Michel Foucault
Michel Foucault
Venez découvrir notre analyse de la pensée de Michel Foucault grâce à une étude de référence. Écrite par un spécialiste universitaire, cet ouvrage est recommandé par de nombreux enseignants de philosophie. Cet ouvrage contient plusieurs parties : la biographie du philosophe, le résumé détaillé de sa pensée, une bibliographie pour aller plus loin. Retrouvez tous nos titres sur : www.fichedelecture.fr.
Venez découvrir Du contrat social, l'ouvrage de Jean-Jacques Rousseau, grâce à une analyse philosophique de référence. Écrite par un spécialiste universitaire, cette fiche de lecture est recommandée par de nombreux enseignants. Ce livre contient plusieurs parties : la biographie du philosophe, le résumé détaillé, le courant philosophique, le contexte de publication et l'analyse complète. Retrouvez tous nos titres sur : www.fichedelecture.fr.
Venez découvrir Surveiller et Punir, l'ouvrage de Michel Foucault, grâce à une analyse philosophique de référence. Écrite par un spécialiste universitaire, cette fiche de lecture est recommandée par de nombreux enseignants. Ce livre contient plusieurs parties : la biographie du philosophe, le résumé détaillé, le courant philosophique, le contexte de publication et l'analyse complète. Retrouvez tous nos titres sur : www.fichedelecture.fr.
C'est à une plongée dans l'histoire que nous invitent ces vieux métiers illustrés par la chanson. Depuis le Moyen Âge, des habitudes, des tours de main, des termes techniques et des noms particuliers ont façonné l'univers vivant de ces métiers qui ont perduré jusqu'à la révolution industrielle. Beaucoup d'entre eux ont inspiré une multitude de chansons à des auteurs aussi populaires que Paulus ou Théodore Botrel. Elles donnent un brin de nostalgie à la vivante évocation de ce monde disparu auquel nous convie Michel Foucault.
Peut-être avons-nous honte aujourd'hui de nos prisons. Le XIXe siècle, lui, était fier des forteresses qu'il construisait aux limites et parfois au coeur des villes. Ces murs, ces verrous, ces cellules figuraient toute une entreprise d'orthopédie sociale. Ceux qui volent, on les emprisonne ; ceux qui violent, on les emprisonne ; ceux qui tuent, également. D'où vient cette étrange pratique et le curieux projet d'enfermer pour redresser, que portent avec eux les Codes pénaux de l'époque moderne ? Un vieil héritage des cachots du Moyen Âge ? Plutôt une technologie nouvelle : la mise au point, du XVIe au XIXe siècle, de tout un ensemble de procédures pour quadriller, contrôler, mesurer, dresser les individus, les rendre à la fois "dociles et utiles". Surveillance, exercices, manoeuvres, notations, rangs et places, classements, examens, enregistrements, toute une manière d'assujettir les corps, de maîtriser les multiplicités humaines et de manipuler leurs forces s'est développée au cours des siècles classiques, dans les hôpitaux, à l'armée, dans les écoles, les collèges ou les ateliers : la discipline. La prison est à replacer dans la formation de cette société de surveillance. La pénalité moderne n'ose plus dire qu'elle punit des crimes ; elle prétend réadapter des délinquants. Peut-on faire la généalogie de la morale moderne à partir d'une histoire politique des corps ?
À l'automne 1978, Michel Foucault se rend en Iran pour réaliser un "reportage d'idées" sur le soulèvement contre le régime du shah. Dix articles sont publiés par le Corriere della Sera, dans lesquels il tente de comprendre la révolte, sa forme singulière et ses aspirations. Un exercice à la croisée de la philosophie et du journalisme, "où l'analyse de ce que l'on pense [est] liée à celle de ce qui advient". À l'époque, un seul de ces articles est aussi publié en français, dans Le Nouvel Observateur. Il est à l'origine d'une polémique qui a traversé les années : Michel Foucault, en Iran, aurait été séduit par l'élan révolutionnaire au point d'être aveugle à son potentiel autoritaire, bientôt manifesté par la République islamique de l'ayatollah Khomeyni. Pourtant, le reportage ne relève ni d'un soutien à un régime qui n'existe pas encore, ni d'une fascination pour l'islam politique, dont Foucault perçoit les ambiguïtés et les dangers. Il est le témoignage d'un des rares intellectuels français à s'être rendus sur place pour comprendre au nom de quoi les Iraniens et les Iraniennes ont pu risquer leur vie dans une révolte fédérant des classes sociales et des mouvements politiques et religieux si différents. Le présent ouvrage réunit pour la première fois l'ensemble des articles du reportage, les critiques parues dans la presse de l'époque, ainsi que les réponses et réflexions de Foucault à ce propos. On y trouve aussi une sélection d'archives inédites - notes prises sur le vif et premières ébauches d'une pensée, toujours actuelle, de "l'événement Iran".
