elle l'était, la fraîche jeune fille qui venait de sauter lestement de la voiture arrêtée devant la porte ! Maintenant, elle s'avançait vive et légère vers Delphie et, la prenant dans ses bras, elle embrassait joyeusement les vieilles joues ridées comme des pommes sèches. - Oui, ma bonne Delphie, je reviens pour toujours vivre à la maison. Finis le pensionnat, les braves religieuses et les camarades de classe ! Vivent papa et la liberté ! Vivent ma vieille Delphie et tous les hôtes du Ragon, y compris les chiens, les poules et les canards ! Une profonde révérence ponctua la fin de ce joyeux vivat. Un sourire épanoui élargissait le visage de la vieille." Romance. Lord d'une partie de chasse, chez son cousin, lord Blackenfield est victime d'une chute de cheval. Immobilisé, il est soigné par la fille du garde-chasse, Nicole. Il en tombe amoureux et l'épouse...
In the annals of Canadian history, the construction of the transcontinental railway stands as a monumental achievement. "Chronicles of Canada Volume 32 - The Railway Builders" by Oscar D. Skelton chronicles this epic endeavor, capturing the spirit of innovation, determination, and sacrifice that shaped a nation. From the visionaries who conceived the project to the laborers who toiled tirelessly, Skelton paints a vivid portrait of the challenges and triumphs that marked this transformative era. Prepare to embark on a journey through time, where the iron rails forged a path to a new destiny for Canada.
In the Victorian era, women were expected to be pure and modest, and any discussion of sex was considered taboo. But one man dared to challenge this convention. R. B. Armitage, a physician and sexologist, wrote "Private Sex Advice to Women" in 1892, a groundbreaking book that offered women frank and explicit advice on sexual matters. Armitage's book was controversial at the time, but it was also a valuable resource for women who were seeking information about their own bodies and sexuality. Today, "Private Sex Advice to Women" is still a fascinating read, offering a glimpse into the sexual attitudes of the Victorian era and providing valuable insights into the history of sexuality.
Max du Veuzit (1876-1952) "4 avril. Je quitte pour toujours le couvent, ce matin. Joie, bonheur ! Les religieuses m'ont fait leurs adieux, les yeux remplis de larmes... Yvonne du Boussu m'a dit : « Chic ! tu en as de la veine ! J'ai encore quinze mois à rester ici, moi ! » Marthe Charmin m'a soufflé à l'oreille : « Bonne chance ! Tâche de dénicher vivement un mari et invite-moi à tes noces... » Lucy Kabd a déclaré en m'embrassant : « Ce qu'on va s'ennuyer, ici, sans toi ! Quelle malchance, quand il en part une ! » Enfin, Suzanne de Vouzon, ma préférée entre toutes, m'a fait ses adieux en sanglotant : « Tu m'écriras souvent, dis ?... » J'ai promis... Et, malgré ma joie de m'évader, cela me faisait quelque chose de les quitter, ces quatre-là ! 6 avril. Enfin libre !" Solange de Borel a 18 ans. Elle quitte enfin le couvent pour retourner auprès de sa mère. Son père est disparu en mer quand elle était enfant. Elle se met en tête qu'il est encore vivant et décide d'enquêter...
Max du Veuzit (1876-1952) "- Toc, toc ! Sans lever les yeux de dessus son tricot, Marie Jousserand, dame de compagnie en cette riche demeure, jeta de sa voix nette un Entrez retentissant. Une jeune femme de chambre pénétra dans la pièce. - C'est moi, mademoiselle, fit-elle, un peu intimidée. - Ah ! te voilà, Céline ! Eh bien, es-tu contente d'être ici ? La place n'est pas trop fatigante, elle est bien rétribuée. Si tu sais être sérieuse et dévouée, te voilà tranquille sur le sort des tiens. - Oh ! oui ! Et je fais des projets ; on dit que Mlle Frémonde est très bonne. - Elle est exquise pour qui sait la comprendre. - Et c'est pourquoi j'ai osé venir vous trouver, mademoiselle. Vous avez été très généreuse pour mes parents et grâce à vous je suis entrée ici. Je voudrais que vous n'ayez jamais à regretter ce que vous avez fait pour moi. La dame regarda la jeune fille." Romance. Claude Frémonde, jeune millionnaire, a toujours été habituée à faire ce qu'elle désire. Pas une larme ne devait couler de ses yeux. Son nouveau projet est d'acheter un mari correspondant à ses critères.... Son choix tombe sur l'avocat Didier Valencourt, sans clients et désargenté. Sera-t-il un mari de premier choix ?
