Michele Porte
Michele Porte
« Le mythe est le pas par lequel l'individu sort hors de la psychologie des masses », a écrit Freud. Une lecture juxtalinéaire de L'homme Moïse et la religion monothéiste montre comment l'invention des deux Moïse et du meurtre du premier fournit à Freud un instrument mythique. Cet instrument lui permet de s'écarter des cultures monothéistes juive et chrétienne, tout en y demeurant, et de devenir leur analyste. Ce faisant, il déploie les organisations défensives qu'elles imposent ainsi que les aliénations qu'elles fomentent. Freud enrichit aussi la métapsychologie individuelle, celles du clivage du je et de l'idéal du je, entre autres. Il analyse en effet comment le dieu leader capture et réduit l'idéal du je des croyants, tout en installant chez eux un clivage. L'homme Moïse apparaît ainsi comme un grand texte sur le narcissisme et sur les Constructions dans l'analyse. Cette étude prolonge des travaux antérieurs de l'auteur sur la « psychologie des masses », que Freud a proposée, et qui demeure mal comprise et peu exploitée.
La dynamique qualitative et l'oeuvre de R. Thom permettent-elles un approfondissement de la théorie psychanalytique? La lecture proposée de la métapsychologie freudienne constitue une remise en chantier de ses concepts et propositions : transfert, pulsion, narcissisme et moi-plaisir, vie et mort, le féminin... « Copyright Electre »