En 1978, Michel Foucault annonce un volume de son Histoire de la sexualité "consacré aux hermaphrodites". Avec la réorientation de son enquête vers l'Antiquité, il y a renoncé. Demeure dans ses archives ce manuscrit qui aurait pu en faire l'ouverture. À partir de procès échelonnés entre le XVIe et le XVIIIe siècle, il met en lumière le passage d'un régime juridique, attribuant un "sexe de décision", à un régime de véridiction, postulant que chaque individu a un seul et "vrai" sexe, qu'il revient à la science médicale de déterminer. C'est aussi le seul écrit dans lequel Foucault élabore la distinction cruciale, à la fois historique et théorique, entre sexe anatomique et sexualité. La préface d'Arianna Sforzini présente cette histoire par une lecture attentive des concepts organisant le texte, tandis que la postface d'Éric Fassin en fait ressortir les enjeux les plus contemporains, en analysant les rapports entre sexualité, sexe et genre.
En 1978, Michel Foucault annonce un volume de son Histoire de la sexualité "consacré aux hermaphrodites". Avec la réorientation de son enquête vers l'Antiquité, il y a renoncé. Demeure dans ses archives ce manuscrit qui aurait pu en faire l'ouverture. À partir de procès échelonnés entre le XVIe et le XVIIIe siècle, il met en lumière le passage d'un régime juridique, attribuant un "sexe de décision", à un régime de véridiction, postulant que chaque individu a un seul et "vrai" sexe, qu'il revient à la science médicale de déterminer. C'est aussi le seul écrit dans lequel Foucault élabore la distinction cruciale, à la fois historique et théorique, entre sexe anatomique et sexualité. La préface d'Arianna Sforzini présente cette histoire par une lecture attentive des concepts organisant le texte, tandis que la postface d'Éric Fassin en fait ressortir les enjeux les plus contemporains, en analysant les rapports entre sexualité, sexe et genre.
Les sciences humaines d'aujourd'hui sont plus que du domaine du savoir : déjà des pratiques, déjà des institutions. Michel Foucault analyse leur apparition, leurs liens réciproques et la philosophie qui les supporte. C'est tout récemment que l''homme' a fait son apparition dans notre savoir. Erreur de croire qu'il était objet de curiosité depuis des millénaires : il est né d'une mutation de notre culture. Cette mutation, Michel Foucault l'étudie, à partir du XVIIe siècle, dans les trois domaines où le langage classique - qui s'identifiait au Discours - avait le privilège de pouvoir représenter l'ordre des choses : grammaire générale, analyse des richesses, histoire naturelle. Au début du XIXe siècle, une philologie se constitue, une biologie également, une économie politique. Les choses y obéissent aux lois de leur propre devenir et non plus à celles de la représentation. Le règne du Discours s'achève et, à la place qu'il laisse vide, l''homme' apparaît - un homme qui parle, vit, travaille, et devient ainsi objet d'un savoir possible. Il ne s'agit pas là d'une 'histoire' des sciences humaines, mais d'une archéologie de ce qui nous est contemporain. Et d'une conscience critique : car le jour, prochain peut-être, où ces conditions changeront derechef, l''homme' disparaîtra, libérant la possibilité d'une pensée nouvelle.
Les Aveux de la chair, quatrième et dernier volume d'une Histoire de la sexualité, est en réalité le premier auquel Michel Foucault s'était attelé après La Volonté de savoir. Il y traite des règles et des doctrines que les Pères de l'Église ont élaborées entre le IIe et le IVe siècle au sujet de la chair et du désir (libido) : sacrements du baptême et de la pénitence, examens de conscience, virginité et mariage... Au cours de son travail, Michel Foucault s'était persuadé que l'essentiel de ces règles et doctrines était un héritage remanié des disciplines de soi élaborées par les philosophes grecs et latins de l'Antiquité classique et tardive. C'est à leur analyse qu'il s'est appliqué, pour aboutir en 1984 à la publication simultanée de L'Usage des plaisirs et du Souci de soi. Publié à titre posthume, ce livre-ci est donc un premier jet auquel Foucault comptait se remettre au moment de sa mort. La réunion des volumes de Dits et écrits (1954-1988), publiés en 1994, puis celle des cours au Collège de France en ont retardé l'édition et la mise au point. Tel quel, désormais, il constitue un état très élaboré de la pensée de Foucault, et peut-être le coeur même de l'entreprise : la partie à laquelle il attachait assez d'importance pour se lancer dans l'aventure.