Max du Veuzit (1876-1952) "- Êtes-vous contente d'Isabelle ? s'informa d'un ton d'impératrice Mme Rabel-Fouquet. - Mademoiselle votre nièce a très bien chanté, aujourd'hui, madame, se hâta de répondre l'humble professeur de chant qui venait tous les deux jours dans cette imposante demeure, pour y cultiver la voix de la pupille de Mme Rabel-Fouquet. - Il me semble, reprit avec hauteur cette dernière, que les vocalises de ma nièce ont été moins onctueuses que d'ordinaire. - Je ne trouve pas, madame, protesta l'artiste. Mademoiselle n'a que vingt ans et il me paraît nécessaire de ne pas trop forcer sa voix. Je la forme sans fatigue ; petit à petit, nous arriverons à l'ampleur totale, sans la moindre anicroche. N'est-ce pas la plus sage manière d'être utile à mon élève ? - Heu ! Je ne sais si, vraiment, c'est la meilleure façon d'apprendre, fit avec prétention la vieille dame. Mon aïeule, Isabelle Fouquet, chantait déjà à l'Opéra à l'âge de ma nièce, et son talent s'était imposé à tous. - Mlle Fouquet devait avoir une voix merveilleuse, acquiesça le professeur, avec une admiration qui cherchait à flatter la maîtresse de maison. - Une voix de toute beauté, en effet, affirma celle-ci en se rengorgeant. La légende dit que mon aïeule, quand elle chantait, faisait taire les oiseaux eux-mêmes, qui cessaient de siffler pour mieux l'écouter..." Romance. Isabelle, jeune orpheline de 20 ans, ne supporte plus sa tante chez qui elle vit. Elle décide de fuir et s'en va à Paris. Comment pourra-t-elle vivre sans argent et sans relation ?
Max du Veuzit (1876-1952) "Noële Sabatier avait dix-neuf ans quand Narcisse Bonnet, son tuteur, vint la retirer définitivement de l'orphelinat où elle avait été élevée. Sa mère était morte en lui donnant le jour et son père, chirurgien d'avenir, ne lui survécut que quelques années. Il mourut, après la guerre, des suites d'une piqûre infectieuse contractée en opérant un blessé. Il y eut des discours sur sa tombe, on parla de lui comme d'un héros victime du devoir. À titre posthume, on lui décerna même la croix de la Légion d'honneur ; mais il était sans fortune, et il laissait derrière lui une fillette de sept ans que nul parent ne se souciait d'élever. Un chimiste, Narcisse Bonnet, alors âgé de soixante-trois ans, offrit de se charger de l'orpheline. Il avait beaucoup connu son père et, dans un mouvement de générosité dont l'enfant devait lui être toujours reconnaissante, il accepta sa tutelle et la sauva de l'Assistance publique. Malheureusement, les meilleurs mouvements ne portent pas toujours en eux leur récompense. La guerre venait de finir et, bien que sérieusement augmentée déjà, la vie chère ne sévissait pas encore aussi durement qu'elle devait le faire quelques années plus tard. La profession de chimiste comporte beaucoup d'aléas et n'a pas la réputation d'enrichir son homme. Il faut croire qu'il en fut bien ainsi pour Narcisse Bonnet. Noële connut auprès de lui quelques mois de tranquillité qui adoucirent ses débuts d'orpheline et lui permirent de ne pas désespérer de la vie." Noële est une jeune orpheline élevée dans un couvent. Son tuteur ne peut plus s'occuper d'elle et lui trouve une place de secrétaire dans le sud de la France, au domaine de Montjoya isolé en pleine montagne. Mais Yves Le Kermeur, le propriétaire, ne souhaite pas UNE secrétaire mais UN secrétaire et la renvoie sur le champ...
Max du Veuzit (1876-1952) "J'ai toujours aimé, après une nuit passée en chemin de fer, à me réveiller de bonne heure dans un paysage inconnu. L'air salubre, l'espace, la vitesse, la nouveauté, accomplissent leur miracle... c'est une sorte de résurrection. Le fardeau des soucis semble moins lourd à porter, parce que l'ambiance journalière est loin. Parti hier soir de Paris, après quelques heures de sommeil cahoté et interrompu à chacun des arrêts du train, me voici transporté en pleine Bretagne, à l'heure où le soleil, surgissant à l'horizon, emperle de mille feux scintillants la rosée nocturne épandue sur l'herbe et les buissons. Je ne suis jamais venu dans cette partie de la France, et le paysage est tout nouveau pour moi. Ces petits champs bordés de talus couverts d'ajoncs, au milieu desquels dominent quelques arbres rabougris, taillés à hauteur d'homme, divisent le paysage en une multitude de terrains d'un pittoresque effet, puisque, selon la culture de chacun d'eux, leur couleur change d'aspect et va du brun foncé de la terre fraîchement labourée à l'or roussi du blé mûr, au rouge incarnat du trèfle ou au vert tendre des saules se mirant sur l'eau. La campagne est accidentée. Il y a des bosses et des creux, des plaines et des coteaux, avec des petits cours d'eau qui sillonnent l'étendue et qui donnent à ce paysage un aspect à nul autre pareil." Romance. Le jeune peintre Marc Abel arrive au Voulch, un coin perdu du Finistère, pour passer des vacances. Il découvre un vieux château en ruine, le château de Keridec, qu'il décide d'immortaliser sur une toile. Lors d'un pardon (fête bretonne), il rencontre Marie-Claire, une étrange jeune paysanne...