"C'est, en principe, une histoire de la folie qu'on enferme, du Moyen Âge au XIXe siècle ; c'est, plus profondément, à travers l'étude de cette structure qu'est l'internement, une tentative pour établir un dialogue entre folie et déraison ; c'est enfin une esquisse de ce que pourrait être "une histoire des limites - de ces gestes obscurs, nécessairement oubliés dès qu'accomplis, par lesquels une culture rejette quelque chose qui sera pour elle l'Extérieur." Maurice Blanchot.
Nommé au Collège de France, Michel Foucault a entrepris, durant la fin des années soixante-dix, un cycle de cours consacré à la place de la sexualité dans la culture occidentale : l'Histoire de la sexualité, articulée en trois volumes (La volonté de savoir, L'usage des plaisirs et Le souci de soi). Il y prolonge les recherches entreprises avec L'archéologie du savoir et Surveiller et punir, mais en concentrant ses analyses sur la constellation de phénomènes que nous désignons par le "sexe" et la sexualité. L'axe de cette entreprise n'est pas de s'ériger contre une "répression" de la sexualité afin de la "libérer", mais de montrer comment la vie sexuelle a enclenché une volonté systématique de tout savoir sur le sexe qui s'est systématisée en une "science de la sexualité", laquelle, à son tour, ouvre la voie à une administration de la vie sexuelle sociale, de plus en plus présente dans notre existence. Foucault fait ainsi l'archéologie des discours sur la sexualité (littérature érotique, pratique de la confession, médecine, anthropologie, psychanalyse, théorie politique, droit, etc.) depuis le XVIIe siècle et, surtout, au XIXe, dont nous héritons jusque dans les postures récentes de libération sexuelle, l'attitude de censure et celle d'affranchissement se rencontrant finalement dans le même type de présupposé : le sexe serait cause de tous les phénomènes de notre vie comme il commanderait l'ensemble de l'existence sociale.
Au moyen d'un langage tendu, mat et méticuleux, Raymond Roussel (1877-1933) a ouvert un espace littéraire résolument nouveau. Jeux du double et du même, de la différence et de l'identité, du temps qui se répète et s'abolit, du mot qui glisse sur lui-même et dit autre chose que ce qu'il dit : autant d'étranges machineries verbales qui servent à mettre en scène les propriétés dédoublantes du langage. Or, c'est à l'analyse de cet auteur marginal et ô combien secret que Michel Foucault a décidé de consacrer un essai, paru trois ans avant Les Mots et les Choses. Un essai qui, de l'aveu même de son auteur, est un ouvrage à part dans son oeuvre. Mais parce qu'il participe de son questionnement sur la folie et qu'il marque l'amorce d'une réflexion importante sur la littérature comme espace d'expérience et de transgression, il est devenu impossible de le reléguer au rang d'anomalie. Au contraire : la pensée de Foucault ne cesse de s'éclairer à la lumière de ce livre dont il disait lui-même qu'il fut sa "maison secrète, une histoire d'amour qui a duré quelques étés".
Au moyen d'un langage tendu, mat et méticuleux, Raymond Roussel (1877-1933) a ouvert un espace littéraire résolument nouveau. Jeux du double et du même, de la différence et de l'identité, du temps qui se répète et s'abolit, du mot qui glisse sur lui-même et dit autre chose que ce qu'il dit : autant d'étranges machineries verbales qui servent à mettre en scène les propriétés dédoublantes du langage. Or, c'est à l'analyse de cet auteur marginal et ô combien secret que Michel Foucault a décidé de consacrer un essai, paru trois ans avant Les Mots et les Choses. Un essai qui, de l'aveu même de son auteur, est un ouvrage à part dans son oeuvre. Mais parce qu'il participe de son questionnement sur la folie et qu'il marque l'amorce d'une réflexion importante sur la littérature comme espace d'expérience et de transgression, il est devenu impossible de le reléguer au rang d'anomalie. Au contraire : la pensée de Foucault ne cesse de s'éclairer à la lumière de ce livre dont il disait lui-même qu'il fut sa "maison secrète, une histoire d'amour qui a duré quelques étés".
Dans ce deuxième volume, Foucault poursuit son enquête historique sur les sources de notre sexualité occidentale. Il a dû infléchir son projet initial pour s'intéresser aux sources antiques, grecques et surtout romaines. La recherche se développe selon tous les aspects concernés par la sexualité et prend ainsi les dimensions d'une anthropologie générale du plaisir. Foucault ne néglige pas non plus l'économie de la sexualité et son inscription dans un cadre social et juridique, et il étudie le statut du mariage, ainsi que l'organisation des foyers. Enfin, l'ouvrage se conclut sur un traité d'érotique et une réflexion sur ce que serait l'amour véritable.
Le troisième et dernier volume de l'histoire de la sexualité est consacré à la formation de l'individu telle qu'elle a été développée à travers des textes souvent peu analysés - Artémidore, Galien, le Pseudo-Lucien -, mais déterminants dans la mise en place d'une finalité générale de la culture qui culmine dans l'émergence d'une personnalité singulière, capable de faire le meilleur usage de son corps et de son esprit harmonieusement éduqué pour le rendre à même d'assumer les fonctions politiques auxquelles il est d'emblée destiné. Le souci de soi n'est pas égoïsme étroit, mais recherche de la vie selon un ordre qui assure la pérennité de la Cité, et que l'on cherche à déduire de la nature telle qu'on en comprend les lois. Foucault se révèle ainsi en quête de rétablir certains liens, rompus par la modernité, avec une tradition antique classique qu'il nous fait redécouvrir.
Archéologie : mot dangereux puisqu'il semble évoquer des traces tombées hors du temps et figées maintenant dans leur mutisme. En fait, il s'agit pour Michel Foucault de décrire des discours. Non point des livres (dans leur rapport à leur auteur), non point des théories (avec leurs structures et leur cohérence), mais ces ensembles à la fois familiers et énigmatiques qui, à travers le temps, se donnent comme la médecine, ou l'économie politique, ou la biologie. Ces unités forment autant de domaines autonomes, bien qu'ils ne soient pas indépendants, réglés, bien qu'ils soient en perpétuelle transformation, anonymes et sans sujet, bien qu'ils traversent tant d'oeuvres individuelles. Et là où l'histoire des idées cherchait à déceler, en déchiffrant les textes, les mouvements secrets de la pensée, apparaît alors, dans sa spécificité, le niveau des 'choses dites' : leur condition d'apparition, les formes de leur cumul et de leur enchaînement, les règles de leur transformation, les discontinuités qui les scandent. Le domaine des choses dites, c'est ce qu'on appelle l'archive ; l'archéologie est destinée à en faire l'analyse.
À l'automne 1965, Michel Foucault est invité à l'université de São Paulo. Il s'agit de son premier séjour au Brésil. Il vient de remettre à son éditeur le manuscrit de son maître-livre - Les Mots et les Choses. Six mois avant sa parution, il choisit d'en faire la matière d'un cours qu'il intitule : « Archéologie des sciences humaines ». Cette série de huit leçons permet à Michel Foucault de présenter à un public non préparé la trame historique et philosophique des Mots et les Choses. L'« Archéologie des sciences humaines » constitue ainsi à sa manière une introduction originale à l'ouvrage de 1966. Mais ces leçons proposent également une mise en perspective nouvelle des thèmes et des enjeux qui conduiront Foucault, au cours des années suivantes, à modifier en profondeur les coordonnées conceptuelles, philosophiques et épistémologiques de son « archéologie ».« Hautes Études » est une collection des Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, des Éditions Gallimard et des Éditions du Seuil.
En 1868, à Paris, un homme se donne la mort en laissant à la postérité un manuscrit autobiographique. C'est l'"Histoire d'Alexina B." que publiera en 1874 le médecin légiste Ambroise Tardieu. Pour celui-ci, il s'agit des "souvenirs et impressions d'un individu dont le sexe avait été méconnu", bref, d'un "pseudohermaphrodite". À plus de vingt et un ans, Herculine Adélaïde Barbin, surnommée Alexina, devenait en effet Abel en changeant de sexe à l'état civil. Sa plume passionnée raconte les tourments et les émois de la jeune fille, et son récit s'achève sur l'amer désespoir de l'homme. En 1978, Michel Foucault publie ce document remarquable, assorti d'un dossier historique. À l'assignation médicale d'un "vrai sexe", le philosophe de l'Histoire de la sexualité répond, dans la préface qu'il donne à la traduction américaine en 1980, en invoquant les "délices" d'une vie "sans sexe certain". Outre cette préface et la nouvelle Un scandale au couvent du médecin allemand Oscar Panizza, l'ouvrage est enrichi d'une postface d'Éric Fassin qui souligne combien le développement des gender studies mais aussi celui du mouvement "intersexe" engagent aujourd'hui à relire ce récit remarquable où Herculine / Abel s'invente un "vrai genre".