Max du Veuzit (1876-1952) "Richard Daubigny, passant devant la porte vitrée de la loge de la gardienne, s'arrêta brusquement. Il venait d'entendre un enfant qui toussait violemment, d'une vilaine toux qui fit froncer les sourcils du jeune homme. Il écouta un instant. La quinte ne diminuait pas d'intensité. Sans hésiter, il frappa et entrouvrit la porte sans attendre de réponse. - Eh bien ! madame Bertain, dit-il, il y a un malade chez vous ? Qui tousse ainsi ? Serait-ce votre fille ? Du fond de la pièce mal éclairée, une voix tranquille lui répondit : - Bonjour, monsieur Daubigny, non, ce n'est pas ma fille, c'est Moustique qui a pris un rhume. C'est vrai qu'elle tousse beaucoup, aujourd'hui. Une vraie pitié ! Tout en parlant, la femme s'était approchée de la porte avec un sourire aimable. - Qu'est-ce qu'il y a pour votre service, m'sieur Daubigny ? - Rien du tout, dit le jeune homme. Je suis entré parce que cette toux ne disait rien qui vaille au médecin que je suis. Au fait, qui est donc Moustique ? Une de vos nièces ? - Ma foi, non." Romance. Richard Daubigny, jeune médecin peu enclin à exercer, fait la connaissance de Moustique, une jeune fille, orpheline, chétive et malade des poumons. Il décide de la prendre en charge et la soigner...
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Max du Veuzit (1876-1952) "Depuis longtemps, la nuit était venue. Dans la campagne, les lumières éparses aux quatre bouts de l'horizon s'étaient éteintes lentement, une à une, semant sur les champs et les bois des ombres de ténèbres et des coins de mystère. Au château des Houx-Noirs, pourtant, on veillait encore. Au rez-de-chaussée, les fenêtres de la salle de billard rayonnaient, lumineuses, sur la façade toute sombre des hautes murailles de pierre. On les avait laissées largement ouvertes pour mieux goûter la douceur de cette tiède soirée d'automne. Assise dans un fauteuil, devant un vieux guéridon de mosaïque curieusement ouvragé, Mme Croixmare cousait, pendant que son fils Roger, un homme de trente-trois ans environ, fumait, auprès d'elle, un gros cigare blond dont la fumée montait en spirale bleutée vers le plafond. - Qu'est-ce que c'est que cette machine-là, maman ? fit tout à coup le jeune homme. - Quoi donc ? - Cet ouvrage ? Il indiquait la tapisserie de sa mère. Celle-ci répondit : - C'est un écran de cheminée. Regarde... pour quand tu seras marié." Roger Croixmare est fiancé à
Max du Veuzit (1876-1952) "Castel-Pic est le nom de la maison que nous habitons, grand-mère et moi, avec nos deux serviteurs Sabin et Fauste. C'est un vieux manoir, lézardé et sombre, qui se dresse tout en haut d'un amas de rochers escarpés dominant les vallées environnantes. Il n'y a guère de verdure à Castel-Pic : quelques grands pins ont poussé dans les creux des rocs et dressent leurs cimes orgueilleuses, de-ci de-là, sans symétrie ; les bruyères ont grimpé à l'assaut des roches nues et se sont emparées des moindres anfractuosités ; les genêts, les romarins, les ronces semblent avoir élu domicile sur la pierre même, de telle sorte que leurs couleurs sombres se confondent avec la teinte foncée du granit de nos assises ; enfin, le lierre a envahi nos murailles et il revêt en entier la façade nord du château et la tour carrée dont il est flanqué à gauche. Ces pins, ces bruyères, ces ronces, ce lierre c'est toute la flore de Castel-Pic, et Sabin, qui tient chez nous le rôle multiple de commissionnaire, garçon de peine, frotteur, concierge, muletier, jardinier, a vainement essayé d'y planter des arbres fruitiers. Il y a trop de neige l'hiver, de soleil l'été, de vent toute l'année. Tel qu'il est, pourtant, sauvage et nu, inaccessible aux véhicules de tous genres, loin de toute habitation, de tout bruit, de tout mouvement, seul enfin, sur son aiguille de pierre, tel qu'il est, j'adore Castel Pic." Romance. Yane est une adolescente qui vit isolée en compagnie de sa grand-mère et de deux serviteurs, au château de Castel-Pic. Rien ne s'y passe et personne n'y passe... Quelle surprise lorsque le facteur grimpe au château pour y apporter un recommandé... Bonne ou mauvaise nouvelle ?