En 1868, à Paris, un homme se donne la mort en laissant à la postérité un manuscrit autobiographique. C'est l'"Histoire d'Alexina B." que publiera en 1874 le médecin légiste Ambroise Tardieu. Pour celui-ci, il s'agit des "souvenirs et impressions d'un individu dont le sexe avait été méconnu", bref, d'un "pseudohermaphrodite". À plus de vingt et un ans, Herculine Adélaïde Barbin, surnommée Alexina, devenait en effet Abel en changeant de sexe à l'état civil. Sa plume passionnée raconte les tourments et les émois de la jeune fille, et son récit s'achève sur l'amer désespoir de l'homme. En 1978, Michel Foucault publie ce document remarquable, assorti d'un dossier historique. À l'assignation médicale d'un "vrai sexe", le philosophe de l'Histoire de la sexualité répond, dans la préface qu'il donne à la traduction américaine en 1980, en invoquant les "délices" d'une vie "sans sexe certain". Outre cette préface et la nouvelle Un scandale au couvent du médecin allemand Oscar Panizza, l'ouvrage est enrichi d'une postface d'Éric Fassin qui souligne combien le développement des gender studies mais aussi celui du mouvement "intersexe" engagent aujourd'hui à relire ce récit remarquable où Herculine / Abel s'invente un "vrai genre".
« Nietzsche et Heidegger, ça a été le choc philosophique ! Mais je n'ai jamais rien écrit sur Heidegger et je n'ai écrit sur Nietzsche qu'un tout petit article ; ce sont pourtant les deux auteurs que j'ai le plus lus », dira Michel Foucault à la fin de sa vie. Puis, il précise : « Je crois que c'est important d'avoir un petit nombre d'auteurs avec lesquels on pense, avec lesquels on travaille, mais sur lesquels on n'écrit pas. » Les Cours, conférences et travaux sont des témoignages inédits du « travail » de Foucault avec Nietzsche. Ces textes datent des deux grandes périodes de sa vie intellectuelle : d'abord le début des années 1950, quand il s'intéresse à Hegel et à la phénoménologie, ainsi qu'au marxisme. Le jeune Foucault expérimente alors de nouvelles approches pour développer une philosophie fondée sur l'expérience et l'analyse du discours. Ensuite, après la publication des Mots et les Choses en 1966, lorsque Foucault revient avec élan à Nietzsche pour élaborer sa propre méthode généalogique, relançant ainsi son projet d'une histoire de la vérité et du dire vrai. C'est à travers la confrontation avec Nietzsche que Foucault aura construit sa propre manière de philosopher. Ces Cours, conférences et travaux sont indispensables pour comprendre comment Foucault a lu Nietzsche, en particulier au moment décisif où il le découvre. Ils sont essentiels pour saisir le Nietzsche de Foucault.
Qu'est-ce que la philosophie et quel est son rôle aujourd'hui ? Entre juillet et octobre 1966, quelques mois après la parution des Mots et les Choses, Michel Foucault, dans un manuscrit très soigneusement rédigé mais qu'il ne publiera pas, apporte sa réponse à cette question tant débattue. À la différence de ceux qui, à l'époque, s'attachent à dévoiler l'essence de la philosophie ou à en prononcer la mort, Foucault l'appréhende, dans sa matérialité, comme un discours dont il convient de dégager l'économie eu égard aux autres discours (scientifique, fictif, ordinaire, religieux) qui circulent dans un contexte donné. Le Discours philosophique propose ainsi une nouvelle manière de faire l'histoire de la philosophie, qui la décentre du commentaire des grands philosophes. Nietzsche y occupe toutefois une place particulière car il inaugure une conjoncture où la philosophie devient une entreprise de diagnostic du présent. Il revient en effet désormais à la philosophie de dire, à partir de l'« archive intégrale » d'une culture, ce qui en fait l'actualité. Si L'Archéologie du savoir, consacré aux enjeux méthodologiques d'un tel projet, s'y annonce, nulle part autant que dans Le Discours philosophique Michel Foucault n'aura explicité les ambitions de son programme intellectuel.
De 1961, date de son retour en France après plusieurs années passées en Suède, en Pologne et en Allemagne, jusqu'à la fin de sa vie, Michel Foucault a été très régulièrement présent à la radio, d'abord sur la chaîne France III National, puis à partir de 1963 sur France Culture. La parution de ses ouvrages est l'occasion de débats : c'est le cas de l'Histoire de la folie, de Raymond Roussel et de Les Mots et les Choses. La radio accueille aussi d'importantes conférences comme « Langages de la folie », « Rousseau juge de Jean-Jacques », « Les utopies réelles ou lieux et autres lieux » et « Le corps utopique ». La diversité des émissions et des thèmes traités reflète l'insatiable curiosité d'esprit de Michel Foucault : philosophie, sciences humaines, médecine - en particulier la psychiatrie -, histoire, littérature, politique, théâtre... Vision panoramique d'un Foucault saisi sur le vif, dans la chaleur et la surprise de l'échange, ce volume fournit la meilleure des introductions à l'une des grandes oeuvres de la pensée.
De 1961, date de son retour en France après plusieurs années passées en Suède, en Pologne et en Allemagne, jusqu'à la fin de sa vie, Michel Foucault a été très régulièrement présent à la radio, d'abord sur la chaîne France III National, puis à partir de 1963 sur France Culture. La parution de ses ouvrages est l'occasion de débats : c'est le cas de l'Histoire de la folie, de Raymond Roussel et de Les Mots et les Choses. La radio accueille aussi d'importantes conférences comme « Langages de la folie », « Rousseau juge de Jean-Jacques », « Les utopies réelles ou lieux et autres lieux » et « Le corps utopique ». La diversité des émissions et des thèmes traités reflète l'insatiable curiosité d'esprit de Michel Foucault : philosophie, sciences humaines, médecine - en particulier la psychiatrie -, histoire, littérature, politique, théâtre... Vision panoramique d'un Foucault saisi sur le vif, dans la chaleur et la surprise de l'échange, ce volume fournit la meilleure des introductions à l'une des grandes oeuvres de la pensée.
Les aveux de la chair, qui paraît aujourd'hui comme le quatrième et dernier volume de L'histoire de la sexualité, est en réalité le premier auquel Michel Foucault s'était consacré après La volonté de savoir (1976) qui constituait l'introduction générale de l'entreprise. Il s'attachait aux règles et doctrines du christianisme élaborées du IIe au IVe siècles par les Pères de l'Église. Au cours de son travail, Michel Foucault s'était persuadé que l'essentiel de ces règles et doctrines était un héritage remanié des disciplines de soi élaborées par les philosophes grecs et latins de l'Antiquité classique et tardive. C'est à leur analyse qu'il s'est courageusement appliqué, pour aboutir en 1984 à la publication simultanée de L'usage des plaisirs et du Souci de soi. L
Les aveux de la chair, qui paraît aujourd'hui comme le quatrième et dernier volume de L'histoire de la sexualité, est en réalité le premier auquel Michel Foucault s'était consacré après La volonté de savoir (1976) qui constituait l'introduction générale de l'entreprise. Il s'attachait aux règles et doctrines du christianisme élaborées du IIe au IVe siècles par les Pères de l'Église. Au cours de son travail, Michel Foucault s'était persuadé que l'essentiel de ces règles et doctrines était un héritage remanié des disciplines de soi élaborées par les philosophes grecs et latins de l'Antiquité classique et tardive. C'est à leur analyse qu'il s'est courageusement appliqué, pour aboutir en 1984 à la publication simultanée de L'usage des plaisirs et du Souci de soi. L
Les idées reçues ont le cuir dur : la lettre de cachet, sous l'Ancien Régime, passe aujourd'hui encore pour l'exemple même du bon plaisir royal servant à enfermer nobles infidèles ou grands vassaux désobligeants. Symbole de l'arbitraire, elle serait un acte public cherchant à éliminer l'ennemi du pouvoir sans autre forme de procès - au point que l'histoire a fait d'elle le symbole de la prise de la Bastille.Mais de la mémoire se sont enfuies les innombrables lettres servant à tout autre chose qu'aux affaires d'État. Il y a celles pour affaire de police, instrument le plus simple pour enfermer discrètement et secrètement la forte tête qui crée du désordre dans l'atelier, mais aussi les prostituées, les voleurs à la tire, les filous ou les comédiens - tout un monde de migrants, mouvant, fugitif. Plus encore, il y a les lettres de famille, lorsque le comportement d'un conjoint ou d'un fils paraît troubler l'ordre intime dont la tranquillité participe à l'ordre public.Arlette Farge et Michel Foucault nous proposent une lecture différente des Archives de la Bastille : où l'on n'avait voulu voir que la colère du souverain, ils dévoilent les passions d'un menu peuple ; où l'on était obnubilé par l'ordre monarchique, ils discernent, entre parents et enfants, dans les disputes des ménages, la trame fine de la vie privée et le désordre des familles. Édition revue en 2014
Les idées reçues ont le cuir dur : la lettre de cachet, sous l'Ancien Régime, passe aujourd'hui encore pour l'exemple même du bon plaisir royal servant à enfermer nobles infidèles ou grands vassaux désobligeants. Symbole de l'arbitraire, elle serait un acte public cherchant à éliminer l'ennemi du pouvoir sans autre forme de procès - au point que l'histoire a fait d'elle le symbole de la prise de la Bastille.Mais de la mémoire se sont enfuies les innombrables lettres servant à tout autre chose qu'aux affaires d'État. Il y a celles pour affaire de police, instrument le plus simple pour enfermer discrètement et secrètement la forte tête qui crée du désordre dans l'atelier, mais aussi les prostituées, les voleurs à la tire, les filous ou les comédiens - tout un monde de migrants, mouvant, fugitif. Plus encore, il y a les lettres de famille, lorsque le comportement d'un conjoint ou d'un fils paraît troubler l'ordre intime dont la tranquillité participe à l'ordre public.Arlette Farge et Michel Foucault nous proposent une lecture différente des Archives de la Bastille : où l'on n'avait voulu voir que la colère du souverain, ils dévoilent les passions d'un menu peuple ; où l'on était obnubilé par l'ordre monarchique, ils discernent, entre parents et enfants, dans les disputes des ménages, la trame fine de la vie privée et le désordre des familles. Édition revue en 2014
Qu'est-ce que l'homme ? Michel Foucault, au mitan des années 1950, consacre une partie de son enseignement, dispensé à l'université de Lille et à l'École normale supérieure, à comprendre comment cette interrogation a traversé et transformé la philosophie. Ces leçons sont rassemblées dans un manuscrit, dont nous proposons ici l'édition complète. Foucault déroule son parcours en une dramaturgie impeccable. Premier acte : montrer pourquoi la philosophie classique (Descartes, Malebranche, Leibniz) demeurait sourde à cette question. Son idée infinie de « nature » empêchait que l'homme puisse nouer un rapport immédiat à sa propre vérité. Deuxième acte : exposer comment, après le renversement kantien, le point de gravitation de la philosophie moderne, de Feuerbach à Dilthey en passant par Hegel et Marx, devient cet homme vrai qui déploie un monde de significations et de pratiques révélant son essence. Troisième acte : décrire l'éclatement du dispositif anthropologique chez Nietzsche - à travers cette pensée dionysiaque qui, avec la mort de Dieu, proclame l'effacement de l'homme et promet des expériences tragiques de vérité. Pour la première et dernière fois, on trouve sous la plume foucaldienne une présentation longue, précise et percutante de la philosophie de Nietzsche. Dans ce cours, Foucault lance en même temps des flèches vers son oeuvre à venir. On y discerne déjà l'entreprise critique qui s'épanouit en 1966 dans Les Mots et les Choses : thèse d'une configuration anthropologique de la modernité, annonce d'une mort de l'homme après son invention toute récente, programme d'une archéologie des sciences humaines. Juste avant son départ pour la Suède, Foucault surgit à la verticale de son propre destin philosophique.
En octobre 1954, Michel Foucault, alors assistant en psychologie à Lille, écrit à son ami Jean-Paul Aron au sujet d'un texte qu'il est en train de rédiger : « La thèse est passée en deux mois du néant à la 150e page. Je suis moi-même fort surpris de ce livre-champignon : non seulement de sa croissance, qui exige bien des retouches, mais aussi de sa tournure ; il a pris tout de suite l'allure d'une interrogation sur la notion de monde dans la phénoménologie, qui m'a mené à toute une interprétation de Husserl, qu'on dira certainement heideggérienne, mais qui ne l'est pas, je crois. Je me demande en tout cas comment j'ai pu jouer au psychologue pendant plusieurs années. » Le manuscrit édité dans ce volume correspond sans doute à ce projet de thèse que Foucault n'a plus évoqué par la suite. De ce silence, comme de quelques remarques ultérieures, on a pu déduire que Foucault avait une vision surtout négative de la phénoménologie. Phénoménologie et Psychologie montre pourtant qu'il avait le plus grand respect pour la pensée de Husserl, dont on constatera que le jeune philosophe avait une maîtrise remarquable. Pour lui, la phénoménologie husserlienne permet à la philosophie de se dégager des impasses de la psychologie. Ressaisie dans sa radicalité transcendantale, la phénoménologie ne se concentre plus en effet sur le sujet ou la conscience, mais elle dévoile sa portée proprement ontologique en s'orientant résolument vers le monde. À travers son interprétation de Husserl, Foucault définit donc pour la première fois son propre projet philosophique, liant expérience, sujet, vérité et langage.
Le cours intitulé « Le courage de la vérité » est le dernier que Michel Foucault aura prononcé au Collège de France, de février à mars 1984. Il meurt quelques mois plus tard, le 25 juin. Ce contexte invite à entendre dans ces leçons un testament philosophique, d’autant plus que le thème de la mort est très présent, notamment à travers une relecture des dernières paroles de Socrate (« Criton, nous devons un coq à Esculape ! »), que Foucault, avec G. Dumézil, comprend comme l’expression d’une profonde gratitude envers la philosophie, qui guérit de la seule maladie grave : celle des opinions fausses et des préjugés. Ce cours poursuit et radicalise des analyses menées l’année précédente. Il s’agissait alors d’interroger la fonction du « dire-vrai » en politique, afin d’établir, pour la démocratie, un certain nombre de conditions éthiques irréductibles aux règles formelles du consensus : courage et conviction. Avec les cyniques, cette manifestation du vrai ne s’inscrit plus simplement à travers une prise de parole risquée, mais dans l’épaisseur même de l’existence. Foucault propose en effet une étude décapante du cynisme ancien comme philosophie pratique, athlétisme de la vérité, provocation publique, souveraineté ascétique. Le scandale de la vraie vie est alors construit comme s’opposant au platonisme et à son monde transcendant de Formes intelligibles. « Il n’y a pas d’instauration de la vérité sans une position essentielle de l’altérité. La vérité, ce n’est jamais le même. Il ne peut y avoir de vérité que dans la forme de l’autre monde et de la vie autre. » « Hautes Études » est une collection de l’École des hautes études en sciences sociales, des Éditions Gallimard et des Éditions du Seuil.
Le cours que Michel Foucault prononce en 1983 au Collège de France inaugure une recherche sur la notion de parrêsia. Ce faisant, Michel Foucault poursuit son travail de relecture de la philosophie antique. A travers l'étude de cette notion (le dire-vrai, le franc-parler), Foucault réinterroge la citoyenneté grecque, en montrant comment le courage de la vérité constitue le fondement éthique oublié de la démocratie athénienne. Il décrit encore la manière dont, avec la décadence des cités, le courage de la vérité se transforme et devient une adresse personnelle à l'âme du Prince, donnant de la septième lettre de Platon une lecture neuve. De nombreux topoi de la philosophie antique se trouvent revisités: la figure platonicienne du philosophe-roi, la condamnation de l'écriture, le refus par Socrate de l'engagement. Dans ce cours, Foucault construit une figure du philosophe, en laquelle il se reconnaît: en relisant les penseurs grecs, c'est sa propre inscription dans la modernité philosophique qu'il assure, c'est sa propre fonction qu'il problématise, c'est son mode de penser et d'être qu'il définit. « La philosophie moderne, c'est une pratique qui fait, dans son rapport à la politique, l'épreuve de sa réalité. C'est une pratique qui trouve, dans la critique de l'illusion, du leurre, de la tromperie, de la flatterie, sa fonction de vérité. C'est enfin une pratique qui trouve dans la transformation du sujet par lui-même et du sujet par l'autre [son objet d']exercice de sa pratique. La philosophie comme extériorité par rapport àune politique qui en constitue l'épreuve de réalité, la philosophie comme critique par rapport à un domaine d'illusion qui la met au défi de se constituer comme discours vrai, la philosophie comme ascèse, c'est-à-dire comme constitution du sujet par lui-même, c'est cela qui constitue l'être moderne de la philosophie.» "Hautes Études" est une collection de l'École des hautes études en sciences sociales, des Éditions Gallimard et des Éditions du Seuil.